‹ Aperçu général sur l'Égypte (volume 2)Chapitre 44 sur 142 · LX INTRODUCTION HISTORIQUE · texte numérisé non relu

LX INTRODUCTION HISTORIQUE

ble et indépendante. Lorsque les Français eurent en-

vahi V'É gypte, la Porte, levant une armée pour aller disputer cette province à Bonaparte, ordonna à Ja ville que Méhémet habitait de mobiliser trois cents hommes. Il fit partie de ce corps et en devint bientôt le byn-bachi. Il assistait à la bataille d’Aboukir ; il s'y distingua et fut nommé, après cette journée, saréchesmé (commandant de mille hommes). Il avait ce grade , lorsque, après que les Français eurent évacué l'Égypte, Khosrew l’envoya combattre les mameluks. Nous avons vu comment ce pacha essaya depuis de le perdre, et comment Méhémet-Ali, forcé d'agir dans l'intérêt de sa conservation, devint en peu de temps, grâce aux circonstances qu'il sut exploiter, l'arbitre de l'Égypte.

La position du nouveau vice-roi Kourschyd était difficile ; il avait à combattre les mameluks et à contenir ses soldats. Cette tâche n’était pas de sa force. Poursuivi sans cesse par les réclamations des turbulents Albanais, dont la soide était toujours arriérée, il perdit bientôt, par les exactions qu’il commit pour satisfaire ses troupes, toule chance de popularité. Méhémet-Ali au contraire augmentait chaque jour la sienne, soit en combattant les mameluks, dont le peuple du Caire redoutait les vengeances, soit en jouant le rôle de pacificateur au milieu des émeutes militaires qui mettaient fréquemment en émoi la capitale de lEgypte. Kourschyd, en garde contre les chefs albanais, leur avait fait ordonner, par l’organe de la Porte, de retourner dans leurs foyers. Méhémet-Ali commença par ne pas obéir à cette injonction ; puis il feignit de-

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