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phosphorique,nous le voyons atteindre jusqu'à 5 gr. 26 par litre. £ | Là ne s’arrête pas cette anomalie étonnante de la nutrition. Les urines des enfants sains ne sont pas toxiques ou le sont lorsqu'on en injecte de très grandes quantités, celies des nouveau-nés que nous étudions, ont, au contraire,un pouvoiroffensif considérable. Ces faits sont démontrés par les expériences que MM. Charrin et Riche ont communiquées à la Société de Biologie. :
Dans les résultats obtenus par ces auteurs, avec l’urine d’un des sujets de nos observations, il a suffi d'’injecter
entre 50 et60 centimètres cubes d'urine par kilogramme
de lapins, pour amener la mort, alors que les mêmes expérimentateurs ont pu injecter 80, 90 centimètres cubes et davantage d'urine d'enfants sains. nourris parle même lait, sans amener d'accident.
D'autre part, MM. Charrin et Riche faisaient remarquer àla Société de Biologie, que les lapins qui ont reçu l'urine de rejetons normaux, même en grande quantité,
. ont survécu, tandis que les lapins qui ont reçu des volu-
mes inférieurs à ceux qui provoquent une mort immédiate, 20 à 40 pour 1000, ont succombhé quand cette urine provenait de sujets malades ou issus de malades.
À quoi attribuer cette toxicité anormale ? Sans doute à la désassimilation exagérée, à la grande quantité de déchets qu'on retrouve dans ces urines. Mais il y a autre chose, et cette autre chose est inconnue. Quand il s’est agi de déterminer ce qui fait la toxicité des urines de l'adulte, les opinions ont été innombrables.
Si on ouvre les livres de pathologie au chapitre qui a
trait à cette question (du reste il en est de même pour presque tous les chapitres) on voit, pour la grande joie des éditeurs et l’effroi des candidats aux divers concours, s'aligner une pleïade d'auteurs aux noms presque toujours exotiques, apportant chacun:sa théorie nouvelle ou remaniée et laissant encore à glaner à l’auteur éclectique. Tous les principes de l'urine ont été successivement accusés de communiquer leur pouvoir toxique à ce liquide: : mais celui qui a été condamné avec le plus d'ensemble, c’est l’urée, et aujourd’hui on admet que l’urée est :diurétique ! Sinous voulions faire de la philosophie, ceci nous conduirait trop facilement à conclure que la vérité, quoique chacun croie la connaître, n'appartient sans doute entièrement à personne. Constatons donc simplement le fait de la toxicité anormale chez les nouveau-nés à mauvais terrain. Nous sommes même peut-être autorisé à voir un certain rapport entre ce fait et l’activité de la désassimilation, mais adjugeons, d'avance, une très grande part dans la production du phénomène, aux poisons inconnus que la chimie de demain pourra découvrir.
On voit par tous ces faits, que le défaut d’accroisse-. ment, l'élimination exagérée d’urée et d'acide phosphorique, la non assimilation de beurre dans certains cas, l’abaissement de la température, la toxicité des urines, constituent des troubles de nutrition chez les enfants nés de parents malades.
Sans doute, tous ces phénomènes ne sont que de simples manifestations des réactions complexes qui se passent dans l’organisme et dont le mécanisme nous échappera longtemps. Mais, enfin, on peut dire que le terrain
Ladee
E- estmauvais chez ces enfants, et nous voyons un peu main- = tenant ce que signifie cette expression.
Ges enfants, si on s’en tient à l’examen extérieur, sont maigres, petits, pâles, ridés à face « simiesque» ou de «vieillot ». Ce sont en somme de vrais athrepsiques. Mais à quoi attribuer cette dénutrition ? A la naissance avant terme ? Beaucoup sont venus au monde au moment voulu. A l'alimentation défectueuse ? D’autres enfants vivant dans la même salle et prenant le même lait de
nourrice ou stérilisé, se portent bien. Du reste. chez les” | enfants qui font le sujet de nos observation la quantité de lait ingéré varie peu d’un jour à l’autre et ce pendant le poids continue à diminuer ; nous voyons même que souvent le poids diminue, alors que la quantité de lait absorbé augmente; les vomissements, la diarrhée manquent dans ces cas, on ne peut donc pas les incriminer.
Force nous est donc d'admettre qu'il faut chercher. plus loin la cause de cette physiologie anormale ; c’est la maladie de la mère qu’il faut mettre en cause, c'est la mère qui a transmis à son rejeton cette façon mauvaise d’assimiler et de désassimiler. <
Ne pourrait-on donc pas conclure que l’athrepsie est un vice de nutrition congénital, dû non pas surtout aux causes énumérées par Parrot, mais bien aux infections de toutes sortes qui troublent la nutrition des parents.
Toutes les infections des parents : la tuberculose, la syphilis, la suppuration, la diphtérie, l’érysipèle, etc., etc. seront capables d'amener chez les enfants l’état physiologique que nous avons décrit.