‹ Aperçus historiques sur la boussole et ses applications à l'étude des phénomènes du magnétisme terrestre [microforme]Chapitre 2 sur 2 · D UE · texte numérisé non relu

D UE

(5) n'avaient pas devancé eux-mêmes ces peuples, il est certain pour le moins qu'ils les avaient de bonne heure dépassés et laissés fort en arrière.

Nous n'avons pas besoin de rappeler les vers galants où Gaultier d'Espinois ou quelque autre chansonnier anonyme comparaient agréablement leurs dames à l’étoile polaire, qui appelle l'aiguille aimantée comme leur beauté appelle les cœurs ; ni les vers plus malins où Guyot de Provins, qui écrivait entre 1180 et 1205, voudrait que le Pape fût aux fidèles un point de mire assuré, comme la Tramontane ou étoile du Nord l’est aux mariniers, qui même sans la voir se dirigent constamment sur elle, au moyen des indications de l'aiguille flottant en un fétu sur un vase d'eau après avoir été touchée de la mannète.

La mannète, avons-nous dit: gardons de nous reprendre pour sacrifier cette bonne et légitime lecture à celles qu’un long usage a vulgarisées sous les formes apocryphes de marinette et de manière, marinière, où aimaniere, arbitrairement introduites par des déchiffrements incertains de manuscrits défectueux ou illisibies. La mannète où magnète, c'est V'aimant, la pierre wagnetique où héracléenne que les traditions grecques font découvrir sur le mont Sipyle par un berger de la ville voisine, Magnésie ou Héraclée de Lydie.

Les allusions de nos poëtes ne se rapportent en réalité qu’au procédé rudimentaire de l'aiguille à flotteur ; mais dès le même temps l'aiguille à pivot était certainement connue des pilotes latins. On peut bien hésiter à la reconnaître dans une mention trop peu ex-

plicite de Jacques de Vitry ; mais on la trouve expressément caractérisée par Alexandre Neckam, de Saint- Alban, qui professait en l’Université de Paris de 1180 à 1187. Dans une Somme où nomenclature explicative des ustensiles et instruments de toute sorte, mise en lumière par notre savant confrère et ami Thomas Wright, de Londres, Neckam énumère, parmi les choses nécessaires au complet armement d’un navire, l'aiguille montée sur pivot, oscillant et tournant circulairement jusqu’à ce que la pointe s’arrête dans la direction de l'étoile polaire. ,

Une constatation si précise ne permet aucun doute sur l'usage consacré chez nous dès le xnr siècle, de la Boussole à pivot. Il manque toutefois à cette description un complément nécessaire, à savoir, l'indication du récipient quelconque qui avait dû remplacer le bassin à eau dans lequel fonctionnait l’ancien appareil. Ce récipient nouveau, ce fut naturellement une boîte, pyæxis, buxa ; et comme le mouvement de l'aiguille était désormais circonscrit dans un cercle déterminé, ce dut être une boîte de petité dimension, pixidula, buxula, une boussole enfin ; et voilà justement l'origine du nom que nous donnons encore aujourd'hui à l'ensemble du petit appareil magnétique renfermé dans sa boussole.

Il est une autre habitude de langage qui désigne quelquefois l'aiguille aimantée par le nom de la pierre qui lui a communiqué sa vertu directive : cette habitude est moins répandue chez nous que chez les Italiens, qui appellent fréquemment calamita, c'est-à-dire aimant, l'ago calamitato ou aiguille aimantée. La méto-

nymie est si naturelle, si vulgaire, que je m'étonne presque: moi-même de m'y arrêter, