MM. A RD A NT ET BARBOU
Dès ce moment, la maison Barbou commença cette longue publication des classiques latins qui place son nom à côté de celui des Elzevir et des Etienne. On connaît, en effet, de 1625, une édition des lettres de Cicéron , publiée Ratiasti Lemovicum apad Ugonem Barboum, et commentées par Siméon Duboys, Simeo Bosius , Pretor Lemovicensis 1 .
Elle eut dès-lors, à Paris, rue des Mathurins, une succursale gérée par un des membres de sa famille, qui devint, quelques années après la révolution, la librairie Delalain.
Dans le xvme siècle, l’imprimerie fit de rapides progrès à Limoges; ses premières tentatives vers le commerce de la librairie se manifestèrent par la publication d’une série d’ouvrages qui, connus sous le nom d’Usages, font encore partie de notre commerce.
Jusqu’en 1789, cette fabrication ne fit que s’accroître. Limoges comptait alors, parmi les imprimeurs, les Barbou, les Chapoulaud, les Voisin , les Dalesme et les Famé.
La révolution survint, et la librairie disparut avec le catholicisme, dont elle propageait exclusivement les doctrines 2.
1 11 était alors d’usage que les amis des auteurs leur adressassent des épîtres de félicitations sur le mérite de leurs œuvres. Siméon Duboys publie à la suite de ses lettres quelques pièces de vers si** gnées Rolland Betoul et de Jean Reaubreuil . scs compatriotes,
2 Touis Ardant : Compte-rendu de 18ii.
l’imprimerie.
Elle ne put se relever sous l'Empire, et, pendant cette période de notre histoire , elle n’eut pour objet que les actes des corps administratifs et judiciaires , les affiches de spectacles et la bibliothèque bleue i.
Cependant elle parvint à reprendre peu à peu son ancienne position. Placée alors au centre des papeteries, pouvant utiliser une main-d'œuvre à bas prix pour l’impression et pour la reliure, excitée aussi par le mouvement social qui commençait à s’opérer, elle put comprendre déjà qu’elle avait à accomplir de vastes destinées.
M. Martial Ardant père contribua puissamment à réaliser cette pensée, et, de 1820 à 1830, la librairie de Limoges étendait ses opérations, franchissait les limites de son ancien marché , et jetait les bases de cette industrie importante qui fleurit aujourd’hui parmi nous. La maison Barbou s’élança dans la même voie, et sut s’y maintenir à la même hauteur.
Comme le firent plus tard MM. Marne, de Tours, nos imprimeurs comprirent que, pour réussir, il fallait avant tout s’adresser à la masse , et que , pour mériter le succès , il fallait livrer à bon marché des livres utiles.
Sous l’empire de cette pensée, l’impulsion la plus active fut donnée à leurs établissements, et, pour suivre la consommation dans toute son étendue, ils ap~
4 Statistique de la Haute-Vienne de 1808.