‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 15 sur 288 · EXIL DU PARLEMENT · texte numérisé non relu

EXIL DU PARLEMENT

l'autorité du roi en éloignant l'exécution de ses décisions sur l'administration des finances du royaume. C'était la première fois que le corps entier du Parlement était exilé *i).

Law se trouva maître absolu du terrain financier et il prit mille mesures pour affermir le système chancelant, mais le crédit échappe aux coups d'autorité, on ne peut le saisir par la violence ; il se retire parce que l'argent veut être libre et ne se montre qu'à la confiance qui l'appelle. Le prestige avait disparu, et tous les expédients auxquels Law eut recours furent vains, parce que la réflexion et la prudence avaient fait place à la confiance et à l'engouement.

Les résistances du Parlement aux édits financiers n'étaient pas le motif unique de son exil. Il y en avait un autre qui se liait aux négociations avec la cour de Rome pour la bulle Unigenittis. Le Parlement, presque tout janséniste, s'opposait à ces négociations. Dubois voulait en finir parce qu'il ambitionnait avec ardeur les grandes immunités de la pourpre romaine^ et qu'il n'avait nul espoir d'obtenir la barrette tant que la bulle ne serait pas enregistrée et exécutée dans le royaume. Le Pape exigeait avant tout l'unité de la foi. De son côté, le régent visait à l'unité du gouvernement et du ministère. Ces motifs div.ers expliquent la déclaration d'exil rendue contre le Parlement.

L'exil des magistrats causa peu d'impression aux Parisiens ; ils étaient encore absorbés par l'agiotage effréné dont la rue Quincampoix fut le théâtre, et mal disposés pour le Parlement, contrôle impuissant, que Law avait fait signaler par de nombreux écrits, comme s'opposant aux mesures destinées à relever le cours des effets publics.

(1) Voltaire, Hist. du Pari, de Paris-, 300. — Dalloz, Essai sur l'hist. du droit franc., p. 244.

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