RP
UNIO ARADASI.
Unio Aradæ, Philippi, Enum. Moll. Sic., IT, p. 49,
Unio Aradæ (pars), Kobelt, Iconogr., IV Band, 1875, p. 62; et Unio Aradasii, f. 1147 (seulement); et Unio Aradæ (pars) Drouët, in: Journ.
Conch., 1881:5.2%5;:
Le type, d’après Philippi, se rencontre dans la fontaine des Francs (Francofonte). Ubi ?
Je n'ai jamais pu connaitre également la provenance exacte de mes échantillons, qui sont bien typiques.
Kobelt indique le fleuve Anapo près de Syracuse ; mais comme, sous les noms d’Aradæ et d’Aradasii, cet auteur confond deux formes distinctes : d’abord (£.1146)le Bivonianus; ensuite (f.1147)le vrai Aradasi, on serait indécis de savoir à laquelle des deux formes il conviendrait d'attribuer la localité du fleuve Anapo, si je ne savais que le Bivonianus vient positivement de ce fleuve.
M. L. Benoit signale pour cette espèce les mêmes localités que pour le Gargottæ, localités qui sont reproduites dans le Journal de Conchiliologie, p. 925, 1881. En somme, sauf la localité de Francofonte, toutes les autres sont dubitatives, parce que l’on ne sait pas si les auteurs ont eu en vue une ou plusieurs espèces.
Une des meilleures figures qui rend bien le port et
Re l'aspect de l'Aradasi est justement celle que notre bon ami de Francfort a publiée (f. 1147) comme une variété de cet Unio. Cette figure suffit pour la connaissance de cette espèce.
Je suis assez disposé à placer en synonymie de cette coquille l'Unio lobata signalé (sans description) de Sicile par Jan (Consp. meth. test., p. 7, 1830), et également sans description dans le Supplementum (ad Cat. sect. IT, pars 1, fasc. 1) du Conspectus methodicus Molluscorum (1832) de Cristofori et Jan, et enfin, avec les caractères suivants : «Testa elliptiea, viridiflavescente, margine sinualo, dente cardinali conico, crenulato, laterali in valvula sinistiæ bifido, natibus prominulis », dans les Mantissa (36-17, 1832) de Cristofori et Jan. Ces quelques signes distinctifs conviennent assez bien à
l’'Aradasi.
UNIO BIVONIANUS.
Unio Turtoni (non Payraudeau), Philippi, Enum. Mol Sie. Ep 07, 1836 set: Il, p. 49, Unio pictorum (non Linnæus), Benoit, in : Bull. Soc. mal. ital., 1875, p. 163.
Unio Aradæ et Aradasii (non Philippi), Kobelt, Iconogr., f. 1146 seulement, 1877.
L'individu représenté dans les « Suites à Rossmässler » est un échantillon de fort belle taille, bien caractérisé par sa grande hauteur et très distinct du
mn out
vrai Aradasi (f. 1147), comme l’on peuts’en convaincre par l’étude comparative des deux figures.
Jerapporte à cette espèce la forme nommée T'urtoni par Philippi, parce que les caractères signalés, tels que « margine ventrali recto aut vix sinuato » conviennent assez bien au Bivonianus.
À propos de T'urtoni,je doisavouerqueje n’ai jamais pu reconnaitre cette espèce parmi les nombreuses Mulettes qui m'ont été adressées sous ce nom soit d'Italie, soit de France. Le vrai T'urtont est une forme spéciale à la Corse ; de même que le Requieni, est un Unio particulier aux environs d'Arles.
Le Bivonianus vit dans l’Anapo, près de Syracuse.
* LR.
Dans ce groupe, je comprends les Unios suivants :
UNIO BLANCI.
Coquille ovalaire dans une direction légèrement déclive, médiocrement ventrue (convexité bien répartie), relativement très haute pour sa longueur, aussi bien arrondie en avant qu’en arrière, et possédant un contour sans angle prononcé. Valves assez épaisses, moyennement pesantes. Nacre blanche-bleuacée, richement irisée. Épiderme très brillant, d’un jaune-olivâtre uniforme. Stries assez saillantes, parfois lirati-
SR ne
formes, très faiblement feuilletées en arrière et vers les contours. Sommets comprimés, peu proéminents, à crochets aigus et plus ou moins ridés. Cardinale comprimée, très élevée, triangulaire. Latérale allongée, peu saillante. Ligament proéminent. Lunule allongée, triangulaire. — Long. 61; haut. perp. et max. 32; épaiss. 17; dist. des sommets à l’angle 30, et del’angle au rostre 21 1/2; rég. ant. 20, post. 43 millim.
Cette espèce, dédiée à M. H. Blanc, de Portici, a été recueillie dans la Madonna dell’ Acque, près de Pise, ainsi que dans le Sarno, près de Castellamare. Les échantillons de cette rivière sont un peu plus ventrus (épaiss. 19-20 millim.), et la cardinale est troncatulée à son sommet.
On rencontre encore dans l’Arno, à Pise, une variété (var. Arnusina, Uzielli) d’une forme un peu moins haute, par conséquent relativement plus allongée et à stries concentriques plus prononcées.
UNIO ROMANUS.
Unio romanus, Rigacci, Cat. conch., p. 18, n° 1374, Unio Requieni, var. romana, Kobelt, Iconogr., p. 61; et Unio romanus, f. 1145, 1875.
Cet Acéphale, qui vit dans les fossés des environs de Rome, et que mon ami de Francfort signale du Tibre (toujours sous deux noms différents), se trouve également dans le Volturno à Capoue. Il m'a encore
re été adressé des environs de Spolète sous l’appellation fautive de Moltenii.
UNIO CAMPANUS.
Unio campanus, FH. Blanc, mss.
Espèce peu ventrue, de forme oblongue dans un sens horizontal, à peu près aussi bien arrondie en avant qu'en arrière, à contours supérieur et inférieur presque aussi arqués l’un que l’autre, et caractérisée par des sommets exigus, peu proéminents, un tant soit peu comprimés, à crochets très aigus, et très élégamment ornés de rides tremblotées, analogues à celles des Unios du groupe des 1onicus, Vescoi, ete. On remarque, en outre, deux lignes divergentes sur lesquelles les rides prennent l'apparence d’arêtes tuberculeuses.
Valves assez épaisses. Nacre bleuacée ou orangée à reflets irisés. Épiderme fauve-olivâtre ou jaunâtre avec des zones plus foncées. Stries délicates, très feuilletées vers les contours. Ligament saillant. Cardinale comprimée, tout en étant assez épaisse, de forme triangulaire plus ou moins tronquée et denticulée. Latérale très longue, saillante surtout à son extrémité. Lunule allongée. — Long. 67; haut. perp. et max. 32 ; épaiss. 20 ; dist. des sommets à l’angle 27, et de l’angle au rostre 28 ; rég. ant. 21, post. 46 millim.
Le campanus vit dans les canaux de la plaine de San-Germano, sous l’abbaye du Mont-Cassin.
UE
UNIO ISSELI.
Cette belle espèce, à laquelle j'attribue le nom du professeur Arturo Issel, de Gênes, a été découverte aux environs de Pietra-Santa, entre Massa et Lucques; puis aux environs de Viareggio, d’où elle m'a été adressée sous le faux nom de Turtoni.
Coquille peu ventrue, de forme oblongue, plus développée en arrière qu’en avant, relativement très haute de taille, surtout à la région postérieure, et offrant, un peu en arrière de la perpendiculaire, une légère compression qui se traduit à la base par une faible sinuosité. La convexité par suite de cette faible compression ventrale, s’'accentue un peu plus sur la région postérieure.
Sommets médiocres, peu proéminents, à crochets aigus, ornés de quelques petites rides tuberculées. Bord supérieur faiblement arqué jusqu’à l'angle, puis descendant sous un contour convexe jusqu’au rostre. Région antérieure peu haute, bien circulaire, néanmoins légérement décurrente à la base. Bord inférieur très faiblement arqué, puis se convexant plus fortement au niveau de la ligne de la hauteur maximum. Région postérieure deux fois et demie plus longue que l’antérieure, allant en augmentant de hauteur jusqu’à 31 millim. en arrière de la perpendiculaire, puis s’atténuant en un large rostre arrondi sensiblement inférieur. Nacre blanche-bleuacée, irisée de tons violacés. Épiderme d’une teinte uniforme jau-
En AE nacée-olivätre ou marron-rougeâtre, avec des zones plus foncées. Stries plus ou moins accentuées, çà et là lamelleuses et bien feuilletées en avant. Ligament saillant. Cardinale ressemblant à un tubercule trian- ‘ gulaire, de taille médiocre. Latérale très longue, très saillante à son extrémité. Lunule allongée.—Long.79; haut. perp. 35, et max. 38 ; épaiss. 22; dist. des sommets à l’angle 32, et de l’angle au rostre 36 ; rég. ant. 23, post. 56 millim.
