Aperçu sur la gravure en relief sur pierre
J'aime mieux l'art romantique, cet effoi enfantin dont mon litre est une imilat prétendu nouveau, plus condamnable en graphie qu il ne l’a jamais été en décoration.
Les procédés d’impression, plus exactement de décoration ou mieux encore d'illustration typographique, sont innombrables. M. Pinsard, un technicien dont je vois le nom depuis fort longtemps dans la littérature du Livre, a déjà décrit, dans le Bulletin officiel de l'Union syndicale des Maîtres Imprimeurs de France, plus de quatre-
4 vingts manières d'imprimer ; en achevant son article de mars 1922, il ne nous dit pas adieu mais «au revoir », je veux dire « à suivre»; c’est done qu’il va peut-être doubler la dose, doux
Jésus !
Au cours de ce dernier article, M. Pinsard nomme la Tissiérographie dont il résume ainsi
l’histoire et la technique :
« Tissier, reprenant certains essais de Senefelder, présentait en 1844 |c’est en réalité en 1843|, sous le nom de T'issiérographie, son procédé de clichés obtenus par la mise en relief avec acides de compositions lithographiques.
« Après avoir encré un dessin lithographique avec un vernis très solide, Tissier faisait attaquer par une composition, mélange d’acide pyroligneux, d'acide hydrochlorique et d’alcool, les parties de la pierre que ne protégeait pas l’encre
Vernis ».
Somme toute, la concision.. lapidaire — le mot est tout à fait de circonstance — de M. Pinsard est suffisante pour les initiés ; tout de même, pour beaucoup de lecteurs des Causeries, il est
peut-être à propos d’y ajouter quelque chose.
La Tifficrographie
La gravure sur pierre, dont on fait l’honneur intégral à Senefelder, date des toutes dernières années du xvirre siècle. Je crois bien, pourtant, que l’idée première de la reproduction graphique au moyen de la pierre, si elle fut d’essence munichoise, n’appartient pas à Senefelder : on dit qu'il y a à Munich, au Musée de l'Ecole de dessin, un astrolabe portant la date de 1580 et gravé sur pierre ; qu’il y a encore, dans la même ville, au Cabinet royal des Antiquités, une autre pierre gravée en relief, où sont représentés les portraits des anciens ducs de Bavière ; qu’il y a enfin, toujours à Munich, contre les murs extérieurs de l’église Notre-Dame, une pierre sépulcrale de 1709, gravée en relief par des procédés chimiques. Mais n’allons pas chercher querelle au gra-
veur munichois pour une négligeable question de
priorité ; en réalité, d’ailleurs, les artistes qui utilisèrent ainsi la pierre dans les époques lointaines n’eurent en vue que des sculptures en basrelief et non des instruments de reproduction graphique.
C’est donc, somme toute, Aloys Senefelder qui inventa la lithographie. Ce fut d’abord une véritable gravure en relief sur les calcaires des carrières de Munich : «Senefelder écrivait, sur des surfaces planées et polies, du texte ou de la musique ; il bordait ses pierres avec de la cire et faisait mordre une seule fois, pendant cinq minutes, avec un mélange d’une partie d’acide nitrique et de dix parties d’eau... ; 1l obtenait ainsi un relief de l'épaisseur d’une carte à jouer, et encore ce relief était-il imparfait : les traits fins, les déliés surtout, étaient attaqués par l’acide.… ».
En 1799, Senefelder, « toujours occupé de perfectionner son procédé de gravure en relief »,
inventa cette fois la lithographie. Je n’ai pas à.
parler iei de ce procédé dont on connaît le prineipe : « Tracer les dessins sur la pierre... au moyen soit d’une plume imprégnée d’une encre grasse spéciale, soit de crayons gras. Etendre sur toute la surface de la pierre un liquide composé d’eau gommée et d’acide azotique faible, qui a pour effet de rendre les endroits nus inaptes à recevoir l’encrage. Cet enduit séché, laver la pierre, d’abord à l’eau, puis à l’essence de térébenthine.. Puis passer d’abord une éponge fine légèrement humide sur la pierre, puis le rouleau encreur ; l’encre adhère seulement aux parties que protégeait le crayon de l'artiste... » (Les Dictionnaires).
Tout cela est si différent de notre technique, à nous typographes, que je n’insiste pas.
Pendant que Senefelder améliorait et répandait en France son nouveau procédé, qu’Engelmann l’industrialisait, abandonnant la gravure en relief, convaincu « qu’on n’obtiendrait jamais
de résultats satisfaisants », d’autres cherchaient
au contraire à poursuivre les premières tentatives de Senefelder, à en modifier la technique et à rendre possible ce procédé de gravure dont on comprenait bien qu’il pourrait rendre de multiples services.
En 1810, Duplat prenait un brevet pour Cun procédé de gravure en relief sur pierre ». Les moyens ne différaient de ceux de Senefelder que par les matières qu’il mettait en œuvre. « Duplat couvrait sa pierre, préalablement chauffée, d’un vernis, comme le fait le graveur sur cuivre, puis il décalquait son dessin sur le vernis, et enlevait à la pointe toutes les parties blanches du dessin, c’est-à-dire qu’il gravait ( on devrait dire champlevait, ce serait plus juste) son dessin dans le vernis, en faisant l’inverse du graveur à l’eauforte. Ce travail terminé, Duplat faisait mordre son dessin une seule fois, avec un acide, et obtenait un léger relief... ; 1l enlevait ensuite son ver-
nis et retouchait sur la pierre, avec des burins et
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