LES PORTRAITS AU DAGUERRÉOTYPE
Nous ne croyons pas pouvoir mieux terminer ce compte-rendu qu’en reproduisant la lettre suivante insérée dernièrement dans le W Décembre, l’auteur
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a rendu, mieux que nous ne l’aurions fait, notre propre pensée :
« Monsieur le Rédacteur,
» Votre journal a, dans une série d’articles, rendu justice à la richesse et à la variété des produits qui représenteront à l’Exposition universelle l’industrie de notre pays. En offrant aux exposants une gracieuse hospitalité, M. Haviland a permis au public de juger du mérite des œuvres et de ratifier pleinement les appréciations de votre collaborateur.
)) Vous vous souvenez, Monsieur le Rédacteur, de vous être arrêté devant de charmants portraits exposés par MM. Fournier et Gardel, et que les plus splendides porcelaines ne faisaient point pâlir. Beaucoup de visiteurs se demandaient par quel procédé ces artistes avaient pu obtenir des miniatures si riches de coloris, et pourtant si vraies de physionomie. On se disait avec raison que la peinture ne comportait pas une ressemblance aussi prodigieuse; que, d’autre part, le daguerréotype excluait cette vérité de tons et cet éclat de couleurs.... Permettez-rnoi de répondre à cette interrogation du public.
» Les portraits de MM. Fournier et Gardel sont à la fois une photographie et une peinture. Comment ces artistes peuvent faire d’une empreinte froide et sombre une véritable œuvre d’art, c’est un secret qu’il ne nous appartient pas de dévoiler. Mais, sans indis-
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crétion, nous pouvons dire que M. Fournier, après de longues et intelligentes recherches, a poussé l’art de la photographie aux dernières limites de la perfection. Les teintures dures et tranchées du daguerréotype se sont adoucies et fondues, les objets les plus minutieux ont été rendus avec leurs détails les plus délicats. Ce n’est plus sur une plaque métallique aux reflets changeants que se fixe l’image, mais sur le carton ou même sur la toile. Dès lors, on n’est plus réduit à chercher longtemps le jour nécessaire pour faire ressortir le portrait recueilli. L’épreuve photographique est une gravure parfaite. Elle est au daguerréotype ancien, ce qu’est la lumière électrique au réverbère fumeux.
» Sur l’empreinte daguerrienne, M. Gardel répand les touches délicates de son pinceau. Il est inutile de faire ici l’éloge d’un artiste dont le talent est si universellement apprécié parmi nous. Grâce à lui, le visage, contracté légèrement pendant la confection de l’épreuve photographique, reprend son expression grave ou souriante ; les yeux s’animent et retrouvent leur vrai regard ; les étoffes brillent de toutes leurs nuances et retombent en plis ondoyants. La ressemblance du daguerréotype, loin de disparaître, est en quelque sorte complétée par le pinceau.
» Tous les visiteurs de M. Haviland ont pu remarquer la diversité des physionomies des portraits exposés chez lui. En voyant ce jeune enfant à l’air légèrement boudeur, si vrai dans l’expression de son
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visage et de son maintien, toutes les mères n’ontelles pas désiré un pareil portrait de leur fils? Les jeunes filles et les jeunes femmes qui hésitaient à confier au daguerréotype la reproduction de leur délicate beauté, ont dû se convaincre que le pinceau de M. Gardel savait rendre les traits les plus fins et la fraîcheur de leurs visages. Les hommes ont admiré le naturel des physionomies et des poses qui donnait à leurs portraits la perfection de la ressemblance.
». L’idée de colorier les épreuves photographiques n’est pas nouvelle. On avait jusqu’à ce jour tenté de les peindre à la gouache; mais la couleur était terne et sans durée. Bientôt l’image pâlissait sous l’action de l’air, et les teintes les plus vives s’effacaient par degré. MM. Gardel et Fournier, et là est leur originalité , ont remplacé la gouache par la peinture à l’huile. Dès lors , les épreuves photographiques participent de la durée de la couleur ainsi fixée. Elles sont inaltérables à l’air comme un tableau sur toile, et peuvent se transmettre dans les familles sans qu’on ait à craindre de voir une image chérie pâlir et disparaître.
» Nous ne doutons pas que MM. Fournier et Gardel n’obtiennent à l’Exposition universelle la récompense bien méritée de leurs travaux. Nous avons appris de source certaine que le palais de l’Industrie ne renfermerait pas de miniatures photographiques capables de lutter avec celles qu’ils ont exposées. Mais ces artistes vont nous quitter bientôt pour aller
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appliquer leurs procédés sur un plus grand théâtre. 11 eût été injuste de ne pas leur payer, avant leur départ, en face de leurs concitoyens, le tribut d’éloges qui leur est dû, et je vous remercie d’avance, Monsieur le rédacteur, de vouloir bien insérer une lettre qui n’a d’autre mérite que celui de la vérité.
» Agréez, etc.
» O. Péconnet. »
TABLE DES ÜÂTiÈRES
pages..
Porcelaines ( historique) 9
Les Exposants 21
Imprimerie 91
Reliure 101
Papeterie 103
Droguets et flanelles, filatures et lissages de laine 109
Tapis 126
Cordonnerie et saboterie 135
Ganterie 145
Les liqueurs 152
Confiserie , chocolats. ... 1 158
La cire . . 161
Mécanique - 164
Instruments aratoires 169
Portraits au daguerréotype 171
Limoges imp. àrcimjkr fh.s , rue du Consulat. 19. -
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