Les Unios de ce groupe, tels que les eucallistus, Lesumicus, gobionum (Bourguignat), condatinus (Letourneux), Saint-Simonianus (Fagot), chlorellus (Castro), etc..., sont des formes plus ou moins allongées, caractérisées par un bord inférieur très arquéconvexe dans toute son étendue, par des sommets renflés, peu antérieurs et par une partie rostrale assez aiguë, jamais inférieure. La convexité chez ces Unios se trouve toujours fortement accentuée vers les sommets.
UNIO EUCALLISTELLUS.
Unio pictorum, var. parva, Stabile, Fauna elvetica, 1840, p. 64,175.
Cette jolie Mulette du lac de Côme, d’une belle teinte verte avec 3 zones concentriques plus foncées et quelques radiations plus vertes, ressemble beau-
us Mes
coup, en écourté, an superbe stueucallis (Bourguignat, 1880) de Serbie. Seulement chez cette espèce, le rostre est relativement plus prolongé ; les sommets sur lesquels se dressent 8 tubercules (4 sur chacun) à pointe acérée, sont plus gros, plus proéminents ; la coloration d'un ton uniforme jaune éclatant se nuance en arrière d'une vague teinte verdâtre; les stries sont si fines que le test parait lisse; enfin la cardinale est si mince et si allongée, qu’elle semble lamelliforme.
Les Mulettes classées dans cette série sont des es-
pèces allongées, à stries fines, à épiderme brillant, teinté, chez la plupart, de riches couleurs.
UNIO CALLICHROUS.
Unio Callichrous, Letourneux, 1879.
Cette coquille, découverte par M. le conseiller Letourneux, dans le Danube, près de Belgrade, vit également en Italie, où elle a été retrouvée dans la Sesia, près de Vercelli, en Piémont, et dans les canaux aux environs de Mantoue.
Espèce allongée, peu ventrue, avec un sentiment de très large sinuosité, et terminée par un rostre médian, à contour peu développé, je pourrais même dire assez aigu.
Valves peu épaisses, excessivement brillantes, très
finement striées, presque lisses sur toute la région Juill. 1883. 4
ventrale, sauf vers les contours où souvent les striations sont ou un peu plus fortes, ou légèrement feuilletées. Coloration d'un beau jaune uniforme passant au vert en arrière, ou d’une superbe teinte topaze brûlée. nuancée de radiations plus foncées dans le même ton ou bien encore d'une couleur violacée avec des espaces plus clairs d’un fauve jaunacé. Nacre d’un blanc bleuacé bien irisé. Sommets arrondis, proémipénts, hérissés de quelques tubercules très saillants ordinairement au nombre de 5 sur chaque sommet. Bord supérieur presquerectiligne jusqu'à l’angle, puis recto-déclive sur le rostre. Région antérieure assez développée, ronde, légèrement décurrente inférieurement. Bord inférieur très faiblement arqué, presque droit (avec.un sentiment de sinuosité médiane), puis remontant à son extrémité d’une facon très faiblement recto-convexe. Région postérieure allongée, conservant à peu de chose près la même hauteur jusqu’au niveau de l’extrémité du ligament, enfin s’atténuant aussi bien supérieurement qu'inférieurement en un rostre presque médian assez aigu. Ligament court et saillant. Lunule très allongée. Cardinale comprimée, élevée, triangulaire. Petite cardinale étroite, lamelliforme, notablement saillante. Latérale haute, comprimée, tranchante, très longue, dépassant de 12 à 14 millim. l’extrémité du ligament, k Échant. du Danube.—Long, 76; haut. perp. etmax, 33; épaiss. 22; dist. des sommets à l'angle 34, et de l'angle au rostre 27; rég. ant. 23, post. 53 millim. Échant. de Mantoue. — Long. 82; haut. perp. et
Le Es
max. 36; épaiss. 221/2; dist. des sommets à l'angle 36; et de l'angle au rostre 29; rég.ant. 25, post. 58 millim.
; UNIO GESTROIANUS.
Unio Gestroianus, Bourguignat, 1871, et in : Locard, Prodr. Fr., p. 296 et 365, 1882.
Cet Unio, dédié à M. le docteur Rafaelo Gestro, m'a été envoyé autrefois comme des environs de Gênes. Je crois qu'il doit provenir des environs d’Ivrée, en Piémont. Je connais encore cette espèce des maremmes de Toscane, près Orbetello. Le malacologiste Arnould Locard, de Lyon, a indiqué cet Acéphale d’un assez grand nombre de localités françaises.
Coquille allongée, linguiforme dans une direction très faiblement déclive, assez comprimée, allant en s’aplatissant, depuis les sommets, où la convexité est la plus accentuée, et en s’acuminant, d’une façon méplane, en un rostre comprimé inférieur, parfois un peuretus. Valves médiocrement épaisses, cependant plus épaisses en avant qu’en arrière. Nacre blanche, faiblement bleuacée. Épiderme brillant, presque lisse ou très finement strié, sauf vers les contours où les stries sont feuilletées et comme terreuses. Coloration d’un gris-jaune olivâtre, avec des zones plus foncées. Sommets très antérieurs, comprimés, médiocres, peu proéminents et chargés de quelques rugosités. Bord supérieur faiblement arqué jusqu'à l’angle, puis descendant sur le rostre en un contour plus convexe. Région antérieure bien
LPS)
ronde. Bord inférieur très faiblement convexe. Région postérieure très allongée, près de trois fois plus longue que l’antérieure, allant en s’atténuant (surtout par le haut) en une partie rostrale comprimée, inférieure et assez aiguë. Ligament court, saillant. Lunule très longue (12 à 14 millim.). Cardinale assez épaisse, comprimée, triangulaire, à sommet plus ou moins troncatulé. Latérale très allongée.—Long. 78; haut. perp. et max. 33; épaiss. 20 ; dist. des sommets à l'angle 35, et de l’angle au rostre 30; rég. ant. 20, post. 58 millim.
UNIO PORNÆ.
Unio pornæ, Bourguignat, 1880 ; et in : Locard, Prod. Fr., p. 295 et 363, 1882.
C’est à Florence, dans l’Arno, que se trouve le type.
Je connais encore cette espèce du cours supérieur de l’Arno, à San-Giovanni, ainsi que des environs de Castelgoffredo et de plusieurs localités peu certaines de Lombardie et de Piémont, que j'aime mieux ne pas mentionner.
Il existe une variété minor de cet Unio dans un petit étang près de San-Quirico (Lucques), et dans les maremmes de Toscane près Orbetello.
En France, le pornæ a été constaté dans un assez grand nombre de cours d’eau.
Coquille oblongue-allongée dans le sens horizontal, assez bien ventrue (convexité régulièrement répartie
CR pe
et ne devenant pas méplane sur la région rostrale, comme celle du Gestroianus), à contours antérieur et postérieur presque aussi bien arrondis l’un que l'autre, et à bord supérieur aussi arqué que l’inférieur. Valves relativement assez épaisses. Nacre blanche à reflets bleuacés et carminés. Épiderme olivâtre d’un ton plus ou moins foncé ou jaunacé, avec une ou deux zones plus accentuées, parfois d’une nuance uniforme fauve-olivâtre. Sommets très obtus, peu proéminents, à crochets aigus, chargés de fortes tubérosités. Ligament assez court, saillant. Lunule très longue. Cardinale forte, élevée, plus ou moins épaisse ou comprimée, de forme trigone, à sommet troncatulé (elle est subquadrangulaire chez un échantillon de Castel. goffredo). Latérale saillante à son extrémité. — Long. 79; haut. perp. etmax. 36; épaiss. 23; dist. des sommets à l'angle 30, et de l’angle au rostre 32; rér. ant. 25, post. 54 millim.
