‹ Aperçu général sur l'ÉgypteChapitre 53 sur 103 · LÉ ST RADARS CPR PIE RS AIR ESP CRE · texte numérisé non relu

LÉ ST RADARS CPR PIE RS AIR ESP CRE

Pr ditiranehs ici. 2200 on se, 412 34. Fonderie de fer coulé. — Ii y a à Boulac une

magnifique fonderie dont l'édifice seul a coûté la valeur d'un million et demi de francs ; elle a été établie sur le plan de celle de Londres par un ingénieur anglais, M. Galloway; un contre-maître et cinq ouvriers anglais ont la direction des travaux; ils ont sous eux une cinquantaine d'ouvriers arabes. On coule chaque jour environ cinquante quintaux de fer destinés à la marine et aux machines nécessaires aux fabriques.

L’arsenal du Caire contient une fonderie qui pourvoit à tous les besoins de l’artillerie et de la marine. On y voit un laminoir pour les feuilles de cuivre employées dans les équipements des vaisseaux et mis en mouvement par une machine à vapeur à haute pression de la force de vingt chevaux.

35. Manufacture d’armes portatives. — L’établissement manufacturier de l'Égypte le plus remärquable est, sans contredit, la manufacture d’armes portatives. Je ne crois pas pouvoir mieux faire que de citer le jugement qu’en a porté M. le duc de Raguse, dont opinion compétente doit faire autorité :

« Ce qui ne peut être assez louangé, dit le maréchal, c’est une manufacture d'armes portatives d’où sortent

les produits les plus parfaits. 11 y en a trois en Égypte. J'ai visité avec le plus grand soin celles de la citadelle; les armes que l’on y fabrique ont toutes la perfection de celles provenant de nos manufactures : c’est le modèle français ; on prend les mêmes précautions que chez nous pour assurer la qualité des armes : on a adopté la même division du travail, le même contrôle est établi. Tout est fait à Ja pièce et en entreprise, et d’après un tarif. Enfin cette manufacture est aussi belle, aussi bonne et aussi économiquement conduite que les meilleures que nous ayons en France. »

56. Considérations sur les manufactures en Égypte. — L'introduction des fabriques en Égypte a rencontré beaucoup de détracteurs. Les critiques ont allégué pour mouf :

1° Que les machines nécessaires ne pouvaient être construites sur les lieux et que par conséquent l'Égypte serait toujours tributaire de l'Europe pour les moyens fondamentaux de son industrie ;

20 Qu'il est très-difficile d’entretenir des machines dans un pays où la chaleur, la poussière, l'humidité sont tour à tour des causes de détérioration inévitable ;

5° Que le peuple égyptien manque de toutes les qualités qui constituent la vocation industrielle d’une nation ; qu’il est nonchalant, imprévoyant, ennemi de toute précision, et n’est doué à aucun degré de ce génie inventif que l’industrie réclame dans ceux qui la cultivent ;

4° Que l'état n’est pas fait pour donner à l’industrie son impulsion normale; qu’elle exige pour se dévre-

lopper activement une concurrence disputée, et veut être activement dirigée par des hommes intéressés de près à ses progrès, et non par des agents subalternes que r’aiguillonne ni l'émulation ni le désir d’un bénéfice particulier ;

8° Qu'il est impossible aux Arabes dans l'état de civilisation où ils se trouvent de produire aussi bien que les peuples occidentaux, chez lesquels les sciences physiques et mathématiques sont communément étudiées et font chaque jour des progrès importants ;

6° Que l'Égypte ne pourra jamais se servir des machines à vapeur, attendu qu’elle est tributaire de l’étranger pour le combustibie, que, privée de chutes d'eau ou de fleuves au courant rapide, elle ne peut employer de puissants moyens hydrauliques, et que la force des animaux est insuffisante de notre temps pour les grands travaux et ne peut convenir qu’à une industrie tout à fait élémentaire ;

7° Enfin, que tout convie l'Égypte à ne pas sortir de sa sphère agricole , la fécondité de son sol et son climat, le caractère de ses habitants, etc.

On ne peut disconvenir que ces objections ne soient fondées. Elles sont sans doute vraies, si on les envisage à un point de vue absolu. Les faits d’ailleurs se sont chargés de les justifier en partie. Souvent des produits plus imparfaits que ceux d'Europe ont coûté davantage ; et peut-être que, séduit par un sentiment d’amourpropre et de gloire nationale, le vice-roi n’a pas été assez retenu dans ses expériences industrielles.

Cependant on doit reconnaître qu'une haute vue politique a inspiré Méhémet-Ali lorsqu'il a établi ses

nombreuses manufactures ; il voulait donner à l'Égypte tout les éléments de l'indépendance; et, dans ce but, il faut avouer qu'il ne devait pas négliger de lui assurer les moyens de secouer le joug industriel de l'étranger.

Il ne faut pas non plus prétendre, au nom des lois rigoureuses de l’économie politique, déshériter l'Égypte de plusieurs produits industriels, pour lesquels elle réunit des conditions très-favorables : tels sont, par exemple, les fils et les tissus de coton, de lin, de laine, etc. L'abondance des matières premières et le bas prix de la main-d'œuvre rendent l'Égypte éminemment propre à ces productions. Toutefois, ceux mêmes qui sont le plus portés à approuver les idées manufacturières du vice-roi ne sauraient trop lui conseiller de laisser, pendant quelque temps encore, la direction de ces fabriques à des Européens expérimentés. On ne peut pas se dissimuler, en effet, que si l'exploitation des usines a été souvent onéreuse, el n’a récompensé par aucun avantage sérieux les sacrifices qu'elle a causés, 1l faut en accuser la facilité trop

grande avec laquelle le gouvernement égyptien a voulu

s'affranchir prématurément des secours des contremaîtres et des directeurs européens, pour les remplacer par des Turcs ou des indigènes qui non-seulement n'avaient pas acquis l'expérience nécessaire, mais encore n'avaient ni assez de capacité ni assez de science pour se tenir au courant des progrès industriels de l'Europe.

Il serait sans doute très-utile, afin de naturaliser définitivement plusieurs industries importantes , d'en permettre l'exploitation à des entreprises particulières.

Plusieurs offriraient assez d'avantages pour tenter les spéculateurs, et je crois qu’en entrant dans ce nouveau système le gouvernement égyplien obtiendrait deux résultats très-heureux : d’abord il donnerait un stimulant utile à l’industrie en la plaçant sous l'influence des intérêts personnels ; ensuite il appellerait en Égypte beaucoup de capitaux européens qui trouveraient ainsi à s’y employer avec avantage.

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