Les prêtres. — Le gouvernement de l'Égypte
XXVIIL INTRODUCTION HISTORIQUE.
fut d’abord théocratique : la caste sacerdotale avait le pouvoir ; plus tard elle dut le céder aux chefs de la classe militaire ; mais elle conserva néanmoins la plus grande partie de ses attributions et de ses priviléges.
Ainsi, sous l’époque pharaonique, les prêtres, possesseurs de nombreuses propriétés territoriales, demeurèrent exempts de toute contribution. La considération dont ils jouissaient avait pour lune de ses principales causes leurs immenses richesses. Celles-ci se composaient, outre leurs domaines, de revenus fixes qu'ils tiraient de la piété populaire. Ces espèces de dîimes leur étaient données en nature. Toutes les classes étaient soumises à les payer ; le roi lui-même ne se dispensait pas d'apporter son tribut. Mais les prêtres ne percevaient pas seulement des droits sur les vivants et tes productions de la terre ; des redevances étaient établies sur les morts. Ils avaient la propriété des nécropoles : toute momie déposée dans ces vasles catacombes payait chaque année un droitfixe.
La caste sacerdotale était mêlée à toutes les affaires nationales ; sur la guerre et sur la paix, sur les travaux publics et sur l’agriculture, sur l'administration intérieure et enfin sur toutes les grandes mesures gouvernementales, elle était consultée, et son avis, promulgué par l'organe de ses chefs, était le plus souvent religieusement suivi. C'était dans l'assemblée des prétres que le roi était intronisé ; après le monarque, le grand prêtre était le premier dignitaire de l'Égypte.
Les prêtres exerçaient la médecine, étudiaient lasironomie, avaient dans leurs attributions la momificaüon des corps; ils étaient à peu près les seuls en