UNIO MERETRIX.
Unio Requieni (non Michaud), Stabile, Fauna elvetica, p. 62, f. 76, 1846.
Unio meretrix, Bourguignat, 1880, et in : Locard, Prodr. Fr., p. 295 et 363, 1882.
Stabile signale cet Unio de la Tresa (canton de Lugano). Le type se trouve dans l’Arno à Florence et à Pise. On rencontre encore cette espèce dans le Serchio, près de Lucques.
‘La figure 76, donnée par Stabile, est suffisante pour la connaissance de cette forme.
La région postérieure, chez le meretrix, est très obtuse, assez écourtée et plus développée en hauteur que l’antérieure, Les sommets sont très obtus et fort peu proéminents.
UNIO D'ANCONÆ.
Coquille oblongue, médiocrement allongée dans le sens horizontal, à bords supérieur et inférieur subrectilignes, presque parallèles, à région antérieure exactement ronde, bien développée en hauteur et à région postérieure deux fois seulement plus longue, s’atténuant à peine et terminée par une large partie rostrale arrondie.
Sommets assez médians, de médiocre grosseur, mais bien proéminents, avec quelques fines petites rides sur les crochets, qui sont arqués. Convexité accentuée surtout sur la région ombonale. Nacre d’un blanc saumoné. Épiderme d’un beau jaune passant au cendré vers les sommets et au verdâtre postérieurement. Stries émoussées, parfois saillantesobtuses, faiblement feuilletées en avant et en arrière. Ligament court et saillant. Lunule allongée. Cardi-. nale comprimée, allongée, élevée, obtusément subtriangulaire. Latérale tranchante, très saillante. — Long. 63;haut. perp. et max. 31; épaiss. 18; dist. des sommets à l’angle 24, et de l'angle au rostre 25; rég. ant. 21, post. 42 millim.
L’Arno, à Florence. AMEL TE 2437
UNIO BLAUNERI.
Unio Requieni, var. Blauneri, Shuttleworth , in :
Stabile, Moll. Lugano, p. 48, 1859. | Unio Blauneri, Shuttleworth, in : Kobelt, Iconogr., | IV Band, 1876, p. 63, £. 1149.
Cet Unio vit dans le lac de Lugano. — Stabile l’indique du lac Muzzano, ainsi que du petit étang de Chiasso, dans le district de Mendrisio.
UNIO CAFICIANUS.
Cet Acéphale, que je dédie au malacologiste sici lien, le baron Corrado Cafici, provient de l’Anapo, près de Syracuse. |
Cette espèce ressemble un peu, comme taille et comme aspect, au Blauneri (f. 1149), seulement chez le Caficianus, les valves moins ventrues sont oblongues-allongées dans une direction descendante; le bord supérieur est arqué; de plus, les sommets, plus obtus-écrasés, paraissent comme aplatis ; la partie rostrale est plus largement ronde et regarde en bas par suite de la direction générale descendante.
Bord supérieur arqué surtout à partir de l’extrémité du ligament. Région antérieure ronde, décurrente à la base. Bord inférieur légèrement convexedescendant. Région postérieure un peu plus de deux fois plus longue que l’antérieure, augmentant insensiblement en hauteur jusqu’à 17 en arrière de la per-
ns
pendiculaire, puis s’atténuant en une partie rostrale arrondie et inférieure. Sommets très obtus, comprimés, à peine proéminents, chargés d'assez fortes rides ou de tubercules. Nacre blanche-bleuâtre. Épiderme brillant, d'une teinte jaune foncée passant au cendré sur la région ombonale et au vert en arrière. Stries très fines, légérement feuilletées en avant et enarrière. Ligament saillant, assez long. Lunule allongée (9 millim.). Cardinale comprimée, tout en étant relativement épaisse, de forme trigone, à sommet tronqué. Latérale saillante, tranchante et bien allongée. — Long. 70 ; haut. perp. 33 ; max. 34; épaiss. 19; angle à égale distance (29) des sommets et du rostre; rég. ant. 22, post. 49 millim.
Ce groupe est celui du falsus.
UNIO VULGARIS.
Unio longirostris (non Ziegler), Stabile, Fauna elvetiCa, pO0, E,1, 1040.
Unio Requieni (non Michaud), var. vulgaris, Stabile, Moll. Lugano, p. 48 et 62, 1859.
Dans son premier travail, Stabile indique cette forme du petit lac de Muzzano, tandis que dans le second, il la signale, au contraire, de la Trésa, entre le lac Majeur et celui de Lugano.
La figure 72, qui parait bien faite, est, si on veut
Brie bien l’étudier, suffisante pour la connaissance de cette espèce.
UNIO PADANUS.
Unio padanus, H. Blanc, mss.
Cet Acéphale vit dans le Pô à Turin, et vraisemblablement dans une grande partie du cours supérieur du fleuve, attendu que j'ai reçu plusieurs fois cette Mulette du Piémont sans indication précise de localité.
Coquille de moyenne taille, de forme oblongue dans une direction un tant soit peu déclive, à sommets excessivement gros, proéminents, ventrus et bien ridés. La convexité se trouve accentuée surtout sur la région ombonale. Nacre blanche bien irisée. Epiderme brillant, à stries délicates (seulement légèrement feuilletées en avant et en arrière), d’une teinte jaune-verdâtre, plus foncée postérieurement, et passant au cendré ou au marron vers les sommets. Bord supérieur recto-déclive jusqu’à l'angle, puis inclinédescendant sur le rostre. Région antérieure assez bien développée, à contour anguleux supérieurement, puis arrondi et légèrement décurrent à sa base. Bord inférieur faiblement convexe avec une légère sinuosité vers sa partie médiane. Région postérieure, juste le double plus longue que l’antérieure, s’atténuant en une partie rostrale subarrondie troncatu” lée un peu inférieure. Arête dorsale très prononcée,
Labs PT notablement renflée vers les sommets. Ligament saillant, très court. Lunule de 11 millim., aussi longue que le ligament. Cardinale comprimée, élevée, subtriangulaire. Latérale mince, très proéminente. — Long. 57; haut. perp.et max. 29 : épaiss. 18; dist. des sommets à l’angle 24, et de l’angle au rostre ?1; rég. ant. 19, post. 38 millim. |
UNIO FALSUS.
Unio falsus, Bourguignat, 1879; et in : Locard, Prodr. Fr. p. 295:et 363, 1682.
Cette espèce, si répandue dans les eaux de la France, de la Suisse, etc., espèce que presque tous les malacologistes ont prise pour le Requieni, existe également en Italie, où elle a été trouvée dans les lacs de Garde, de Côme, etc., dans les environs de Nosedole (prov. de Mantoue), ainsi qu'aux alentours de Parme, dans le canal de Gattachio; enfin, dans le PÔ à Turin, où elle vit en compagnie du padanus.. Les échantillons de ces deux dernières localités sont: sensiblement plus allongés que le type.
UNIO STROBELI.
Unio Strobeli, Uzielli, mss.
Très jolie petite espèce, du canal de Gattachio à Parme, caractérisée par une coquille oblongue dans une direction descendante, très peu haute antérieurement, et allant en augmentant de hauteur jusqu’au
se niveau de l’angle postéro-dorsal, à une distance de 20 millim. en arrière de la perpendiculaire. Convexité accentuée sur la région supérieure de l’arête dorsale et vers les sommets, qui sont gros,obtus, proéminents et fortement ridés sur une assez grande étendue. Valves à test mince, brillant, d’un marron jaunacé ou olivâtre, passant au rougeûtre vers les sommets. Stries émoussées, néanmoins saillantes çà et là, faiblement rugueuses en avant et en arrière. Nacre blanche bien irisée. Bord supérieur légèrement déclive-arqué jusqu’à l'angle, puis descendant sur le rostre sous un contour convexe. Région antérieure exiguë, peu haute, fortement décurrente à la base. Bord inférieur recto-descendant jusqu'à 20 millim. en arriere de la perpendiculaire, puis remontant légèrement à son extrémité, en se convexant. Région postérieure relativement très allongée dans une direction descendante, près de trois fois plus longue que l’antérieure , allant en augmentant de hauteur jusqu’au niveau d’une verticale située à 20 millim. de la perpendiculaire, enfin, s’atténuant assez brusquement, surtout en dessus, en une partie rostrale inférieure, obtuse et arrondie. Ligament saillant, court. Lunule très longue (7 millim.). Cardinale assez épaisse, élevée, subtriangulaire. Latérale très allongée, médiocrement saillante. — Long. 48; haut. perp. 21, max. 24; épaiss. 14; dist. des sommets à l’angle 24, etde l’angle au rostre 20; rég. ant. 13, post. 35 millim.
