‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 183 sur 288 · MORT DE VERGENNES · texte numérisé non relu

MORT DE VERGENNES

ensuite dans tout le royaume, sans qu'il pût y avoir lieu à aucune réclamation, et affranchir ainsi le gouvernement de la tutelle incommode des Parlements, en les abaissant et les neutralisant '^\ Elle devait sauver la monarchie, et elle entraîna la chute de son auteur. Sur ces entrefaites, la mort de Vergennes enleva au roi un conseiller plein d'expérience et de dévouement. Le département des affaires étrangères fut donné à de Montmorin, qui était un homme probe, mais timide et irrésolu.

Le roi lui-même avait dressé la liste de l'assemblée des notables. Convoquée pour le 29janvier 1787, cette assemblée n'était invitée qu'à soumettre au roi des observations et des avis. Elle se réunit, le 22 février, à Versailles. Elle comptait 144 membres, savoir : 7 princes du sang, 14 archevêques ou évêques , 36 ducs ou pairs, maréchaux de France et gentilshommes, 1 1 conseillers d'Etat et maîtres des requêtes, 38 magistrats des Cours souveraines, 12 députés des pays d'Etat et 25 officiers municipaux des grandes villes. Le roi annonça aux notables, « qu'à l'exemple du chef de sa race, dont il se ferait gloire de suivre toujours les exemples, il voulait prendre leur avis sur de grands et importants projets pour améliorer les revenus de l'Etat, assurer leur libération entière par une répartition plus égale des impositions, libérer le commerce des entraves qui en gênaient la circulation et soulager, autant que les circonstances le permettraient, les plus indigents de ses sujets^^ . »

De Calonne déclara, ensuite, qu'il était impossible de laisser l'Etat dans le danger sans cesse imminent auquel l'exposait un déficit tel que celui qui existait, impossible de continuer à recourir chaque année à des palliatifs et à des expédients qtii, en retardant la crise, ne pourraient que la rendre plus funeste. On ne peut pas toujours em-

(1) Floquet, Le Pari, de Normatulie, 7.98. — Sallier, Ann. franc., 26.50. — (2) Cahiers des Etats gén., intr. 188.

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