LXXVI INTRODUCTION HISTORIQUE
Son turban ou son bonnet sont inclinés d'ordinaire du côté gauche. Sans porter jamais d’insigne ni de ces vêtements enrichis d'or que recherchent tant les osmanlis , il est très-soigné dans sa tenue. Il a toujours eu les manières faciles et distinguées d’uu grand seigneur.
La vice-roi est très-vif, il est très-impressionnable et cache difficilement les sensations qu’il éprouve; aussi a-t-il beaucoup de franchise, beaucoup de loyauté : la dissimulation doit lui être chose pénible. Chatouiileux sur le point d'honneur , religieusement fidèle à la parole donnée, il est incapable de trahison. Sa générosité est peu commune, il l’a poussée quelquefois jusqu’à la prodigalité. On dit qu’il a été très-galant. Excellent père de famille, il chérit ses enfants et vit dans son intérieur avec la simplicité de mœurs d’un bon bourgeois. Sa sensibilité est extrême; je m’en serais fait difficilement une idée, ainsi que de la bonté de son cœur , si je n'avais été témoin de leurs effets. On l’a vu inconsolable de la perte de ses enfants, et verser des larmes à la mort de ses compagnons d’armes. Il porte la sollicitude jusqu’à la tendresee pour ceux de ses employés auxquels il est attaché. Difficilement 1l se décide à punir , et, en général, il pardonne et oublie les fautes, même les plus graves.
Méhémet-Ali est épris de la gloire. Il pense beaucoup , non-seulement à la réputation qui entoure son nom pendant sa vie, mais à celle qu’il laissera après sa mort. Il se fait traduire et lit tous les journaux ; il n’est pas insensible aux calomnies qu’ils ont souvent lancées contre lui. Son activité est au-dessus de tout