CRÉATION DE NOUVEAUX IMPOTS
nous n'avons fourni aux dépenses les plus nécessaires que par les secours extraordinaires de différents surhaussements d'espèces. La nécessité bien reconnue et le désir de libérer notre Etat, nous déterminèrent à faire l'établissement des billets de banque, dont la fabrication fut portée jusqu'à trois milliards soixante et dix millions de livres, à leur donner cours dans les paiements et à favoriser et même autoriser diverses opérations qui répandirent une infinité de papiers dans le commerce, pendant les années 1719 et 1720; mais l'événement n'ayant pas répondu à notre attente, la masse des dettes se trouva portée à un excès qui ôtait aux porteurs même d'effets royaux toute espérance de paiement, et nous ordonnâmes la liquidation desdits effets.
« Nous nous sommes trouvé, au commencement de 1724, réduit pour la première fois, depuis notre avènement à la couronne, à fournir aux dépenses annuelles de l'Etat avec nos seuls revenus et sans secours extraordinaires; nous nous sommes encore trouvé chargé, au par-dessus des dépenses ordinaires, de l'acquittement de ce qui doit être arriéré des années précédentes, montant à la somme de plus de quarante millions.
« Notre attention extrême à empêcher la dissipation des deniers, à retrancher les dépenses superflues et à ménager même les plus nécessaires, ainsi que Tamélioration de quelques-unes de nos fermes, ne nous suffisant pas pour mettre une proportion entre notre recette et notre dépense, en sorte que les paiements étant faits avec exactitude, nous avons cru nécessaire de pourvoir par différents édits à des secours extraordinaires qui pussent fournir tant aux excédants de dépenses de la présente année, qu'aux parties arriérées des quatre dernières années. »
Ce langage indiquait nettement les besoins de l'Etat, et les désastreuses conséquences du système de Law, qui