‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 81 sur 288 · LE PÈRE LAVALETTE · texte numérisé non relu

LE PÈRE LAVALETTE

leurs engagements, se pourvurent devant la juridiction consulaire de leur ville. Ils obtinrent une première condamnation solidaire contre Lavalette et Sacj^^', et une seconde condamnation exécutoire contre la société entière établie en France'^'. A la demande des jésuites, fort mal conseillés il faut le reconnaître^ l'appel des sentences des consuls de Marseille fut porté au Parlement de Paris. Les jésuites montrèrent dans ce procès peu d'habileté et peu de connaissance des hommes ; ils ne surent pas faire des concessions nécessaires*^' pour leur propre honneur et pour celui de la religion (^'.

Attaqués avec violence, ils n'eurent pas de peine à démontrer qu'ils étaient victimes d'une force majeure, mais ils se défendirent avec faiblesse. Ils insistèrent pour être jugés par le Parlement de Paris '^^ et non par le Grand-Conseil, où ils avaient, comme tous les corps monastiques, le privilège de se faire juger et où ils étaient certains de trouver plus de sympathie. Ils avaient, dit-on, le dessein d'éviter la publicité des débats et de faire appointer le procès, pour le rendre interminable par les écrits qtii résulteraient de cette marche ; mais, contre leur attente, il fut décidé qu'il serait appelé. Les jésuites ne comprirent pas alors la nécessité qu'il j avait pour eux de désintéresser les créanciers du P. Lavalette '^^ Leur

(1) Le 19 novembre 1759. — (2) Le 29 mai 1760. Crétineau Joly, Clément XIV et les jésuites^ 128. — (3) Sur certains points leur résistance fut honorable et pieuse; sur d'autres, ils auraient pu et dû céder. De Barante , Etudes hist., 1.457. — (4) Il paraît qu'ils s'étaient fait illusion sur leur véritable position visà-vis de la nation, et qu'ils se flattaient vainement de supprimer ce procès. Il leur était facile de le terminer pacifiquement pour leur propre honneur et celui de l'Eglise. Theiner, Histoire du pontificat de Clément XIV, 1.26. — (5> De Carné, Les Etats de Bretagne, 2.160. — Journal de Barbier, 7.349. — Par une imprudence qu'on ne saurait expliquer qu'en les supposant frappés d'aveuglement, les jésuites avaient eux-mêmes fourni des armes à leurs adversaires en portant à la Grand'Chambre du Parlement la contestation suscitée à leur compagnie, au sujet de la mission de la Martinique. Destruction des jésuites, 1.27. — (ô; Dareste, Hist., de Fr., 6.540.

Page 1