PR es
J'ai à signaler d'Italie seulement une espèce dans ce groupe, qui à pour type l’Unio Deshayesi.
UNIO GRANIGER.
Unio graniger, Ziegler, in : Schmidt, Krain Conch., 1827, D 20 |
Cette Mulette, si abondante dans les eaux de Carniole et de Carinthie, Mulette qui vit également en Suisse et en France, a été retrouvée à Nosedole, dans la province de Mantoue.
x + Les deux espèces italiennes qui me restent à mentionner, appartiennent à la série de l’Unio rostratus.
UNIO PEDEMONTANUS.
Unio Requieni, var. (non Michaud), Kobelt, Iconogr., IV Band, p. 63, f. 1148, 1875.
Cette belle et grande espèce, qui est fort bien rendue (f. 1148), parait assez répandue dans les cours d'eau du Piémont, d’où je l'ai reçue plusieurs fois, sans indication précise de localité. M. le conseiller Letourneux l’a recueillie sur les bords du lac Majeur. L'auteur des « Suites à Rossmässler » la signale des environs de Mantoue.
D’après cet auteur, les malacologistes italiens appliquent à cet Unio l'appellation de longirostris.
UNIO RHYNCHETINUS.
Unio rhynchetinus, Letourneux, 1879; et in : Servain, Acéph. Francf., p. 24, 1882.
Je rapporte à cette espèce des échantillons recueillis dans le lac d'Alice, près d’Ivrée, et à Casinalbo, près Modène, bien qu’ils ne soient pas tout à fait typiques. Mais, comme il m'est impossible de les assimiler à aucune autre forme, je les considère comme des variantes du rhynchetinus.
Le rhynchetlinus est une espèce danubienne découverte près de Belgrade par M. le conseiller Letourneux, espèce qui à été récemment constatée çà et là dans un certain nombre de cours d’eau.
Coquille excessivement ventrue, de forme allongée, terminée par un rostre relativement assez aigu. Convexité surtout accentuée vers les sommets, qui sont très antérieurs, énormes dans un sens allongé, proéminents, ventrus, recourbés, à crochets tout à fait taillés à pic, d’une façon encore bien plus prononcée que ceux de l’Unio desectus, de Grèce. Arête dorsale fortement accentuée dans toute son étendue. Valves (très épaisses chez les vieux individus) intérieurement d’une nacre blanche irisée de tons bleuacés ou orangés, avec des taches livides, extérieurement d’une teinte jaune passant au vert en arrière, ou parfois d’un marron tantôt clair, tantôt
presque noir, avec la région supéro-postérieure d’un ton vert foncé.
Bord supérieur faiblement arqué-descendant. Région antérieure exiguë. Bord inférieur médiocrement convexe, avec une légère inflexion sinueuse fort peu sensible à la partie médiane. Région postérieure près de trois fois plus longue que l’antérieure, allant en s’atténuant peu à peu jusqu'au rostre, qui est inférieur, tout en regardant dans la ligne de l'horizon. Ligament fort, saillant, très long, terminé par une lunule de 10 à 12 millim. de longueur. Cardinale robuste, épaisse, bien que comprimée, tantôt subquadrangulaire, tantôt trigone, avec une arête plus ou moins crénelée. Latérale excessivement longue (47 millim.), très saillante. — Long. 96; haut. perp. et max. 40 ; épaiss. 32 ; dist. des sommets à l’angle 47, et de l'angle au rostre 31; rég. ant. 25, post. 71 millim.
LEGUMINAIÏA.
Ce genre a été établi par Conrad (Remarks on the genera Monocond., and Pseudod. etc., in : Amer. Journ. of Conch. n° 3, 1 july 1865, p. 233) pour le Monocondylæa Mardinensis du Tigre, espèce de Lea, 1860, publiée par cet auteur, en 1864, dans les Proceedings Acad. sc. Philad., p. 286, et depuis dans le Journal Acad. sc. Philad. (new. series), VI, 3° part., pro 8pE x D
Cet Acéphale, qui ressemble un peu, comme contour extérieur, à l’Unio Bonellii, var. curvata de
is DES
Rossmässler (f. 746), ne possède pas de lamelles latérales, mais seulement, comme la Bonellii, une denticulation cardinale (une sur chaque valve) venant se poser l'une près de l’autre; celle de la valve dextre est toujours antérieure à celle de la valve sénestre. Chez les Margaritana, la dent dextre est reçue au milieu de la dent sénestre, qui se trouve, par conséquent, bipartie, ce qui est bien différent.
Deux ans après, en 1867, M. W. von Vest fit paraître (Nachtrag zu Margaritana Bonellii, in : Verhandelungen und Mittheilungen des Siebenbürgischen Vereins fur naturwissenchaften, n° 9) une petite notice (2? pages et demie avec 1 pl.), dans laquelle il élève la Bonellii de Ferussac au rang générique sous l'appellation de Microcondylæa, et non pas de Microcondylus, comme l'enseigne le père de la science dans le Journal de Conchyliologie, p. 137,
Les Léguminaias, d’après mes connaissances actuelles, forment un groupe générique qui s’étend, d'orient en occident, depuis la Mésopotamie, la Syrie, l’Anatolie jusqu’en Italie, où elles ont été constatées en Piémont, en Lombardie et en Vénétie. On les trouve également en Illyrie, en Carniole et même dans la Turquie d'Europe; il n'y a donc pas d’interruption entre les formes asiatiques et celles italiennes.
Les Léguminaias d'Asie, que je crois utile de faire connaitre, sont :
Re ue
LEGUMINAIA MaRDiINENsis, Conrad, in : Amér.
Journ., juillet 1865, p. 233, et Locard, Malac. lacs de Tibériade, d’Antioche et d'Homs, p. 56 et 82, 1883 (Monocondylæa Mardinensis, Lea, 1860, et in : Proceed. Acad. sc. Philad., p. 286, 1864, et in : Journ. Acad. sc. Philad. [n. s.], VI, 3° part., p. 252, pl. xxx, f. 67, 1869). — Environs de Mardin ou Merdin, dans un affluent du Tigre ; — dans l'Euphrate, ainsi que dans les lacs d’'Homs et d’Antioche.
LEGUMINAIA OHANTREI, Locard, Malac. Tibér.
d’Ant., etc., p. 58, pl. xix bis, f. 8-10, 1883. — Lac d’Antioche.
LEGumINAIA WHEATLEYI, Bourguignat, 1878, et Locard, Mal. lac Tibér. d’Ant., p. 59, 1883 (Monocondylæa Wheatleyi, Lea, Observ. on the gen. Unio, X, p.35, pl. 1v, f. 307, 1863.—Pseudodon Wheatleyi, Conrad, in : Amer. Journ., I, p. 233, 1865). — L’Euphrate à Biredjitz, ainsi que dans les lacs d’'Homs et d’'Antioche.
LEGUMINAIA BOURGUIGNATI, Locard, Malac. lacs Tibér. d'Ant.. etc, p: 59, pl, xix bis, f.41-13,11883. — Lac d’Antioche.
LeGuMINAIA SAULCYI, Bourguignat, Classif. Moll. syst. europ., p. 94, 1877 (Unio Saulcyi, Bourguignat, test. noviss., p. 27, 1852, et Cat. Moll. Orient., p. 74, pl. 11, Ï. 1-3, 1853. — Pseudodon Saulcyi, Conrad, in : Amer. journ., I, p. 233, 1865). — Environs de Jaffa, en Syrie.
LEGUMINAIA Micont, Bourquignat, Class. Moll.
syst. europ., p. 54, 1877 (Unio Michoni, Bourqui-
Lee:
gnat, test. noviss., p. 27, 1859, et Cat. Moll. Orient., P. 74, pl. xx, f. 10-19, 1853, et in : Amén. Malac., I, p. 156, 1855). — Cours d’eau aux environs de Jaffa.
