‹ Aperçu statistique de l'Exposition de Limoges en 1855Chapitre 57 sur 58 · MECANIQUE ET INSTRUMENTS ARATOIRES · texte numérisé non relu

MECANIQUE ET INSTRUMENTS ARATOIRES

au concours régional de Guéret, en 1854, une médaille d’or premier prix.

Enfin, au moment où nous écrivons , le concours régional de Clermont décerne à notre compatriote un rappel de médaille d’or , une médaille d’argent ét une médaille de bronze.

Certes , ce sont là des titres qui parlent plus éloquemment que nous ne pourrions le faire nousmême.

De toutes les parties de l’Exposition de M. Laroudie, les charrues sont ce qui nous a le plus vivement intéressé. En effet, la charrue limousine est encore telle que Virgile l’a décrite dans le premier chant de ses Géorgiques ; une flèche én bois de 3 mètres de long porte , enchâssés à l’une de ses extrémités , un cep armé d’un soc ; une oreille destinée à déverser les terres à coté du sillon ; une règle, barre de fer pointue et aiguisée des deux bouts, qui est placée horizontalement sur la longueur du cep et qui régie la profondeur du labour; enfin un contre, qui coupe la terre, tandis que la règle l’ouvre et l’oreille la verse.

Cet instrument, attaché par sa flèche au joug des bœufs ou des vaches employés au labour, a divers inconvénients graves. Le soc n’a pas assez de largeur et ne peut suffisamment diviser la terre ; les oreilles ne sont pas assez élevées et ne peuvent empêcher la terre, divisée par le soc, de retomber dans les sillons. Enfin, la flèche, par sa rigidité, ne permet pas au

LES PORTRAITS

laboureur de faire tourner facilement son attelage lorsqu’il est arrivé à l’extrémité de son champ.

Par des charrues de sa création, par des modifications apportées à celle de Dombasle, M. Laroudie est arrivé, comme M. Trilschler, à vaincre toutes ces difficultés, et les propriétaires apprécient davantage chaque année ses efforts. Malheureusement, l’entêtement du paysan limousin est tel, il est si fortement aveuglé par la routine, qu’il faut souvent lui faire violence pour qu’il accepte ces créations modernes.

M. Laroudie expose encore une charrue-rigoleur qui peut servir à la fois à l’irrigation des prairies et à la culture des terres; un char agricole disposé de telle sorte, qu’il peut servir à cinq usages différents; enfin une collection complète d’instruments de drainage.

Espérons que le jury lui tiendra compte de la bonne confection, de la solidité et du bas prix de ces outils, et qu’une nouvelle récompense viendra s’ajouter à celles qu’il a déjà obtenues.

Page 1