LA FAMILLE MUSULMANE
Autorité paternelle. -—— Déférence de l’épouse envers le chef de la famille. — Respect des enfants pour leur père. — Hiérarchie fraternelle. — Respect des jeunes gens pour les vieillards, et des inférieurs pour leurs
supérieurs
4. On peut dire que les mœurs de l'Orient m'ont jamais changé fondamentalement. Le respect silen-
cieux pour la tradition, et l’immobilité en fait d'idées, de religion, d’usages, forment toujours le caractère distinctif de la civilisation orientale; aussi, dans ses détails comme dans son ensemble , tranche-t-elle fortement avec la nôtre, si active , si mobile, si insubordonnée envers le despotisme des anciennes lois et des anciennes coutumes, et qui a appris à l’école des progrès modernes à n’avoir foi qu’au présent, à ne tourner que vers lui ou vers l'avenir ses regards et ses préoccupations.
5. Autorité paternelle. — C’est principalement dans la famille que l'Orient exhale ce parfum de traditions antiques qui nous rend quelquefois son étude attrayante à un haut degré; la famille a conservé, chez les musulmans, sa constitution patriarcale. Né au milieu d’un peuple qui faisait remonter avec orgueil son origine à un fils d'Abraham, et vivait encore presque tout entier de la vie nomade de ses ancêtres, le fondateur de lislamisme dut faire, dans ses lois religieuses , une haute part à la famille, dont le rôle est si important chez les peuples pasteurs. C’est un des motifs pour lesquels l'autorité paternelle possède en Orient une partie de la puissante influence dont elle jouit pendant l'ère patriarcale. Le père est le chef suprême ; 1l exerce un pouvoir absolu sur sa femme, sur ses enfants et sur ses esclaves ; chacun d’eux témoigne la plus grande déférence pour ses ordres et l'entoure des égards les plus empressés. Cette autorité du père , cette soumission du reste de la famille existent dans toutes les classes de la société ; on les rencontre chez les princes, de même que chez les plus indigents de leurs sujets.