DIVISION CAUSÉE PAR LA. BULLE UNIGENITUS
tion ^1). Malgré son scepticisme, le régent se préoccupait des troubles que les disputes sur la Constitution causaient dans le royaume, et il avait sollicité du pape le moyen de pacifier l'opinion. Par une déclaration du 7 octobre 1717, il avait informé la France que des négociations étaient entamées à cet effet avec le Saint-Siège, et il avait ordonné le silence le plus absolu sur les matières qui faisaient l'objet des divisions, pendant le cours des instances ouvertes avec la cour de Rome. Cette déclaration n'avait satisfait ni les jansénistes, ni leurs adversaires. Des deux parts on avait continué de parler et d'écrire, et le Parlement avait condamné au feu un libelle favorable à la bulle. Dans cet imprimé, on rappelait qu'un souverain du Bas-Empire avait prescrit, par un édit, un silence analogue sur des querelles religieuses, et que cet édit avait été flétri par le concile de Latran^^^
Quelques mois plus tard*^), le tribunal du Saint-Office condamnait tous les appels interjetés en France, et, le C 8 septembre 1718, le pape, par une lettre adressée à tous / les catholiques, « de quelque état, degré, ordre ou condition qu'ils fussent, » exigeait, sous peine d'excommunication, une obéissance entière et sans réserve à la Constitution ^^>. Le cardinal de Xoailles répondit à la condamnation qui l'avait frappé en faisant afficher son acte d'appel sur toutes les églises de Paris. Deux jours après, le 26 septembre 1718, la Sorbonne, assemblée au nombre de quatre-vingt-dix-neuf docteurs, adhéra à cet acte d'appel ^^'.
Tous les Parlements de France protestèrent ^^> contre ce dernier acte du Saint-Siège, et l'Université de Paris
(1) Buvat, Journ., 1.295. — (2) Arrêt du Pari, du 2 décembre 1717. Rocquain, L'Esprit révol. avant la Révol. 12. — (3) Au mois de mars 1718. — (4) Lettres pastoralis officit. R.ocquaiii, L'Esprit révol. avant la Révol. 14. — (.5) Buvat, 1.333. — (f,) Arrêt du Pari, de Paris du 3 octobre 1718.