LOUIS XVI EST SENSIBLE AUX APPLAUDISSEMENTS DU PEUPLE
dissements dont il fut l'objet de la part du peuple de Paris. Il s'y montra très-sensible et dit, en arrivant au château de la Muette, au prince de Soubise qui se trouva à la descente de son carrosse : « Prince de Soubise, je suis on ne peut plus satisfait'^'. »
On assurait que la reine avait témoigné le plus vif désir d'assister au lit de justice, et que le roi, après lui avoir représenté la longueur de la séance et la rigueur de la saison, n'était parvenu à la détourner de son projet qu'en lui disant : « Qu'elle enlèverait une partie des applaudissements dont il était bien aise de jouir seul, au moins ce jour-là ^^^ »
Le lendemain, lorsque les nouveaux magistrats envoyèrent à Versailles le premier président, les présidents et les gens du roi pour rendre leurs devoirs au roi, à la reine et à la famille royale, Louis XVI les accueillit fort bien et la reine leur dit : « La séance d'hier a été prodigieusement longue, j'appréhendais fort que le roi ne fût incommodé, mais, heureusement, la joie que Sa Majesté a ressentie, en remplissant le vœu de la nation, Va garanti de toute indisiiosition^^ . » Cette première concession au vœu de la nation devait en amener une autre, sans procurer au roi la même satisfaction.
Le Parlement nomma une grande députation de quarante-deux membres pour remercier le roi de ce qu'il avait bien voulu rétablir les anciens magistrats. Le 27 novembre 1774, cette députation fut reçue par Louis XVI, et le premier président, après avoir présenté à Sa Majesté
(1) Hardy, Journ., 2.450. — (2) Hardy, Journ., 2.351.
Du règne de Louis perpétuons ce jour, Où ses sujets en foule entourant son cortège, Par mille acclamations lui prouvent leur amour, En disant que Thémis lui cède son siège.
— (3) Hardy, Journ., 2.452.