‹ Aperçu général sur l'Égypte (volume 2)Chapitre 41 sur 142 · ÉLÉVATION ET GOUVERNZ DE MÉHÉMET-ALI · texte numérisé non relu

ÉLÉVATION ET GOUVERNZ DE MÉHÉMET-ALI

État de l'Égypte après le départ des Français. — Le pacha, les mameluks, les Albanais, les Anglais. — Les mameluks ont le dessus. — Ils se divisent. — Les Albanais, sous la conduite de Méhémet-Ali, les chassent du Caire.— Méhémet-Ali. — Sa popularité. — Il est nommé vice-roi par les chciks et confirmé par la Porte. — Tentatives des Anglais et des mameluks contre lui. — Descente des Anglais dans la basse Égypte. — Ils échsucnt. — Guerre contre les Wahabites. — Destruction des mameluks.— Intrigues de la Porte. — Leur insuccès. — Organisation des troupes régulières. — Conquêtes de l’Arabie, du Sennaar el du Kordofan. — Prospérité ot puissance de l'Égypte. — Guerre de Morée —

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Nouvelles menées de la Porte contre le vice-roi. — Conquête de la Syrie. — Victoires de Homs, Beylan et Koniah. — Intervention des puissances entre la Porte et Méhémet-Ali. — Arrangement de Kutayeh. — Dernière tentative du sultan Mahmoud. — Victoire de Nezib. — Le statu quo. — But de Méhémet-Ali. — Érection de ses possessions en une vice-royauté héréditaire. .

29. Lorsque les fautes du général Menou eurent forcé les débris de nos troupes à abandonner les conquêtes de Bonaparte, de Desaix et de Kléber, l'Égypte se trouva occupée par l’armée de la Porte, dont l’élément principal était un corps de quatre mille Albanais, par les troupes anglaises débarquées par l'amiral Keith, et par les mameluks. Les conquérants partis, il s’agissait de savoir à qui allait échoir la conquête, des vice-rois représentants de Constantinople, ou des mameluks, anciens maitres du pays. Les pertes que ceux-ci avaient souffertes dans leur lutte avec les Francais, pertes qu'ils n'avaient pu réparer, car la Porte, prohibant l'importation des Circassiens et des Géorgiens en Égypte, avait empêché qu'ils ne recrutassent leurs rangs décimés, les avaient assez affaiblis pour donner au gouvernement ottoman la volonté et la force de se débarrasser de leur importun vasselage. Les instructions que reçut lewpremier pacha chargé de la vice-royauté d'Egypte, après le départ des Français, lui enjoignirent de détruire la puissance qui restait aux mameluks. Ce pacha était Mohammed-Khosrew, le même qui, sadrazam de l'empire ottoman, attirait naguère sur lui, par la haute posilion qu'il occupait et par sa rivalité contre Méhémet-Ali, l'attention de lEurope. Exécuteur fidèle, mais inhabile, des ordres de son gouvernement, Khosrew s'empressa de faire la

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guerre aux mameluks, dont les deux principaux beys. rivaux d’ambition et de puissance, étaient alors Osman- | Bardissy et Mohammed l’Elfy. Les premières troupes qu’il envoya contre eux furent battues. Méhémet-Ali, qui devait jouer bientôt un si grand rôle, commandait un corps d’Albanais dans cette armée malheureuse. Eloigné du champ de bataille, il ne put prendre part à l’action. Son général, irrité de sa défaite, voulut lui en faire supporter la responsabilité. Il laccusa auprès de Khosrew ; celui-ci n’eut pas assez de perspicacité pour découvrir la calomnie, et résolut de perdre le chef albanais, qu’il commençait à craindre. Mais l’habile Méhémet prévint ses coups. Appelé pendant la nuit chez Khosrew, il refusa de s’y rendre, car il savait que la mort l’y attendait. Il profita d’une insurrection que le retard de la paye fit éclater au milieu de ses soldats ct des autres Albanais, pour s’allier avec les mameluks et leur ouvrir le Caire. Puis, se joignant à Osman-Bardissy, il marcha contre Khosrew, l’accula dans Damiette, dont il s’'empara, le fit prisonnier, et le conduisit au Caire, où le Nestor des mameluks, Ibrahim-Bey, surveilla sa captivité (1805).

Lorsque la Porte fut instruite de ces événements, elle envoya en Égypte Ali-Gézaïrli-Pacha pour remplacer Khosrew et punir ceux qui l'avaient renversé. Gézaïrli fut moins heureux encore que son prédécesseur. Il employa la ruse contre les mameluks et les Albanais, qu’il ne pouvait réduire par la force; mais étant tombé entre leurs mains, il les irrita par sa du-

plicité obstinée, et fut mis à mort par ordre de leurs chefs.

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