ENT
eux-mêmes comme autant d’édifices où les sultans ou leurs émirs dormaient et recevaient des étrangers.
Cette disposition, pour les rapports des princes avec le peuple, est très-ancienne dans tout l'Orient , et les mots portes ou seuils correspondent à ceux detribunal, trône et autorité suprême.
55. Mosquée Kaïtbaï. — La mosquée de Kaïtbaï est, sans contredit, le plus gracieux monument qu’il soit possible de voir. Son ensemble est complet. La porte d’entrée , le dôme et le minaret sont d’une proportion agréable dans les formes, d’une recherche exquise dans les ornements et d’une étude soignée dans la construction, qualités rarement réunies dans les édifices arabes.
Malgré la petitesse de cette mosquée, on doit la regarder comme le monument le plus parfait du Caire.
Cette mosquée, construite lan 870 de lhégire (1465 de J. C.), est située à l’est de la ville et hors des murs; elle est entièrement construite en pierres par assises réglées. Le dôme est couvert d’un ingénieux compartiment sculpté dans la pierre. En un mot, cette mosquée peut être regardée comme le type le plus élégant de larchitecture arabe du xv® siècle de notre ère.
54. Minarets. — Les minarets sont aux mosquées ce que les clochers sont à nos églises. Ces espèces de colonnes ou de tours ont plusieurs rangs de galeries, qui servent à appeler à la prière cinq fois dans les vingt-quatre heures. La place du minaret ne parait pas avoir été fixée invariablement ; cependant il est toujours placé de manière que la voix ne rencontre point
d'obstacles ; c’est pourquoi on les trouve le plussouvent aux angles des mosquées.
Les minarets sont illuminés les jours de fête. Independamment de la variété dans la forme et des ornements de ces parties de mosquées, la construction n’en est pas moins intéressante en ce sens qu’elle re beaucoup d'élégance à la solidité.
Les plus intéressants que l’on voit au Caire sont ceux des mosquées Hassan, Ghouryh, Kalaoum, Mouaïed, Azhar, Barkauk, Touloun, Kaïtbaï, et autres. De quatre cents mosquées que renferme le Caire, plusieurs sont abandonnées parce qu’elles manquent de fonds nécessaires à leur entretien.
55. Tombeaux. — Les tombeaux au nord-6st de la ville du Caire, construits avec luxe par les califes fatimites et ayoubites, sont remarquables par l'élégance de leurs dômes et leur solide construction en pierre calcaire par assises réglées. Quelques-uns ont aussi leurs mosquées adhérentes, où de sveltes minarets se groupent avec les dômes. Depuis bien des années, ces tombeaux ne sont plus entretenus et sont peu fréquentés par les vrais croyants.
Dans le cimetière de l’Zman, au sud de la ville du Caire, on trouve un long bâtiment construit sous la dynastie des mameluks, près le grand dôme de l’?man Chafei. Dans ce bâtiment, Méhémet-Ali-Pacha , Viceroi d'Égypte , a élevé un tombeau à son fils Toussoun- Pacha, mort de la pesie au retour de son expédition de V’Hedjaz ( Arabie déserte), et plusieurs tombeaux à d’autres membres de sa famille, morts depuis qu’il gouverne l'Égypte.
r ae phdnle.
Divisions du temps. poids. mesures et monnaies usitées en Égypte.
Divisions de l’année. — Poids. — Mesures. — Monnaies.
1. Divisions de l’année. — Yes musulmans ne connaissent que l’année lunaire. Aux approches de la uouvelle lune , les muezzins des mosquées les plus élevées passent la nuit au haut des minarets pour observer le moment précis de la nouvelle lune, qui décide du commencement du mois. Les musulmans caleulent l’évolution diurne d’un coucher du soleil à l’autre. Leurs mois sont alternativement de trente et de viugt-neuf jours , et parcourent complétement l’année solaire en trente-quatre ans environ.
Le premier mois de l’année musulmane est le mois de moharrem ; il a trente jours. Les mois qui le suivent sont ceux de safer, 29; rabbi-ewel, 50; rabiakhir, 29; djemasi-ewel, 50; djemasi-akhir, 29: redjeb, 50; chaban, 29 ; ramazan , 50; chewal, 29 ; zilkadi, 50; zilhidje ; 29.
Le 1° janvier de cette année-c1 , par exemple , cor-