‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 193 sur 288 · MONSIEUR ET LA CHAMBRE DES COMPTES · texte numérisé non relu

MONSIEUR ET LA CHAMBRE DES COMPTES

princes reçurent un accueil bien différent. Monsieur se présenta à la Chambre des comptes avec une contenance triste, et le peuple lui prodigua ses applaudissements. Le comte d'Artois, au contraire, fut accueilli à la Cour des aides par des murmures, pour avoir affecté une attitude fière et presque menaçante'^'. Les deux Cours étaient animées du même esprit que le Parlement, et elles déclarèrent, comme lui, illégales et nulles, les transcriptions faites sur leurs registres. La Cour des aides demanda, en outre, le rappel du Parlement et la convocation des Etats généraux préalablement à l'établissement d'aucun impôt (2). « Les lois de nos souverains, disait la Cour des aides, ordonnent aux magistrats, sous peine de désobéissance, de ne pas obtempérer à ce qu'on pourrait leur proposer de contraire au bonheur public et aux privilèges de la nation ••^'. » Elle rappelait en même temps ces paroles d'Henri IV : « Les voies irrégulières prises par un gouvernement sont des violences qui ne prouvent que la force et non le droit ^■*>. »

Deux arrêts du Conseil cassèrent les délibérations des deux Cours, et les arrêtés du Parlement furent annulés, comme contraires à l'ordonnance du mois de novembre 1774, qui ne permettait pas de retarder l'exécution des édits, quand, les remontrances entendues, ils avaient été enregistrés dans un lit de justice.

Le Parlement, transféré à Troyes, trouva parmi les habitants de cette ville un empressement extrême à les accueillir et à les loger '^'. Sou opposition répondait au sentiment général et sa disgrâce augmentait sa popularité. Exilé non moins pour ses poursuites contre de Calonne que pour son refus d'enregistrement des édits bursaux^^^,

(1) Sallier, Ann. fr., 97. — (2) Intr. au Moniteur universel, 83.85. — (3) Papon, Hist. du gouv. franc., 185. — (4) De Ségur, Mém., 3.323. — (3) Babeau, Le Pari, de Paris à Troyes, 3. — (6) Toute la France accusait Calonne de dilapidation. Le Parlement avait ordonné une information. Dans la circonstance où se trouvait la France, cette information pouvait alarmer et les

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