LEGUMINAIA TRIPOLITANA , Bourquignat, Class.
Moll. syst. europ., p. 54, 1877 (Unio tripolitanus, Bourquignat, test noviss., p. 28, 1852, et Cat. Moll. Orient, p. 75, pl. 1v, f. 10-12, 1853. — Pseudodon tripolitana, Conrad, in : Amer. Jourp.;1 Ep: 233, 1865). — Environs de Tripoli, en Syrie.
Avant de passer aux espèces spéciales à l’Italic, je crois nécessaire d'exprimer mon opinion sur deux formes de ce genre, la Bonellii et la depressa.
La Leguminaia Bonellii (Unio), Ferussac, in coll. 1820, espèce inédite, a été publiée par Rossmässler (Iconogr., IT, 1835, p. 24, f. 134), et signalée en Illyrie dans le Leak, et en Istrie dans l’Isonzo près de Goritz (Gürz). C’est donc la figure 134 de Rossmässler qui représente le type de cette espèce. Cette coquille a encore été bien rendue, sous le nom d’Alasmodonta compressa de Menke, par Stabile dans sa « Fauna elvetica », figure 71. La Bonellii est une espèce comprimée, obovale-oblongue, à région antérieure exiguë, tandis que sa région postérieure est largement dilatée.
La Leguminaia depressa (Unio) de C. Pfeiffer (Naturg. deutsch. Moll., II, 1825, p. 52, pl. vrrx, f. 3-4), que Rossmässler a eu le tort de placer en synonymie
de la Bonellii, est une autre espèce illyrienne décou- Juill. 1883. 9
ET
verte par Stentz dans un cours d’eau près Colalt, non loin d’'Hospitaleto.
Cette forme, qui est très différente de la Bonellit, comme l’on peut s’en convaincre par la comparaison des figures données par Rossmässler et C. Pfeiffer, se distingue de la Bonellii : par ses valves oblonguesallongées dans une direction très descendante; par ses sommets (voir f. 4) tout à fait antérieurs et regardant en avant; par son bord supérieur régulièrement convexe dans toute son étendue et ne présentant aucune angulosité à l'endroit de l'angle postéro-dorsal ; par sa région postérieure plus longue, relativement moins dilatée en hauteur; par sa région antérieure plus étranglée; par ses stries sensiblement plus ellipsoïdes, ete., enfin, par ses valves moins comprimées.
Il y a donc en Illyrie et en Istrie deux formes distinctes, la Bonellii et la depressa, qui toutes deux ont été retrouvées en Italie.
Il est très difficile, ou plutôt il est impossible de citer synonymiquement les auteurs italiens qui ont parlé de ces deux espèces, parce que sous les appellations de Bonellii, compressa, depressa ou uniopsis, ces malacologistes ont confondu toutes les formes qui ont été depuis, en 1879, distinguées dans le Journal de Conchyliologie.
Ainsi :
Porro (Malac. Comasca, p. 115, 1838), sous le vocable d’Alasmodonta compressa de Menke, signale
EN Ve une ou plusieurs formes des cours d’eau et du lac de Brianza.
Stabile (Fauna elvetica, p. 60, 1846), sous le même nom, mentionne de la Tresa et du Cerisio deux variétés : une magna très arquée (ressemblant, d’après cet auteur, à l’Unio margaritifer) qu’il rapporte à la depressa de Mühlfeldt, et une parva, à laquelle il applique le nom d'uniopsis de Lamarck; tandis que ce même malacologiste, en 1859 (Moll. Lug., p. 48 et 61), indique également de la Tresa, près de la « Madonna del piano » de grands individus (long. 82 millim.) qu'il nomme non plus Alasmodonta compressa, mais Unio Bonellii. Ces individus de forte taille sont vraisemblablement ce Microcondylus squamosus, de la Tresa, qui atteint 70 à 85 de long, sur 39 à 45 de hauteur.
Strobel (Moll. lembo Or. del Piemonte, in : Giorn. Mal., I, 1853, p. 57 et 109) cite une Alasmodonta Bonellii, de la Dora Baltea, du Pàô à Turin et une variété Uniopsis, de la vallée du Tessin, à Sartinara.
Tassinari (Moll. Romagna, in : Giorn. Mal., II, 1854, p. 102), une Alasmodonta compressa, du Gambellara, dans la Romagne.
Menegazzi (Malac. Veron., p. 45, 1855), une Anodonta uniopsis, du Tartaro et du Menago, dans la province de Vérone.
De Betta (Moll. prov. Veron., 1855, p. 97), une Alasmodonta Bonellii, des provinces de Vérone, de Vicence, de Padoue, de Venise, et la variété curvata de Rossmässler (f. 746) du lac de Garde ; puis (Moll.
se, HS RE
prov. Veron., 1870, p. 140), un Unio Bonellii, du Tartaro et du Menago; enfin (Malac. Veneta, 1870, p. 105) un Unio Bonellii, dans les rivières et les canaux de la province, et la variété curvala, déjà siynalée du lac de Garde, dans le canal Moranzana.
Spinelli (Moll. Bresc., ?° édit., 1856, p. 49), une Alasmodonta compressa, du lac de Garde, à Sermione, et dans la Chiese, à Naviglio, entre San-Eufemia et Rezzato; puis (Moll. in Venezia e nel suo estuario, 1869, p. 37) une Alasmodonta Bonellu, de la Brenta, avec la variété curvala, du canal Moranzana. |
Tomasi (Moll. Castelgoffredo, in : Bull. Soc. Mal. ital., 1875, p. 182), un Unio Bonellii, des canaux de Castelgoffredo, ainsi que trois variétés : une curvala, une uniopsis, enfin une troisième à test solide, qui doit être la forme publiée sous le nom de Microcondylus crassulus.
Pini (Moll. terr. d’Esino, in : Bull. Soc. Mal. ital., 1876, p. 186), un Unio margaritiferus, du lac de Côme, notamment sur le rivage de Mandillo, etune variété curvala, également du même lac.
Lessona (Moll. Piemonte, 1880, p. 64), une Margaritana Bonellii, à Turin, à Bra, à Vercelli et à Stupinigi, dans le ruisseau, derrière le château.
Etc., etc.
Voilà , je crois, assez de citations. Incontestablement, sous ces diverses appellations, se cachent les formes que M. Drouët, qui, en cette circonstance, a fait preuve d’un coup d'œil un peu plus intelligent
AT (PS que d'habitude, a décrit sous le nom générique impropre de Microcondylus, savoir les Bonellii, Moreleti, squamosus, crassulus et gibbosus, qui ne me parait être autre chose que la curvata ide Rossmässler.
Les Léguminaias italiennes sont, à ma connaissance, les neuf suivantes :
LEGUMINAIA BONELLII.
Leguminaia Bonellii, Bourguignat, Moll. Acéph., syst. europ., p. 4, 1880 (Unio Bonellii, Ferussac, in coll. 1820, et Rossmässler, Iconogr., IT, 1835, p. 24, f. 134).
Cette forme illyrienne a été retrouvée en Italie, dans le lac de Brianza et dans les ruisseaux de Castel d'Ario (prov. de Mantoue), où elle habite en société de la Servaini.
LEGUMINAIA SERVAINI.
Servaini Bonellii.
PA Rd RU 8 1 GO BE. EN RETENIR | s10 Épaiss. max. (à 13 des sommets, 25 du bord antér., 38 du
(1) L'échantillon Zonellii d'Illyrie figuré 134 par Rossmässler a 67 de long., il est un peu plus grand que le type italien, bien qu'exactement de même forme.
UV
Servaini. Bonellii.
rostre, 17 de l’angle post. -dorsal, et 22 de la base de la perp.). 15 Épaiss. max. de la Bonellii (typeitalien) — (à 15 dessommets, 24 du bord antér., 38 du rostre, 22 de l’angle post.-dorsal, et 20
de la base de la perpend.). . . . 14 1/2 Corde apico-rostrale. . . . .. D2 09 Dist. des sommets à l'angle
postéro dorsal. tant, LE ORT 99 Dist. de cet angle au rostre. . 30 2) Haut. de la perpendiculaire. . 28 28 Dist. de la perp. au bord antér. 16 13
— du même point dela perp.
