‹ Aperçu général sur l'Égypte (volume 2)Chapitre 129 sur 142 · LES ENFANTS · texte numérisé non relu

LES ENFANTS

Prenuers soins qu'on leur donne — Leur éducation.

80. Premiers soins qu’on leur donne. — Le principal but du mariage en Égypte, c’est la progéniture; aussi , la naissance d’un enfant fait-elle une grande joie dans la famille. La stérilité est comme une malédiction du ciel pour une femme; elle est le sujet des plus grands reproches que puisse lui faire son mari. La considération dont jouit l'épouse est proportionnée à sa fécondité. L'opinion publique regarde comme inconvenant qu'un homme répudie la femme qui lui à donné un enfant, surtout si celui-ci vit encore.

L’amour maternel, s'il n’était pas, en Égypte comme partout , le sentiment le plus pur et le plus dévoué que la nature ait mis dans le cœur de la femme, y serait donc etitretenu par l'intérêt. Les mères ont pour leurs enfants une tendresse , une indulgence, des attentions toutes particulières ; elles les allaitent elles-mêmes. La loi mahométane leur défend de les sevrer avant l’âge de deux ans , à moins que leur mari ne les y autorise. Ceux-ci leur permettent en général le sevrage à l’âge de dix-huit mois. Le décision du Prophète à cet égard me paraït inspirée par une haute raison. Dans un pays où les enfants succombent en très-grand nombre aux affections intestinales, le lait de la mère est certainement la meilleure nourriture qu'ils puissent recevoir.

Lorsque sa santé ne permet pas à la mère d’allaiter son enfant , eile prend une nourrice. L’esclave qui remplit cette fonction est considérée , en quelque sorte , comme faisant partie de la famille ; elle acquiert des droits éternels au respect de ses nourrissons et à la reconnaissance de leurs parents.

Dans le plus bas âge, les enfants donnent peu de peine à leurs mères et à leurs nourrices. Ils poussent très-peu de vagissements. Ils ne sont pas emmaillotés comme les nôtres , ils croissent librement , et marchent dès l’âge de six mois.

Depuis l’âge de deux ou trois ans, jusqu’à sept ou huit, les enfants sont maigres , chétifs, et ils ont le ventre très-développé; ce qui vient sans doute de la mauvaise alimentation à laquelle ils sont soumis. Rien n’annonce en eux le beau type arabe qui les distingue lorsqu'ils arrivent à la jeunesse. En général, ceux de la haute société sont mal vêtus. Lorsqu’elles les font sortir avec elles , les mères , en enlevant au costume de leurs enfants tout ce qui pourrait faire supposer l’aisance , pensent les préserver du mauvais œil. Les enfants des pauvres restent tout nus. On voit souvent dans les rues et à la campagne leurs mères les porter en cet état, sur leurs épaules.

81. Leur éducation. — Jusqu'à l’âge de sept ans, dans la haute et moyenne classe, les enfants sont élevés dans le harem. La première éducation a une 1mmense influence sur l’homme. Il est évident que celle que reçoivent ainsi les musulmans dans la société exclusive des femmes, doit laisser des traces profondes

sur toute leur vic. En général, les enfants prennent

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dans le harem des mœurs très-douces. La pétulance n’anime pas leurs jeux ; ils ne sont pas folâtres, espiègles. Dès l’âge le plus tendre, on forme leur caractère au calme et à la réserve. Dans les familles riches, on les initie au bon ton de étiquette musulmane, et l’on est souvent étonné de rencontrer dans les manières d’un enfant de cinq ou six ans l’aplomb et l’aisance d’un homme et d’un grand seigneur.

La circoncision s'opère à l’âge de six ans, et quelquefois plus tôt ou plus tard. C’est à peu près à la même époque que l’on commence à apprendre aux enfants à lire le Coran et à en écrire les versets. A huit ou neuf ans , ils ne sont plus sous la tutelle du harem. S'ils sont de famille riche, leurs parents font venir chez eux un maître pour les instruire. Leurs pères leur enseignent à s'acquitter des pratiques religieuses, à faire les ablutions , à réciter les prières. Le Prophète a ordonné aux enfants de dire leurs prières à l’âge de sept ans , et il a recommandé aux pères de battre leurs fils qui, à l'âge de dix ans, ne rempliraient pas ce devoir. À peine ont-ils atteint leur douzième année , qu’on leur donne des fonctions militaires ou civiles qu’ils remplissent , dans le principe , sous la surveillance d’un gouverneur.

Dans les classes inférieures, les enfants sont envoyés à l’âge de sept ans dans les écoles publiques annexées aux mosquées ; ils y apprennent à lire, on leur fait prendre ensuite un métier. Dès l’âge de sept ou huit ans, ils concourent activement aux travaux. Dans les campagnes, ils se rendent utiles en dirigeant les bœufs aux sakyès. Ceux que l’on destine à la carrière des ulé-

Ea uu mot, les enfants sont très-précoces en Égypte. Is parviennent bientôt à pouvoir gaguer amplement leur

mas y entrent dans leur dixième ou douzième année. f vie.

Fi5 DU TOME PREMIER.

EUNRENNAINTIS ISIRNE NAN

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