‹ Aperçu général sur l'ÉgypteChapitre 50 sur 103 · INDUSTRIE · texte numérisé non relu

INDUSTRIE

93. Il y a dans l’industrie égyptienne deux parties distinctes à étudier : l’une doit être consacrée à la grande industrie, c’est-à-dire aux nombreux établissements manufacturiers que Méhémet-Ali a fondés en Égypte sur une vaste échelle ; dans la seconde, nous nous occuperons des petites industries locales et des divers métiers qui font vivre une partie de la population.

ke FABRIQUES.

Filatures et fabriques de toile de coton : de Boulac, du Caire, de la basse Egypte, du Saïd. — Fabriques de toile de lin. — Blanchisserie de Boulac. — Impression des indiennes et des mouchoirs. — Fabriques de tissus de soie — Corderies. — Manufacture de draps à Boulac, — de tissus de laine, — de tarbouchs à Fouah. — Fonderie de fer coulé. — Manufacture d'armes portatives.—Fabriques de sucre.— Moulins à huile. — Indigoteries. — Fabriques de poudre, de salpêtre et de produits chimiques, — Considérations sur les manufactures en Égypte.

Le vice-roi a fondé un très-grand nombre de fabriques : des filatures de coton, des fabriques de toiles de lin, d'indiennes, de draps, de tissus de laine, de bonnets et d’étoffes de soie, des fonderies de fer, des manufactures d'armes, etc.

‘2. Filatures et fabriques de toiles de coton. —

existe en Égypte un assez grand nombre de filatures de coton ; on en compte quinze logeant quatorze cent cinquante-neuf mules-jenny, dont cent quinze en gros, et treize cent quatorze en fin ; plus de douze cents métiers à tisser donnent en hiver plus de trois mille cinq cents pièces par jour, et six mille en été. La production annuelle de ces derniers s’élève à deux millions de pièces.

La plus belle manufacture est celle de Malta, qui se trouve à Boulac, faubourg commercial et industriel du Caire. — Dans le même établissement on file le coton et on en tisse la toile. — Elle a été fondée avec le plus grand luxe ; elle tient en activité vingt-huit chariots et vingt-quatre cardes et drosses. Ces machines sont mues au moyen de quatorze tambours, mis en mouvement eux-mêmes par un manége attelé de huit bœufs. Chaque chariot occupe un homme et trois enfants occupés à renouer les fils que le mouvemeut de la machine fait casser. L'établissement de Maita renferme en outre deux cents métiers à tisser le fil de coton ; on y fait des mousselines et des batistes. Il y a dans les environs de Malta deux filatures de coton dites d’'Ibrahim-Aga et de Sébatieh.

Au Caire, le quartier de Khoroufech contient un établissement analogue. Il renferme cent chariots, dont dix pour filer gros, et le reste pour filer fin. Les prémiers portent cent huit fuseaux sur une seule ligne, et les seconds deux cent seize.

Dans la basse Égypte il y a neuf filatures et manufactures de tissus de coton. Kélioub en possède une à laquelle un vaste local est consacré ; elle renferme

soixante et dix chariots et trente cardes, qui sont mis en mouvement par trois manéges. Dans le village de Chybyn, dansla province de Menouf, soixante et dix chariots et trente cardes, mus par deux manéges, filent le coton. A Mehallet-el-Kebir , cent vingt chariots et soixante cardes et drosses, mus par trois manéges, produisent le fil que deux cents métiers à tisser confectionnent en toile. 14

La filature de Zephté, dans la province de Garbié, renferme soixante et quinze chariots et cinquante cardes et drosses, que trois manéges mettent en mouvement. | Le village de Mit- Canur possède un établissement identique.

La filature de Mansourah renferme cent vingt chariots et quatre-vingts cardes, mus par quatre manéges ; cent soixante métiers tissent le coton qui sort de la filature.

Damiette a une filature semblable et un même nombre de métiers à tisser.

Damanhour compte cent chariots et quatre-vingts cardes.

La manufacture de Rosette a cent cinquante chariots et quatre-vingts cardes, mis en mouvement par quatre manèges ; on y tisse les toiles à voiles.

La haute Égypte a, elle aussi, ses filatures , dont le nombre à augmenté depuis plusieurs années. À Béni- Souef et à Syout se trouvent les plus importantes. Le vice-roi en à fait élever en outre à Mynyeh, à Farchout, à Tahta et Girgeh, à Keneh et à Loueh.

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