AE OO TR CE DS Ar ere 42 48 Dist. enfin, dela base de la per-
pend. à l’angle postéro-dorsal. . 34 37
D’après ces mensurations, on remarque que bien que la longueur de la Bonellii italienne et celle de la Servaini soient à peu près la même, la distance des sommets à l'angle postéro-dorsal, chez la Servaini, est de 27, et de 30 de cet angle à la partie moyenne du rostre, tandis que chez la Bonellii, la mème distance est plus grande entre les sommets et l'angle, et plus courte entre cet angle et le rostre. Il résulte de ces mensurations que, chez la Servaini, la région de la crête dorsale est plus courte que celle de la Bonellii. On remarquera encore que si la perpendiculaire est de 28 chez les deux espèces, la hauteur
PU | uen
maximum est, au contraire, différente : celle de la Servaini, distante de 27 de la perpendiculaire, est de 34, tandis que celle de la Bonellii n’est que de 30 à 22 millim. en arrière de la perpendiculaire. Il ressort encore de ces chiffres quela région postérieure de la Servaini est plus haute que celle de la Bonellii. Enfin, je ferai observer que la région antérieure est de 16 chez la Servaini et la postérieure de 42 millim., lorsque, chez la Bonellii, l'antérieure est de 13 et la postérieure de 48, ce qui fait que, chez cette dernière, la postérieure est plus longue et l’antérieure plus courte.
La Servaini se distingue encore de la Bonellii : par sa partie rostrale largement obtuse-arrondie, regardant en bas, tandis que celle de la Bonellii, moins obtuse, moins amplement ronde, est plus médiane et moins inférieure ; par son contour supérieur très arqué-convexe ; par son bord inférieur faisant ventre au niveau de la hauteur maximum (à 27 millim. en arrière de la perpendiculaire), ce qui donne à la région rostrale une notable apparence spatuliforme ; enfin par ses cardinales dextre et sénestre nulles ou presque nulles, en tout cas fort exiguës.
Voici les caractères de la Servaini, à laquelle j'attribue le nom de notre excellent ami le D' G. Servain, qui en a fait la découverte dans un de ses derniers voyages en Italie.
Coquille oblongue-spatuliforme dans une direction très descendante (1), caractérisée par une région
(D) Je rappelle encore une fois que la description de cette es-
postérieure très dilatée en forme de spatule. Bord supérieur faiblement arqué jusqu'à l'angle, qui est complètement obsolète sans trace d’angulosité, puis convexe-arrondi en descendant sur le rostre. Région antérieure ronde, exiguë, décurrente à la base. Bord inférieur recto-descendant, puis se convexant vers son extrémité avant de remonter vers le rostre. Région postérieure spatuliforme dans une direction descendante, allant en augmentant de hauteur jusqu’au niveau de l'extrémité du ligament, puis s’atténuant d’une façon largement obtuse par un contour arrondi inférieur. Sommets (excoriés) écrasés, petits, à peine proéminents. Épiderme marron uniforme, à stries très feuilletées vers les contours. Nacre bleuâtre-violacée, paraissant orangée sous les sommets par suite de l'érosion externe. Ligament long, peu saillant, Lunule grande, semisphérique. Cardinale dextre nulle ou presque nulle. Cardinale sénestre plus forte, obtuse.
La Servaini vit dans les canaux de la Chartreuse de Pavie, et dans les cours d’eau près de Castel d’Ario (prov. de Mantoue).
LEGUMINAIA MORELETI.
Microcondylus Moreleti, Drouët, in : Journ. Conch., b1930 010:
pèce, comme celles des autres que je publie, est faite en donnant aux sommets la prédominance sur tout le contour supérieur. Ce contour, soit antérieurement, soit postérieurement, ne doit pas être plus haut d’un côté que de l’autre par rapport aux sommets,
re Environs de Plaisance dans les ruisseaux, le P6 à Belgiojoso, la Parma à Parme.
LEGUMINAIA SQUAMOSA.
Microcondylus squamosus, Drouët, in : Journ.
Conch., p.1391810
La Trésa, entre les lacs Majeur et Lugano.
LEGUMINAIA DEPRESSA.
Unio depressa, C. Pfeiffer, Naturg. deutsch. Moll., II, 1825, p. 32, pl. vit, Î. 4 seulement (la figure 3 représente une forme non adulte, mal caractériséo).
Je connais cette espèce illyrienne du canal de l’Oglio à Chiari.
LEGUMINAIA DO RIÆ.
BORA NeAN rue ef End 5e 20 MNT 63 RÉUNIE RP RL ETS 32 1/2 Épaiss. max. (à 19 des sommets, 26 du
bord antér., 35 du rostre, 20 de l'angle
post.-dorsal, 16 de la base de la perpendi-
PAIE INSECTES UT 16 Corde; apicamostrale Sad a Tue 25 Dist. des sommets à l’angle post.-dorsal. 27 = .de-l'angle au:rostré./1.%. 414460 0m0418.n780
LA, Gi
Haut. de la perpendiculaire. #:. .: ! . . 28 Dist. de la perp. au bord antérieur. . . . 16 1/2 — du même point de la perpend. au
rostress in, DÉCRET?
Dist. enfin, de la base de la perp. à l’an-
g16 DUstérO=-Horsal: "1 MSN CEE
Cette forme est remarquable par sa convexité bien régulière, dont le maximum est presque central. Chez toutes les autres Léguminaias, le maximum se trouve très rapproché de la région supérieure. Cette espèce est encore caractérisée par un grand développement de sa partie antérieure, et par ses cardinales robustes et très saillantes.
Coquille d’une forme oblongue dans une direction légèrement déclive, à valves assez épaisses mais moins que celles de la crassula, à épiderme d’un marron olivâtre, à stries assez fines, sauf vers les contours où elles sont feuilletées et parfois grossières. Nacre interne bleuâtre. Bord supérieur arqué-convexe dans toute son étendue, sans angulosité sensible à l’angle postéro-dorsal. Région antérieure exactement sphérique et relativement très développée en hauteur. Bord inférieur subrectiligne dans une direction faiblement descendante, remontant légèrement à son extrémité en s’arrondissant. Région postérieure à peu près deux fois et demie plus longue que l’antérieure, augmentant insensiblement en hauteur jusqu'au niveau de l'extrémité du ligament, puis s’atténuant en une partie rostrale très obtuse etaux trois quarts inférieure. Sommets (excoriés) tout à fait écrasés. Ligament très
long. Lunule développée, semisphérique. Cardinales (dextre et sénestre) triangulaires très saillantes.
Cette espèce, que je me fais un plaisir de dédier à M. le marquis Giacomo Doria, de Gênes, a été trouvée dans les cours d’eau de Vercelli et de Brianza.
LEGUMINAIA CRASSULA.
Microcondylus crassulus, Drouët, in : Journ. Conch., p.139, 1879.
Ruisseaux à Castelgoffredo.
LEGUMINAIA CURVATA.
Leguminaia curvata, Bourquignat, Mat. Moll.
Acéph. syst. europ., p. 4, 1880. [Unio Bonellii, var. curvata, Rossmässler, Iconogr., XI, 1849, p. 14, et f. 746 (sous le nom de var. incurvus), et Microcondylus gibbosus, Drouët, in : Journ. Conch., p. 140, 1879.]
Dans les lacs de Côme et de Garde.
LEGUMINAIA GESTROI.
Cette coquille de Castel d’Ario (province de Mantoue), à laquelle j'attribue le nom du D Rafaele Gestro, de Gênes, est une des plus particulières de ce genre.
C’est une espèce de taille médiocre, à valves minces, délicates, sinuées inférieurement, caractérisées
LS DE ES par une région antérieure très exiguë, comme contractée, et par une région postérieure linguiforme si fortement descendante que l’obliquité de la direction forme avec la ligne du contour supérieur, prise comme ligne horizontale, un angle de 50°. Chez la crassula l'angle n’est que de 30°; chez les Bonellii et Doriæ, il varie entre 32 et 34°; chez la Servaint et la depressa, il atteint presque 40°, etc.
