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Déférence de l'épouse envers le chef de la famille

— Dans ses rapports avec son époux, la femme se“ montre très-respectueuse ; elle n’a pas avec lui cette familiarité, cet abandon, indices, en Occident, de l’é-. galité qui règne entre les deux sexes. Souvent elle se tient debout en présence de son mari; toujours elle l'appelle son maitre. Elle a pour lui des soins, des prévenances qu’en Europe on exigerait à peine d’une servante; mais l’accomplissement de ces devoirs est loin de lui être pénible : elle est habituée à s’absorber dans son époux; elle n’a d’autre souci que de chercher à lui plaire, d'autre occupation que de travailler à embeliir son existence. C’est la même affection humble et dévouée que nous voyons dans les récits bibliques animer les femmes des anciens jours.

7. Respect des enfants pour leur père. — Le chef de la famille recoit de ses enfants des marques analogues de vénération et de profond respect; ils lui baïsent les mains, en signe de soumission ; ils ne s’asseyent devant lui que lorsqu'il le leur permet, ne prennent la parole que lorsqu'il les interpelle, et se garderaient bien de fumer ou de boire du café en sa présence ’. Ce n’est qu'après leur mariage qu'ils ont avec lui un peu plus de liberté. Ils étendent à leur mère ce respect filiai, et lui donnent à toute occasion des marques du vif sentiment de tendresse qu’ils nourrissent pour elle.

1 Jbrahim-Pacha lui-même , homme à barbe grise, père de famille, vizir comme son père. plus élevé même que lui dans l’ordre hiérarchique, puisque, en qualité de gouverneur de la Mecque, il est le premier pacha

de l'empire ; fbrahim, couvert de gloire militaire, donne néanmoins à Méhémet-Ali les mêmes témoignages d'hnmble sonmission.

8. Hiérarchie fraternelle. — Entre les freres et les sœurs s'élève une hiérarchie basée sur l’âge, qui exige de la part des plus jeunes des témoignages de soumission et des égards envers les plus âgés. L’aîné occupe le second rang dans la famille ; il en devient le chef à Ja mort de son père. Enfin, les liens de la parenté sont regardés comme si religieux, que le serment le plus

‘sacré des musulmans est celui qu’ils font sur la vie de leurs parents, et, lorsque ceux-ci ne sont plus, sur leur mémoire ou sur leur tombe.

*. 9. Respect des jeunes gens pour les vieillards, et des “inférieurs pour leurs supérieurs. — Ces mœurs de ‘famille ont profondément agi sur la société musulmane. “Elles ont consacré le respect des vieillards auxquels

-les jeunes gens prodiguent presque les mêmes atten- ‘tions qu’à leurs pères; c’est de ce nom qu’ils les appel- ‘lent ordinairement; ou de celui de cheik, qui veut ‘dire vénérable. Les différences d’âge ne sont pas les seules à influer de cette manière sur les rapports so- “eiaux. La différence des rangs a des effets semblables. La subordination des classes inférieures se révèle par -des formules de politesse spéciales. Ainsi, toutes les ‘fois que passe un personnage de distinction, les hommes du peuple quittent la pipe et leur travail, restent debout et attendent respectueusement son salut. Lorsqu’un individu adresse la parole à son supérieur, il Pappelle son maître ou son père ; à son égal, 1l donne le titre de frère. On dirait que la société musulmane ne forme qu’une seule famille et qu’une parenté commune en réunit tous les membres dans le système hiérarchique de la tribu patriarcale.

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