PASCALIS, LA ROQUETTE ET GUICHAUMONT
Le peuple vit clans ces tristes adieux uue résistance aux volontés de l'Assemblée nationale et il demanda à grands cris l'arrestation de Pascalis, qui fut incarcéré avec deux royalistes, La Roquette et Guichaumont. Pendant la nuit, les portes de la prison furent forcées, et le lendemain on vit trois cadavres suspendus aux arbres du cours ^^\
Les Parlements de Rennes et de Dijon avaient été remplacés, dans le temps, par des Cours supérieures provisoires, et ceux de Rouen et de Metz par des Chambres de vacations, composées d'une manière spéciale.
C'est ainsi qu'après six siècles s'éteignirent obscurément et sans résistance, les grandes Cours de justice. L'opinion les avait abandonnées aussitôt qu'elles avaient voulu résister à une assemblée représentant vraiment la nation, au nom de laquelle elles avaient eu si longtemps la prétention de parler^-^ Conservèrent-elles l'espoir de se relever encore? Se firent-elles cette illusion? Quelques rares écrits, rappelant leurs longs et éclatants services, demandèrent leur retour, et l'on prétend que l'avocat général Séguier, pressenti sur l'issue probable d'une crise si violente et si désastreuse, répondit que « cela finirait par un arrêt du Parlement '^^ » Mais leur destruction était à jamais consommée. « Tenter d'}^ revenir, disait Mirabeau, ce serait vouloir faire lever le soleil à l'occident^^'.»
La Convention remplaça F Assemblée constituante, et le régime de la Terreur, c'est-à-dire le despotisme le plus rigoureux qui ait jamais pesé sur un peuple^^', commença. Le tribunal criminel extraordinaire, établi le 10 mars 1793, fut réorganisé le 31 juillet suivant. Il reçut
(1) Monit. des 20 et 22 décembre 1790. — Floquet, Hist. du Pari, de Normandie, 7.671. — De Bastard, Les Parlements, 2.646. — (2) Ternaux, Hist. de la Terreur, 1.12. — (3) Journ. gén. de la Cour et de la ville, 6 novembre 1190. — (A) Me, II. de Mirabeau, décembre 1790, par Lucas de Mortigny , t. VIII. — (5; Wallon, La Terreur, 2.205,