‹ Aperçu général sur l'ÉgypteChapitre 84 sur 103 · Architecture arabe. — L'architecture arabe · texte numérisé non relu

Architecture arabe. — L'architecture arabe

date de l'établissement de l'islamisme , c’est-à-dire vers le septième siècle de notre ère, à l’époque où les traditions de l’art ancien se perdaient dans le monde nouveau ; soumise aux dogmes d’une religion sévère, elie dut rompre avec le passé et se créer un type qui n’empruntât rien au culte des images.

Brillante tour à tour par la grandeur , la hardiesse et la grâce de ses monuments, la délicatesse et l’exubérante richesse de ses détails, elle est encore aujourd’hui l’ornement de l'Afrique, de Byzance ét de lEspagne, et partout elle a laissé une haute idée de la grañdeur et de la puissance du peuple arabe.

Chez toutes les nations, les premiers monuments des arts furent élevés en lhonneur de la Divinité; 1l devait en être ainsi surtout chez un peuple nomade,

poëte et guerrier; Mahomet aide à la reconstruction de la Caaba, élève une mosquée appelée le Coran à Coba, à deux milles de Médine, et jette les fondements de plusieurs autres mosquées en déterminant la Kibla ou la direction vers la Mecque , et l'Ézan ou appel à la prière. Mais ce n’est que sous le califat d’Omar , qui s'empare de Damas, fonde Bassora à l'embouchure du Tigre et de l'Euphrate, se rend maitre d’Ermesse, Laodicée, Alep, Antioche, Naplouze, Jaffa, Jérusalem. et de Madaïn, capitale de la Perse, que l’an 20 de l’hégire Amrou-ben-el-As , son lieutenant, fait la conquête d'Égypte, et érige, à l'endroit même où campent ses troupes, une mosquée remarquable par sa grandeur et sa beauté '. Depuis, sous le règne des califes, l'architecture arabe prit un grand développement et parvint à ce degré de perfection qui, sous le rapport de l’art et de la science, cause aujourd’hui encore notre admiration.

Le Caire, ville tout arabe, conserve de précieux souvenirs des califes abassides, fatimites, mameluks et circassiens ; la piété des citoyens riches est venue se joindre à la munificence des princes pour l’embellir d’édifices consacrés à la gloire de Dieu et à l’utilité publique.

D’innombrables et riches mosquées, des bains, des caravansérais, des colléges, des fontaines, des tombeaux et des portes monumentales décorent cette ville qui n’a conservé que les ruines des palais des califes ayoubites. Le canal Chalidj-el-Nazen, qui la tra-

= J : s - pa 2 à i Cet endroit prit le nom d’une ville, Mesr ou Egypte, appelée 1mpro-

Jrement de nos jours le vicux Caire P

verse dans toute sa longueur *, est bordé, hors du Caire, de frais et riants casins qui servent de corollaire aux délicieuses habitations des riches, et complétent ce brillant tableau.

Les monuments les plus remarquables du Caire sont : les mosquées Amrou, Touloun, el-Azhar, Barkauk, Kalaoun, el-Mouaïed , Kaïtbaï, Mir-Akhor et d'Ibrahim-Aga ; les tombeaux construits par les califes fatimites et ayoubites au nord-est de la ville, et, du côté opposé, ceux des enfants et parents de Méhémet- Ali-Pacha, dans le cimetière de l’Iman ; les portes de la ville dont les plus belles sont : celles de Bab-el-Nazer { Porte de Secours) et Bab-el-Touloun (Porte de la Victoire); la citadelle et son puits ; l’abreuvoir du quartier el-Soubhar, la fontaine, ou sébil de la place Ouk-el- Asr, les bains publics Zambalies, près Bab-el-Cherich , et l’okel Zon-l’-Fikar.

Le caractère hospitalier des Arabes se montre dans leurs monuments comme dans leurs dotations pour les édifices d'utilité publique ; les mosquées , les caravansérais et les maisons même des particuliers ont.des logements réservés pour les voyageurs et les étrangers.

Sous le rapport du style, les monuments arabes sont très-variés et d’une originalité remarquable. Si nous jetons un coup d’œil sur les mosquées, nous ver rons qu'avec des dispositions analogues dans l’ensemble de l'édifice , pas une ne se ressemble.

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