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PRINCIPALES DIFFORMITES
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Le Conseil Général des hôpitaux de Paris m'avant chargé de diriger les traitemens orthopédiques de l'Hospice des Orphelins , ainsi que du bureau central d'admission , et de donner des consultations aux hôpitaux Saint-Antoine et des En fans malades pour les différentes difformités , beaucoup de cas curieux , depuis deux ans que je suis en fonctions, sont venus à ma connaissance. Cette pratique dans les hôpitaux de Paris , m'a fait acquérir plus d'expérience véritable que les dix années que j'ai passées à la tête d'un établissement particulier d'orthopédie. J'ai vu cha-
que maladie sous toutes ses formes , dans des conjonctures variées, presque toujours sous son aspect naturel, et j'en ai pu étudier les causes. Chargé de faire un rapport général sur tous les faits que j'avais observés pendant l'espace de seize mois, j'ai relaté, sous forme de tableaux , plus de quatre cents observations différentes. Dans ce nombre j'ai vu plus de trois cents difformités des membres inférieurs: déviations simples des genoux; déviations des genoux avec courbures des jambes , et courbures simples des jambes dans les différens sens, sans complication de courbure des genoux; enfin , pieds-bots congénitaux et consécutifs. Quant aux déviations de la colonne vertébrale , j'ai pu m'assurer que cette difformité n'arrive et ne se manifeste pas chez les enfans du peuple absolument comme pour ceux des riches : elle se développe presque toujours chez les premiers, sous l'influence du rachitis et des scrophules.
Le but de cette brochure est de présenter un aperçu de mes idées sur les principales difformités qui sont
du ressort de l'orthopédie , ainsi que de donner un résumé des différentes observations de mon rapport. Je publierai ce rapport lui-même dès que je pourrai le compléter; et j'y joindrai en outre, les nombreuses observations que j'aurai recueillies depuis sa rédaction. J'y relaterai également tous les fftits dont j'ai été témoin , j'y mentionnerai tous les malades que j'ai traités dans mon établissement ou en ville dans l'espace de dix années. Cet ouvrage qui renfermera plus de mille faits divers , montrera les différentes difformités dans toutes les classes de la société, et les causes variées sous l'influence desquelles on les voit naître et se développer.
Il résulte du rapport que j'ai présenté cette année
vers la fin du mois de janvier à l'administration des hôpitaux de Paris, que sur quatre cent quatre cas de difformités, observés dans les hôpitaux, deuœ cent soixante-douze malades ont reçu des appareils ( deux cent vingt-neuf aux frais de l'administration et quarante-trois aux frais de leurs parens ); que.
sur ce nombre^ cent /zew/^ sujets ont été ou complètement ou aux deux tiers redressés , et cent dix-huit
notablement améliorés. Quant aux quarante -cinq cas que l'on pourrait être tenté ^ d'après ce relevé , de
considérer comme des insuccès, je dois déclarer que j'ai manqué de renseignemens sur beaucoup d'entre eux, et que, pour d'autres, le traitement était si nouvellement commencé , que les appareils n'avaient pas encore pu produire leur effet. Je n'ai distrait de ce calcul cent trente-deux malades , que parce que ceux-là n'ont pu être traités par des appareils mécaniques. Dans ce nombre , toutefois , plus de quatrevingts ont éprouvé du'seul traitement médical , et , comme je l'ai dit , sans le secours des macliines, une amélioration sensible;
Presque tous nos malades étaient encore dans la première enfance ; la plupart avaient moins de huit ans , et les plus âgés n'avaient pas au-delà de vingtsix ans. Presque tous ( la chose mérite d'être remarquée) ont commencé à être déformés à l'époque de
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la première dendlion. J'ai observé que les plus jeunes n'ont que le milieu clés os courbé : c'est plus tard que les articulations participent clés dévialions et des difformités.
La plupart des malades appartiennent h. la classe ouvrière , ou même à cette partie du peuple dont les vices doublent les besoins. Tous sont pauvres , tous ont été nourris de mauvais alimens , ont respiré un air impur , ont vécu dans des lieux bas et humides, dans des quartiers populeux , dans des rues étroites et fangeuses dont les maisons , très élevées , ne permettent guère au soleil de jeter ses rayons viviiians jusqu'au rez-de-chaussée. Presque tous avant d'être déformés, avaient éprouvé des irritations d'entrailles , des flux chroniques , des diarrhées : beaucoup , la rougeole , la coqueluche , des maladies cé^-ébrales; et les pieds-bots consécutifs , en particulier , ont presque toujours eu ces dernières maladies pour causes ou du moins pour préludes, ce qui avait quelquefois donné lieu h une paralysie' du mcMubre ou plus
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étendue ou plus restreinte ( genre de cause que je crois avoir observée le premier ).
Le côté gauche a été le seul, ou le plus souvent affecté : sept fois sur huit. Si cette règle subit quelques modifications , ce n'est que pour les déviations de la colonne vertébrale.
Le traitement , indépendamment des maladies spéciales qui avaient donné lieu aux diverses déviations , a présenté beaucoup de difficultés. Les malades étant tous faibles, presque tous scrophuleux et délicats, les toniques étaient généralement indiqués; mais d'un autre côté, le canal digestif, enflammé dans la plupart des cas , a fait un devoir de n'employer des toniques et des excitans qu'à l'extérieur , en même temps que les moyens adoucissans étaient administrés à l'intérieur. Outre les frictions excitantes, outre les lits composés de plantes aromatiques , les bains salés , jusqu'alors négligés en pareil cas, ont produit une amélioration notable, ont arrêté les progrès des scrophulcs et du rachilis , et même
complètement guéri ces maladies. Pai surtout lieu de me féliciter de l'emploi de ce nouveau moyen , depuis que j'ai vu la plupart des meilleurs praticiens de Paris, le mettre en usage dans des cas analogues.
Je crois inutile de préciser quelles découvertes me sont personnelles dans cet art tout nouveau de l'orthopédie; les médecins qui suivent assiduement les progrès de la science , le verront assez en lisant cet aperçu , tout abrégé qu'il est.
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