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ÉCRITS SUPPRIMÉS PAR LE PARLEMENT

appela tout ensemble de la Constitution et de la dernière lettre du pape'^*. Les écrits se multiplièrent et montrèrent le chemin que, de part et d'autre, avaient fait les idées. Un arrêt du Parlement, du 14 janvier 1719, condamna, comme contraires aux libertés de TEglise gallicane, divers écrits, dans lesquels on disait que le principe de la supériorité des conciles sur le Saint-Siège était un « dogme nouveau » et contraire à toutes les traditions. Dans un autre, on affirmait que le pape était « infaillible dans les décisions dogmatiques, » et qu'on n'était pas moins hérétique de rejeter la bulle TJnigenitus « que de nier l'incarnation du Verbe et la divinité de Jésus-Christ. » Ce même arrêt condamna comme attentatoire à l'autorité roj^ale, un écrit dans lequel on soutenait la suprématie des conciles et l'on comparait les assises de l'Eglise universelle aux Etats généraux. « Nous ne reconnaissons en France d'autre souverain que le roi, disait, à l'occasion de ce dernier écrit, l'avocat général Guillaume de Lamoignon. C'est son autorité qui fait les lois : Si veut le roi, si veut la loi. Les Etats généraux n'ont que la voie de la remontrance et de la très-humble supplication. Le roi défère à leurs doléances et à leurs prières, suivant les règles de la prudence et de la justice. S'il était obligé de leur accorder toutes leurs demandes, il cesserait d'être roi*^^ »

Pour amener un apaisement des esprits, le régent prescrivit, par une déclaration du 5 juin 1719, un nouveau silence d'un an sur l'objet des disputes entre les acceptants et les refusants. Cette déclaration ne fut pas mieux observée que celle du 7 octobre. L'évêque de Soissons, Joseph Longuet, et l'archevêque de Reims, François de Maillv, publièrent des lettres dans lesquelles ils s'élevaient contre les vues conciliatrices du régent. Le Parle-

(I) Le 5 octobre 1718. Marais, Journ. 1.427. — (2) Arrêt du Pari, du 14 janvier 1719, cité parRocquain, L'Esprit révol. avant la RévoL, 17.

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ment les condamna au feu'^'. L'archevêque de Reims, instruit de l'arrêt rendu contre lui, fit chanter un Te Deum, pour remercier Dieu d'avoir été outragé par des schismatiques. Pour le consoler de cet outrage, Rome le nomma cardinal ^'^^ L'évêque de Soissons ne se torna pas à protester. Il fit signifier au Parlement que l'Eglise était au-dessus de ses arrêts et qu'il ne lui appartenait pas de la juger, raêrne pour un crime de lèse-majesté. Poursuivi à raison de ce fait, il fut condamné à dix mille livres d'amende, mais le régent ne voulut pas qu'il les payât, « de peur, dit-il, qu'il ne devint aussi cardinal'^). »

Le duc d'Orléans adressa ensuite au Parlement, à Ppntoise, le 4 avril 1720, une déclaration qui ordonnait l'acceptation de la bulle Unigenitus « par tout le royaume » et cassait les appels faits à ce sujet (^\ Des protestations s'élevèrent de toutes parts. On reprocha au gouvernement de se faire juge des appels, et, en mettant la main à Vencensoir , d'augmenter les troubles de l'Eglise ^^\ L'Université de Paris, la Faculté de théologie et nombre de curés écrivirent au Parlement qu'ils persistaient dans leur opposition '^^K

De son côté, le Parlement refusa absolument d'enregistrer une déclaration qu'il trouvait contraire aux appels et aux libertés de l'Eglise gallicane ("'. Sa résistance persévérante bien constatée, il fallut tenter d'autres voies. On songea à faire enregistrer la constitution Unigenitus par le Grand-Conseil, sur la condescendance duquel on croyait pouvoir compter pleinement. On s'aperçut bien vite que des

(1) Arrêt du Pari, du 9 août 1719, qui condamne au feu un imprimé ayant pour titre : Lettre de Mgr l'écéque de Soissons à S. A. R. le duc d'Orléans. — Arrêt du Pari, du 21 juin 1719, qui condamne une lettre de Mgr l'archevêque de Reims à NXgrs les cardinaux. — (2) Le 29 novembre 1719. — (3) Voltaire, Siècle de Louis XIV, 446. — (4) Ane. lois, 21.187. — (ô) Journ. de Marais, 1.416. — (6) Journ. de Marais, 1.250-330-382-423. — (7) Journ. de Marais, 1.401.

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