Lomé: mom, + de Lie CE SERA ares O0 Haut. ma une ns 0 ue 0e NME 31 Épaiss. max. (à 12 des sommets, à 21 du bord antér., à 31 du rostre, 12 de l'angle post.-dorsal, et 16 1/2 de la base de la
Dennendi ae. Mr EM Le at ans ue 12 Cordeapico-rostralé ss etats 44 Dist. des sommets à l’angle post.-dors. . 21 —déd'anple au: rostré an Caen 28 Haut: dé ‘la perpendiculaire, "4e 23 Dist. de la perpend. au bord ant. . . . .. 12 — du même point de la perp. au rostre. 38 — enfin, de la base de la perpend. à
l'angle post.-dorsal 2 een 20
Lahauteur maximum (31 millim.), pourune coquille d’une taille aussi médiocre, pourrait paraître exagérée, si je ne venais expliquer que la verticale de hauteur, prise à l'extrémité du ligament, coupe, dans sa longueur, la région postérieure, par suite de sa direction descendante exagérée,; ainsi la base de cette verticale tombe à la partie inférieure du rostre.
Bord supérieur rectiligne jusqu’à moitié du liga-
EN; es
ment ; puis descendant de plus en plus, sous un contour convexe, jusqu’à la partie rostrale. Région antérieure très exiguë, excessivement décurrente à la base, d’un contour arrondi si peu ample, qu'il paraît comme subanguleux. Bord inférieur subrectiligne, fortement descendant, avec une sinuosité un peu en arrière de la perpendiculaire. Région postérieure, plus de trois fois plus longue que l’antérieure, linguiforme, si descendante que son extrémité rostrale, qui est obtuse, regarde tout à fait en bas. Sommets (excoriés) écrasés, sur lesquels on remarque des vestiges de fortes rides concentriques, régulières et très espacées. Épiderme d’un noir olivâtre, à stries très ellipsoides, grossières et squameuses. Nacre interne bleuacée. Ligament saillant. Lunule presque nulle. Cardinale dextre réduite à l’état de petit tubercule. Cardinale sénestre plus robuste, empâtée et obliquement triangulaire.
ANODONTA.:
J’ai donné l’année dernière, dans le « Naturalista siciliano » de M. Enrico Ragusa, de Palerme, une notice sur les Anodontes italiennes.
Cette notice comprenait vingt et une espèces, dont deux nouvelles, les Del Pretei et Raimondoi. Les autres étaient celles que j'avais décrites dans le premier volume de mes « Matériaux pour servir à
Fes l’histoire des MOoLLUSQUES ACÉPHALES du système européen ».
À cette époque, je ne connaissais aucunes autres Anodontes de la péninsule.
Depuis cette publication, il m'est survenu un assez grand nombre de formes, ou d'espèces, que mes amis et correspondants ont bien voulu m'envoyer, de sorte que les Anodontes italiennes ont doublé d'une année à l’autre. J’ai étudié, de plus, d’une facon plus spéciale, les ouvrages des auteurs italiens. De ces envois et de ces études il résulte ce travail nouveau, qui laisse loin derrière lui celui de 1882.
Ce n’est pas seulement la Faune des Acéphalés italiens qui s’est augmentée ainsi entre mes mains, mais c'est celle également de tout le système européen. Ainsi, en 1877, alors que je présentais cet essai sur la classification des genres et des familles, je ne connaissais que 87 Anodontes et 130 Unios, tandis qu’en 1881, grâce la générosité de mes amis, mes Unios, du chiffre de 130, s’élevaient à celui de 250, et mes Anodontes de 87 à près de 200.
Depuis j'ai reçu de tous côtés un si grand nombre d'espèces, et j'en reçois encore une si grande quantité, que mes Anodontes dépassent maintenant le chiffre de 350 et mes Unios celui de 550, soit 900 espèces pour ces deux genres, sans compter les Colletopterum et les Pseudanodonta.
Actuellement, les Acéphales de ma collection, tant Sphœridæ, Unionidæ que Mutelidæ, Ætheridæ, atteignent 1,500, et, néanmoins, je suis persuadé que je
22 Ga
ne possède pas et que je ne connais pas le quart des espèces qui existent dans le système européen. C’est ce grand nombre de formes m'arrivant à chaque in- Stant qui est la cause que je n'ai pas encore fait paraitre le second volume de mes « Matériaux » dans l'espoir de le rendre plus complet.
Je sais parfaitement qu’en publiant ces lignes, je vais causer une stupéfaction profonde aux adeptes de l’ancienne école, qui sont loin de se douter de la richesse de la faune. Mais, je dois la vérité, et bien qu'elle puisse paraitre dure, il est de mon devoir de leur annoncer que la science malacologique, telle qu elle doit être comprise, KE FAIT QUE COMMENCER.
Je n’ignore pas que la plupart d’entre eux, tout en créant des formes, souvent non basées sur trois caractéres, crient à la pulvérisation de l'espèce, sans avoir conscience qu'ils ne font pas autre chose, en publiant les leurs, que ce qu'ils condamnent chez moi. C'est là un manque de logique.
Ces personnes, du reste, ont beau jeter feu et flammes, elles ne pourront lutter contre la méthode nouvelle. Cette méthode est comme le flot qui monte, contre lequel toutes les digues de leur mauvais vouloir ne sauraient résister. Elles pourront ne pas adopter les formes de la « Giovani scuola », dénaturer même le sens des descriptions, dans l'espérance d’enrayer le mouvement, elles ne parviendront qu'à rester en arriere et à devenir incapables de publier la moindre faune. C’est déjà ce qui arrive à plusieurs d’entre elles.
SO ee
Ce qui survient actuellement pour les formes, ou espèces, s’est déjà présenté pour les genres et les familles, lorsque les savants frères Arthur et Henri Adams, de Londres, publièrent leur « Genera of shells ».
« L'apparition de cette œuvre, dit une personne des plus hostiles à la nouvelle méthode, causa une sensation profonde dans le monde malacologique. On s’étonna d’abord, eton s’irritamême, ensuite, de la multiplication excessive des genres et des sous-genres, qui venait battre en brèche les vieilles coupes de Linné, de Lamarck et de Cuvier, et qui rompait en visière avec les idées reçues et les traditions généralement admises. On finit, pourtant, par s’apercevoir que, en définitive, les deux naturalistes anglais avaient fait connaître une foule de formes inédites, ne rentrant que difficilement, et même ne rentrant pas du tout dans les anciennes coupes, etc... (Crosse, Journ. Conch., p. 92, 1879) ».
Eh bien ! il en sera de même pour les formes établies d’après la méthode nouvelle. Je ne donne pas dix ans pour que toutes soient adoptées, et pour que cette méthode ait raison de tous les récalcitrants actuels. Lorsque je dis tous, je m’'avance peut-être un peu trop, parce qu'il y en aura toujours quelques-
uns qui voudront mourir dans l’impénitence finale, où qui, par amour-propre ou par entêtement, ne changeront jamais de ligne de conduite.
L'étude des Anodontes, de même que celle des
Unios, ainsi que je viens de le montrer, est également dans l'enfance.
À part les formes italiennes publiées par les malacologistes de la péninsule, formes que j'ai adoptées parce qu'elles m'ont paru reposer sur un nombre suffisant de signes distinctifs, toutes les autres rapportées à des espèces d'Allemagne ou de France sont des Anodontes mal nommées.
Il semble résulter que les savants de l'Italie ont toujours fait bien, lorsqu'ils ont agi « pro: prio motu », et qu'ils ont toujours été mis dedans (je me sers de cette expression un peu triviale, parce qu’elle rend bien ma pensée), lorsqu'ils 6nt eu affaire aux malacologistes étrangers.
Il ne pouvait, du reste, en être autrement.
Parmi les conchyliologistes de l’ancienne école, il ne s’en trouve pas un seul capable de bien nommer un Acéphale, par cela même que tous, sans exception, ne se sont jamais donné la peine d'étudier soit la description première, soit la figure-type, et qu'ils ont toujours eu la déplorable habitude de se rapporter, sans vérification, aux déterminations données par l’auteur, comme si celui-ci était un être infaillible.
J'ai montré, dans le premier volume de mes « Matériaux », à propos des mauvaises dénominations de l’Iconographie de mon bon ami de Francfort, combien ce dernier avait été trompé, par suite de sa trop
grande confiance en l'abbé Dupuy et dans le père de la science.
