Edfou (4Apollinopolis Magna). — Le grand
temple fut fondé par les Ptolémées Épiphanes ‘ Éver-
sète IT et Alexandre, et dédié au dieu Har-Hat ( le grand Horus Hermès Trismégiste). Le petit temple enfoui est un typhonium, ou, en termes égypliens ,
un mnanmist, c'est-à-dire la chambre de l’accouche-« ment, où est né lenfant du grand dieu du tem-
ple.
20. Gebel-Selseteh (Silsilis). — Les stèles, les chapelles, etc. , que lon trouve taillées sur la montagne dite de la Chaîne, du côté d’occident , se rapportent aux époques des Pharaons des dynasties xyru® et xix£:
Le temple ou Sféos (tailié dans le roc) est dédié à
Phrée , et renferme des tableaux religieux et histori-
ques de plusieurs Pharaons , qui ont fixé des pierres” des carrières voisines pour la construction des monu-…
ments de Thèbes. | 21. Koum-Ombou (Ombôs ). — Le grand temple appartient à l'époque de Ptolémée : il offre la singularité d’être double , c’est-à-dire séparé dans le sens de l'axe en deux parties, dont l'une est dédiée au dieu +rouëris ( Apollon), et l’autre à Sévék (Saturne).
Les ruines qu'on voit sur le bord extrême du Nil
En et)
MONUMENTS ET RUINES. 501 appartiennent à un autre temple qui était dédié à la déesse Athyr.
29. Ile de Philæ. — Ve grand temple est dédié à Isis, et c’est un ouvrage des Ptolémées achevé par les empereurs romains. Le petit temple qui se trouve à l'angle sud-ouest de la grande cour fut dédié à la déesse Athyr par le roi Nectanèbe de la xxx° dynastie, 270 ans avant Jésus-Christ. Le petit temple non achevé de l'est est-ufie porte isolée sur laquelle on remarque la figure du dieu Zmouthyh, YEsculape égyptien.
Les sculptures qu'on voit sur les blocs qui bordent le chemin de Philæ à Æssouan appartiennent à toutes les époques pharaoniques. À Æléphantine (Geziret- Assouan), que Denon appelait Le jardin du tropique, en ne remarque plus que quelques fragments de Pancien temple de Chnouphis. qui existait encore du temps de l'expédition française.
95. Carrières de Syène. — Les-carrières de granit de Syène, que les anciens exploitaient, occupent un développement de plus de six mille mètres. Leur aspect est très-curieux. Le granit y est coupé à pic : chaque bloc un peu grand est tracé sur quelqu’une de ses faces ; on aperçoit les entailles des outils, les trous praiiqués pour placer les coins. En voyant ces cassures toutes fraiches, on croirait que les travaux ont été suspendus tout à coup comme par enchantement.
Les restes les plus intéressants que l’on trouve dans ces carrières sont un obélisque de dimensions à peu près égales à celui de Lougsor, et la matrice, encore bien conservée, de la statue colossale d’Osymandias.
APERCT SUR L'ÉGYPTE 2. 45
502 MONEUMENTS ET RUINES.
24. Diverses antiquités. — Nous venons de parler des antiquités qui sont érigées sur le sol, disons un mot de celles que l’on trouve ensevelies dans la terre. et que le hasard ou des fouilles font découvrir.
Le sol de l'Égypte s’est exhaussé depuis l'antiquité ; beaucoup d'anciens monuments ont été recouverts en totalité ou en partie par les sables, ou par des débris de construction qui ont été amoncelés sur eux. On conçoit donc qu’en exécutant des fouilles on doive découvrir les restes de ces édifices enfouis. On trouve quelquefois à des profondeurs considérables des blocs de grès, de calcaire, de basalte, de formes diverses , revêtus ou non de sculptures : c’est ce qui est arrivé très-souvent, pendant ces dernières années surtout, et dans toutes les parties de l'Égypte. On dirait qu'il n'est pas un seul point de cette contrée sur lequel les siècles n’aient pas laissé leurs couches de ruines.
Mais au milieu de ces fragments de fortes dimensions, On recueille en grande quantité de petits objets de toute sorte, dont les Égyptiens se servaient pour leurs usages domestiques ou autres. Ainsi on trouve souvent des amulettes en bois , en terre cuite , en pierre dure, en grès, en pierres précieuses , en bronze, en or, en argent, en potin, etc., que les Égyptiens attachaient avec beaucoup de soin à leurs momies. Elles représentent des figurines d’hommes , d’animaux consacrés , de divinités, etc.
On voit aussi des monnaies, mais de dates moins anciennes, car il paraît que les Égyptiens ne firent pas primitivement usage de la circulation du numéraire.
MONUMENTS ET RUINES. 505 Ces petites pièces sont en potin , en verre, en argent, en or, en cuivre. Ces monnaies remontent en général aux époques des Perses, des Macédoniens , des Ptolémées, des Romains, etc. On trouve une assez grande quantité d’anneaux en terre, en cuivre, en or, dont quelques-uns sont garnis de pierres précieuses taillées en scarabées, ou de toute autre figure hiéroglyphique. Il y a également des pierres précieuses plus ou moins bien gravées, des camées, etc.
Les nécropoles renferment des vases tumulaires , ordinairement en albâtre oriental; quelques-uns pourtant sont en grès, en basalte, en terre cuite, en cuivre. Leurs formes sont quelquefois très-élégantes, et beaucoup sont recouverts d’hiéroglyphes. Les antiquaires recueillent encore un grand nombre de petits objets appartenant aux arts , à la peinture , à l'écriture , à la sculpture : des papyrus , des colliers en pierre, en verre, en corail, en or, des ouvrages en émail. On remarque des armes, des lances, des javelots, des couteaux à sacrifice. Tous ces instruments tranchants sont en bronze; il n’est pas prouvé que les Égyptiens aient connu le fer.
On trouve également des objets en bois, tels que des chaises, des lits, de petites caisses, des nécessaires de différentes sortes.
Les moissons des antiquaires sont bien moins fécondes aujourd’hui qu’autrefois. Depuis qu'il a été permis de visiter toute l'Égypte en pleine sécurité , les voyageurs qui l'ont parcourue ont montré une telle avidité à emporter ses antiques dépouilles, que le vice-roi à dù empêcher les exportations désordonnées d’antiqui-
tés, et se montrer réservé pour accorder l'autorisation de faire des fouilles.
Je ne teriminerai pas sans former le vœu de voir le vice-roi élever en Égypte un musée d’antiquités , où l’on puisse recueillir avec soin et méthode tous les trésors d'archéologie qu’elle renferme.
(II