‹ Aperçu général sur l'Égypte (volume 2)Chapitre 21 sur 142 · INTRODUCTION HISTORIQUE. XXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION HISTORIQUE. XXIX

Égypte qui fussent instruits. Ils s’adonnaient surtout à l’arithmétique et à la géométrie. Les opérations cadastrales durent en effet avoir de tout temps une trèsgrande importance dans un pays dont la surface est annuellement changée par l’inondation qui, déplaçant les limites des propriétés particulières, introduirait la confusion parmi elles, et susciterait des litiges incessants, si la géométrie ne fixait pas irrévocablement, avec l’infaillibilité de ses procédés, la part de chacun.

La corporation sacerdotale se composait de divers degrés. Il y avait au-dessous des grands pontifes les hiérogrammates ou scribes sacrés, chargés de l’administration des revenus sacerdotaux ; les archiprophètes, les prophètes, les gardiens des temples, les sphragistes ou scribes des victimes, qui marquaient d’un sceau spécial les victimes dévouées aux sacrifices ; les prêtres des villes, les hiéracophores, chargés de présenter les offrandes funéraires : les libanophores, qui brülaient l’encens devant les dieux ; les spondistes, qui répandaient les hbations ; les surveillants des temples ; les fonctionnaires inférieurs : tabellifères, portiers, décorateurs, chanteurs; et les taricheutes, les paraschistes et les colchytes, qui embaumaient les corps.

Les prêtres soutenaient, par les soins qu’ils apportaient à leurs costumes, la dignité de leurs fonctions. Ils étaient vêtus de robes blanches; les tissus de lin leur étaient seuls permis. Hérodote rapporte que c'était pour eux un devoir de se raser et de s’épiler tous les trois jours la tête et les autres parties velues du corps.

1%. Caste militaire. — La classe des guerriers était

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la seconde dans le principe. Elle devint la première lorsque Ménès, son chef, détruisit la théocratie. Elle possédait de très-grandes propriétés. Le nombre de ses membres était considérable. Il paraît qu’en temps de paix le chiffre de l’armée était d’à peu près deux cent mille soldats. Pendant qu'Hérodote visita l'Égypte. elle en comptait plus de quatre cent mille, divisés en deux grandes sections d’après les nomes qu’ils habitaient. L’une de ces sections, celle des calisiries, comprenait deux cent cinquante mille hommes; l’autre, celle des hermotybies, en comptait cent cinquante mille.

L'armée égyptienne se composait de grosse infanterie, d'infanterie légère et de combattants en chars. Il parait, d’après les inscriptions des monuments, qu’elle n’avait pas de cavalerie. Les armes des fantassins étaient la lance, le sabre recourbé, la hache et les flèches ; un bouclier les protégeait. Les chars, dont les roues étaient garnies de faux, étaient trainés par deux chevaux, et montés par des guerriers armés d’une hache et qui lançaient des flèches.

Les troupes étaient divisées en plusieurs corps, qui suivaient chacun une enseigne spéciale. Le roi était le chef naturel de l’armée ; il en déléguait le commandement à ses fils ou à des généraux de son choix.

15. Caste populaire. — La caste populaire comprenait tous les hommes libres qui ne faisaient pas partie des deux premiers ordres de l'État. Elle était nombreuse. Ses membres vivaient dans Paisance ; ils cultivaient la terre, exploitaient l’industrie et faisaient le commerce.

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