‹ Aperçu général sur l'Égypte (volume 2)Chapitre 42 sur 142 · LVIII INTRODUCTION HISTORIQUE · texte numérisé non relu

LVIII INTRODUCTION HISTORIQUE

Les mameluks ne tardèrent pas à se diviser, et à rendre inutile leur double triomphe. Peu de temps après la mort de Gèzaïrli, le rival d'Osman-Bardissy. Mohammed l'Elfy, qui était allé en Angleterre demander au cabinet de Saint-James son intervention en faveur des beys dans les affaires d'Égypte, débarqua à Aboukir. Bardissy ne put voir sans ombrage un bey qui l’égalait en influence arriver en Égypte pour lui ravir peut-être le pouvoir dont il venait de se rendre maitre après ant d'efforts. Méhémet-Ali, qui, depuis le renversement de Khosrew, était l’intime allié de Bardissy, attisait encore sa jalousie. La haine de Méhémet contre l’Elfy n’était pas sans fondements. Protégé de l'Angleterre, ce bey avait acheté son appui en lui faisant des promesses qui compromettaient, pour l’avenir, l'indépendance de l'Égypte. Bardissy tenta de se défaire de son rival par un guet-apens, mais son perfide coup de main ne réussit pas. L’Eify s’échappa et aila reformer son part dans la haute Égypte.

La scission ouverte des deux chefs des mameluks, qui, au lieu de partager le pouvoir, comme l'avaient fait sagement, avant la conquête française, Mourad et Ibrahim-Bey, aimaient mieux s’entre-détruire, et user dans une lutte intestine les dernières forces de leur caste, redoubla l’inquiète audace des Albanais, sur lesquels Bardissy s'était appuyé jusqu’à ce jour. Ils réclamèrent à grands cris huit mois de solde que leur devait ce bey ei le menacèrent de se soulever contre lui, s’il ne faisait pas droit à leurs justes demandes. Bardissy, voulant s’efforcer de les satisfaire, frappa de contributions énormes les habitants du Caire ; il excita, au sein de la

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