PROJETS DE GALONNE
prunter; on ne peut pas imposer plus; on ne peut pas anticiper davantage. Economiser ne suffirait pas. Que reste-t-il qui puisse suppléer à tout ce qui manque et procurer tout ce qu'il faudrait pour la restauration des finances ? Les abus, qui ont pour défenseurs l'intérêt, le crédit, la fortune et d'antiques préjugés que le temps semble avoir respectés, que peut leur vaine considération contre le bien public et la nécessité de l'Etat ?
« Si tant d'abus, sujets d'une éternelle censtire^, ont résisté jusqu'à présent à l'opinion publique qui les a proscrits et aux efforts des administrateurs qui ont tenté d'y remédier, c'est qu'on a voulu faire, par des opérations partielles, ce qui ne potivait réussir que par une opération générale. Les vues que le roi veut vous communiquer tendent totites à ce but, ce n'est ni un système ni une invention nouvelle, c'est le résumé et pour ainsi dire le ralliement des projets d'utilité publique conçus depuis longtemps par les hommes d'Etat les plus habiles. Que d'autres rappellent cette maxime de notre monarchie : « •'^i veut le roi, si veut la loi; la maxime de Sa Majesté est : Si veut le bonheur du peuple, si veut le roi^^K »
La portée de ce discours fut immense et l'impression bien différente de ce qu'avaient espéré de Calonne et Louis XVI, fasciné par les belles théories de son ministre. Les notables se montrèrent disposés à approttver l'établissement des assemblées provinciales, mais ils réclamèrent la communication des états de finances , sous prétexte qu'il était impossible de voter un nouvel impôt sans connaître exactement les recettes et les dépenses. De Calonne refusa cette communication par le motif trèsfondé que les notables avaient été appelés par le roi, non pour constater les besoins de l'Etat, mais pour indi-
(1) De Lacretelle, Hist. du xvni' siècle, 6.164. — Hardy, Journ , 7.5. — Bachaumont, Me'm.^ 34.212. — Cahiers des Etats gén., iatr. 194.