Juill. 1883. 6
LR A
. Que l’on joigne à cette crédulité extrême la manie des réunions, véritable maladie endémique des gens de l’ancienne école, et l’on comprendra comment de réunion en réunion, d'approximation en approximation, l’on peut parvenir à faire dévier un type du tout au tout, surtout si ce soi-disant type, envoyé par l’auteur, n’est pas semblable à celui qui a été publié ou figuré.
Qu'un malacologiste italien vienne alors demander un conseil à un de ces savants, qu’arrivera-t-il? il sera mis dedans complètement (je tiens à mon expression), et, dans sa grande confiance en la haute science de la personne consultée, l’auteur italien signalera dans son pays des piscinalis, des ponderosa, des cellensis, des Dupuyi, sans oublier des cygnæa et des anatina qui font, chez les Anodontes, le même office que les pictorum et Requieni font chez les Unios.
Aussi ne rencontre-t-on, dans les ouvrages. italiens, que des formes mal déterminées, qu'il est impossible de citer, parce que, sous une même appellation, se cachent des formes très différentes que les auteurs n’ont pas su, où n'ont pas pu distinguer, soit parce qu’ils se sont basés sur des types faux, soit parce que, ne pouvant se reconnaitre, ils ont amalgamé en une seule plusieurs espèces.
J'ai lu et parcouru presque tous les Mémoires ou les Catalogues de ce pays, j'avoue, qu’à l’exception des formes créées « proprio motu » il est impossible
de citer une seule synonymie. Je passerai donc tous ces travaux sous le silence, sauf’ ceux de l’abbé Stabile, où se trouvent décrits et figurés quelques Acéphales sur lesquels je crois devoir émettre mon opinion.
Ainsi, dans sa Fauna elvetica (1816), l'abbé Stabile à fait connaître :
i° page 57, figure 67, sous le nom d’anatina, un jeune individu de l’anatinella ;
2° p. 58, f. 68, sous celui de glabra, une forme qui n’est pas la glabra de Ziegler ni celle de Villa, mais l’anatinella adulte ;
3° p. 96, Î. 69, sous celui de cellensis, un jeune échantillon de la Sebinensis ;
4° p. 59, f. 70, sous celui de rostrata, la Sebinensis à l’état parfait. |
Dans ses Mollusques du canton de Lugano (1859), ce même auteur a décrit :
1° p. 47 et 61, l'atrovirens de Shuttleworth, à laquelle il reconnait deux formes : une normalis et une attenuata.—L'une, la normalis (long. max. 126; épaiss. max. 44; haut. des sommets au bord infér. 62-64, haut. de la sommité de la crête dorsale au bord infér. 72-74 millim.) est plus haute, moins longue, avec un bord inférieur convexe et un rostre subrecourbé; l’autre, l’attenuata (long. max. 134; épaiss. max. 42; haut. des sommets au bord infér. 64, et de la sommité de la crête au bord infér. 68 millim.) possède des valves moins hautes, plus allongées, un bord inférieur subrectiligne, une partie rostrale droite, etc...;
Le
2° p. 47 et 61, sous l’appellation de piscinalis, deux formes distinctes, sous la désignation de variétés. savoir : À, sa variété analinella, à laquelle cet auteur rapporte ses anatina et glabra figurées (67 et 68) dans sa « Fauna elvetica » de 1846; et B, sa variété rostrata, à laquelle il réunit sa cellensis représentée (f. 70) dans sa « Fauna » citée ci-dessus. J'ai dit plus haut que cette rostrata et cette cellensis n'étaient que des Sebinensis; enfin, cet abbé mentionne à titre d’anomalie (p. 47 et 61), sous la dénomination de contracta, une troisième forme, qui, d’après les caractères signalés « rostro brevissimo, obtusissimo, ad dextram inflexo; margine anteriore, e contra, leviter ad sinistram converso » ne peut être qu’un échantillon anormal.
En résumé, les Anodontes de l’abbé Stabile sont :
1° L’ATROVIRENS de Shuttleworth (var. normalis, de Stabile);
20 L'ATTENUATA (var. altenuala);
3° L’ANATINELLA (Anod. anatina [non Linnæus], et glabra [non Ziegler, nec Villa], et piscinalis, var. anatinella);
4° La SEBINENSIS d'Adami (Anod. rostrata [non Kokeil] et cellensis [non Schrôter]).
Quant aux diverses Anodontes italiennes représentées dans l’Iconographie de Kobelt, ou dans la Monographie de Clessin, j'ai exprimé mon opinion sur chacune d’elles dans mes « Matériaux sur les Mollusques Acéphales ». Je renvoie à ce volume pour ces espèces, de même que je prie mes amis de se re-
NE en
porter également à cet ouvrage pour toutes les formes dont je ne donne pas les caractères.
Les Anodontes d'Italie, au nombre de 40, que je vais faire connaître, sont toutes établies d’après la méthode nouvelle, c’est-à-dire sont basées, pour le moins, sur trois signes distinctifs.
Ce groupe comprend des espèces caractérisées par une convexité relativement énorme égalant ou dépassant même le tiers de la longueur, et par une hauteur n'atteignant pas ou atteignant juste la moitié de la longueur. Je ne connais en Italie qu’une espèce de ce groupe.
ANODONTA DORIANA.
Anodonta Doriana, Issel, 1883.
Espèce très bombée-ventrue, d’une forme oblongueallongée dans une direction un tant soit peu descendante, à valves minces, légères, d’une coloration
foncée.
Bei en ADN Gr Las Hautsmax : | 52
Épaiss. max. (à 26 des sommets, 55 du rostre, 50 du bord antér., 28 de l’angle post.dorsal, et 35 de la base de la perpendiculaire). : 36
Come: apico-roestalésnt 406 46 495 NM
ne SU A
Dist, des sommets à l'angle postéro-dorsal. : 44
— de l'angle at rosite. 240 DE at Mréi Haut. de 4 perpendiculaire: . //,)7 6,001 Dist. de la perpend. au bord antérieur . . . 33
— du même point de la perpend. au rostre. 70
— enfin, de la base dela RTE à l’ angle postéro-dorsal . ue A: 60
Bord supérieur Deer à arqué jusqu'à Tone puis descendant sous une direction parfois rectiligne, parfois un tant soit peu concave sur le rostre. Région antérieure développée, exactement ronde. Bord inférieur à peine convexe, avec un sentiment de sinuosité en arrière de la perpendiculaire et un très faible renflement aux trois quarts postérieurs, puis remontant doucement vers le rostre. Région postérieure allongée, un peu plus de deux fois plus longue que l’antérieure, allant en augmentant très faiblement en hauteur (1 millim. seulement) jusqu’à 22 en arrière de la perpendiculaire, ensuite finissant par s’atténuer (surtout supérieurement), pour se terminer par une partie rostrale subtroncatulée, aux trois quarts inférieure.
Sommets des plus obtus, non proéminents, se confondant dans la convexité de la région ombonale, toujours excoriés et montrant une nacre noire-bronzée à reflets métalliques, sur laquelle on remarque les traces de fortes rides concentriques très espacées. Arête dorsale sensible seulement à la région ombonale. Crête légèrement comprimée vers l'angle. Épiderme d’un vert-noirâtre foncé, passant en avant en
ET un ton jaunacé, et sillonné par des stries grossières, feuilletées vers les contours. Nacre interne bleuacée un tant soit peu verdâtre, avec une large tache livide d’un jaune marron sur la surface correspondant à la région ombonale. Ligament postérieur médiocre, noir. Lunule allongée, subtriangulaire.
Cette espèce, dédiée à M. le marquis Giacomo Doria, de Gênes, a été découverte dans le lac d'Alice, près d’'Ivrée, en Piémont.
Les trois formes suivantes appartiennent au groupe
des ventricosa et gallica.
ANODONTA ATROVIRENS.
Anodonta atrovirens, Shuttleworth , et atrovirens, var. normalis, Stabile, Moll. Lugano, p. 47 et 61, 1859.
Cette grande espèce, assez bien décrite par l'abbé Stabile, vit dans le petit lac de Muzzano, ainsi que dans les fossés qui avoisinent ce lac.
Lorsque j'ai publié le premier volume de mes « Mollusques Acéphales », je ne connaissais cette forme que par une citation du malacologiste Pœætel (Cat. Conch.-Samml., p. 147, 1873).