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autres outils de graveur, les blancs qui n’avaient pas été suffisamment creusés ; puis il faisait clicher ses pierres et retouchait encore les clichés avant de les livrer à l’impression ». Duplat, qui avait obtenu, en 1805, un encouragement de l'Etat, bénéficia, en 1810, du prix de 2.000 francs institué par la Société d’Encouragement pour l'Industrie nationale, en faveur des meilleurs résultats obtenus dans la pratique de la gravure sur bois : on peut juger de la valeur de son procédé par les gravures qui ornent l'édition des Fables de La Fontaine, publiée par Renouard.
Vers 1822 et 1824, Carré, de Toul, et Dembour, de Metz, tentèrent encore quelques essais de gravure en relief, en substituant le cuivre à la pierre.
En 1843, Dupont, de Périgueux, reprit lui aussi le procédé de Duplat et publia dans un journal local « des gravures en relief sur pierre tendre, produites par une légère morsure à l’acide et un
travail de burin ».
Enfin, vers la même époque, Girardet usa de procédés analogues, dont il dénonce ainsi la technique : « On encre un dessin fait à la plume sur pierre lithographique, avec un vernis composé comme il suit : cire vierge, quatre parties ; poix noire, une partie ; poix de Bourgogne, une partie ; poix grecque ou spalt, quatre parties, le tout fondu et dissous dans de l’essence de lavande à la consistance convenable. Le dessin étant encré, on borde la pierre avec de la cire et l’on fait mordre avec un mélange d’acide nitrique et d’eau ; au bout de cinq minutes, on lave la pierre, on la laisse sécher et l’on encre une seconde fois avec le vernis décrit plus haut, puis on borde de nouveau la pierre, et on acidule une seconde fois. On dit que « jamais Girardet n’a pu produire une seule gravure dans des conditions réellement typographiques, c’est-à-dire ayant la pureté et le caractère de la gravure sur bois et pouvant être tirée
sur la pierre même à la presse typographique ».
C’est alors que Louis Tissier, ex-préparateur de chimie de Lyon, fit paraître, sous le titre Historique de la Gravure typographique sur pierre et de la T'issiérographie, un opuscule sur quoi j’ai puisé les renseignements qui précèdent. Je ne tire, je le jure, aucune vanité excessive de ce que la tissiérographie soit d’une confuse origine lyonnaise, et Je ne suis, je pense bien, ni suspect ni coupable de lavoir dit.
La Société d Agriculture de Lyon, dans ses annales de 1843, parla avec éloge de cette découverte, résultat « de longues et persévérantes études » et qui « reproduit avec une étonnante perfection, en relief, c’est-à-dire pour être tiré en typographie, le fini de la taille-douce et la manière de l’eau-forte ».
Les premiers essais de Tissier remontaient à 1831 ; ils avaient été faits dans l’intention toute simple de « remplacer par des pierres gravées en
relief, à l’aide de substances chimiques, les gran-
des planches dont on faisait usage dans l’impression des papiers peints ». Mais les résultats furent si mattendus et les difficultés pour introduire le nouveau procédé dans l’industrie du papier peint si tenaces, que Tissier dut songer à autre chose. C’est alors qu’il s’avisa de préparer, à l’aide de son procédé, de petites pierres gravées susceptibles de servir à l'illustration du livre.
En 1839, Tissier publia les premières épreuves de ses vignettes typographiques, qui furent tirées chez Lacrampe. En 1840, des communications en furent faites à l’Académie dés Sciences et à la Société d’'Encouragement ; des tirages furent présentés aux expositions de Leipzig et de Strasbourg, à l’occasion du quatrième centenaire de l'invention de l’imprimerie. En 1841, Tissier créa à Paris, quai Napoléon, 27, un atelier de gravure typographique sur pierre, et publia au mois d'août un Album tissiérographique, dédié à la
Typographie française : c’est sans doute ce qui lui
valut la médaille de bronze décernée en 1844 par le gouvernement. L'album de Tissier contenait soixante-quinze vignettes dessinées sur la pierre et imprimées typographiquement ; c’est un document rare. Les pierres mêmes dont se servait l’inventeur sont plus rares encore, ce qui n’empêche pas M. Thomas, à l’obligeance de qui nous en devons la communication, d’en posséder deux, absolument intactes.
Tissier dessinait ses vignettes sur des pierres dures de Munich, et il les gravait par des procédés purement chimiques, « sans le secours d’aucun outil >» ; il en tirait les épreuves non sur des
À clichés, mais sur les pierres matrices elles-mêmes. Rigide, un peu brutale, point du tout flexible comme le bois, la pierre rendait une image dure, d’une grande netteté et d’une grande finesse. Ce n’est ni de la taille-douce, comme le disait le rédacteur des Annales de la Société d Agriculture
de Lyon, ni de l’eau-forte ; ce n’est pas mieux que
le bois, c’est autre chose ; c’est comme un burin réduit, condensé, rapetissé à la taille de l’art. romantique, de cette période de sentimentalité un peu fausse et maniérée qui, née sous la Restauration d’un besoin morbide d'imaginer autrement qu'on ne l’avait fait auparavant, finit avec le début du Second Empire.
Voici la conclusion de l’étude que consacra Tissier à sa propre invention :
«Les gravures typographiques sur pierre, obtenues par les procédés chimiques de la tissiérographie, font plus d'usage, sont beaucoup moins dispendieuses que les gravures sur bois faites à la main, et ont, sur celles-ci, le grand avantage de reproduire toujours, d’une manière identique, originalité du dessin. Aujourd’hui, nous livrons à MM. les éditeurs des pierres-matrices, gravées en relief et montées dans de minces boîtes de plomb, qui se placent au milieu des caractères
d'imprimerie dont elles ont la hauteur, et qui
remplissent toutes les conditions des vignettes sur bois. Ces matrices en pierre peuvent être multipliées à l’infini, par le moyen des clichés en bitume ou en plomb, sans éprouver jamais la plus légère altération ».
Je ne sais quel fut le sort de la tissiérographie ; lPinvention des procédés photomécaniques ne devait plus. tarder beaucoup à rendre inutiles les efforts laborieux des graveurs sur bois.
Je ne sais non plus si les pierres tissiérographiques sont «moins dispendieuses que les gravures sur bois », mais je suis sûr que l’art du livre, dans certaines de ses manifestations, n’aurait qu’à gagner à la rénovation de la gravure en relief sur
la pierre. Conçu dans un sens plus large que ne l'était la tradition romantique, la tissiérographie moderne ne manquerait pas de rendre des services à l’édition.
On trouvera dans ce numéro deux images
tirées sur les pierres mêmes de Tissier ; nous en
devons la communication aimable à M. Thomas.
Ce ne sont pas les meilleures L'opuscule publié
par Tissier en 1843, Historique de la Gravure
typographique sur pierre, en contient de bien VIDE : Là y
plus caractéristiques de son procédé : comme
la plus belle fille du monde...