LIT DE JUSTICE DU 13 AVEU
nouvelle magistrature , le chancelier s'exprima en ces termes : « Messieurs, Sa Majesté, comptable à Dieu seul de Tadministration de son royaume, pourrait renfermer dans son cœur les motifs qui ont déterminé sa conduite^ mais les vues de sagesse et du bien public qui ont présidé à ses opérations demandent un hommage éclairé, et c'est par la confiance la plus étendue qu'elle veut reconnaître un attachement aussi pur et une fidélité aussi éprouvée que la vôtre. Les idées nouvelles qu'avaient adoptées quelques Parlements, les principes qu'ils avaient hasardés sur la nature et les bornes du pouvoir qui leur était confié, leurs démarches dirigées par ces principes, forcèrent Sa Majesté à donner son édit du mois de décembre dernier. Elle y rappela les faits qui l'avaient rendu nécessaire ; et les ofiiciers qui ont prétendu que le tableau de ces faits était avilissant pour eux n'ont osé le contredire et n'ont pu se résoudre à en avouer l'irrégularité. . . . Rendus un moment à leurs devoirs, Sa Majesté agrée leur retour, mais enhardis par sa bonté, ils abdiquent une seconde fois leurs fonctions, ils avouent hautement des principes qu'ils n'avaient hasardés que d'une manière obscure et équivoque. Ils prétendent élever une autorité rivale de l'autorité suprême et établir un monstrueux équilibre dont l'effet serait d'enchaîner l'administration et de plonger le royaume dans le désordre de l'anarchie, car enfin que resterait-il au roi si les magistrats, liés par une association générale, formaient un ordre nouveau qui pût opposer au souverain une résistance active et combinée? Si, maîtres de suspendre ou d'abandonner à leur gré les fonctions de leur ministère, ils pouvaient intercepter tout à la fois et dans toutes les provinces les vues de la justice? si enfin le droit d'exercer une portion de l'autorité royale était, dans leurs mains, le droit de ne reconnaître aucune autorité <^i) ? »i
(1) Mercure hist. et polit. 1771.