‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 26 sur 288 · PARIS-DUVERNEY · texte numérisé non relu

PARIS-DUVERNEY

foi clans l'Eglise, et ils exhortaient le monarque à recourir aux mesures de rigueur pour abattre l'hérésie. Cette fois, ce fut, non le Conseil d'Etat, mais le Parlement qui supprima la lettre ^^K

La question religieuse n'était pas la seule cause de troubles, les dilapidations continuaient et l'Etat s'affaissait dans la détresse. De nouveaux embarras financiers allaient amener de nouvelles résistances. Pâris-Duvernev, habile financier et secrétaire du duc de Bourbon, proposa à ce prince le rétablissement du droit de joyeux avènement (^) et du droit de ceinture de la reine '^^, vieilles institutions du génie fiscal, dont la dénomination contrastait avec les larmes qu'elles faisaient couler (■*). Ces propositions provoquèrent un vif mécontentement, qu'il fallut réprimer par la force. La levée du cinquantième en nature, sur tous les revenus pendant douze ans, était une mesure financière plus juste. Elle a servi plus tard de base à l'établissement de la contribution foncière, mais elle portait atteinte aux privilèges du clergé et de la noblesse, qui s'y opposèrent. Les plaintes retentirent de toute part et les Parlements de Paris, de Bordeaux, de Rouen et de Dijon refusèrent de l'enregistrer. Le roi dut en forcer l'enregistrement dans un lit de justice ^^K

Voici comment Louis XV, dans le préambule de la déclaration du 5 juin 1725 ("^'j moiivait la création de ces nouvelles charges : « Nous avons vu avec chagrin, disaitil, augmenter la masse des dettes de l'Etat dans un temps de paix, où il eût été nécessaire de les rembourser, et

(1) Arrêt du Pari, du 10 janvier 1726, Rocquain, 3S. — (?) La taxe de joyeux avènement était le droit qui se levait lorsque le roi montait sur le trône. Ce droit fut acheté 24 millions et coûta le double à la France. Ce droit fut payé cher, pour la dernière fois. Lemontey , Hist. de la régence^ 2.212. — (3) La ceinture de la reine était une taxe imposée sur le corps des métiers qui étaient obligés de payer la valeur d'une maîtrise. — (4) De Carné, Le card. Fleury, Rev. des Deux-Mondes, 1858, 811, — (5) Le 8 juin 1725, Journ. de Marais, 3.193. - (6) Ane. lois, 21.289.

Page 1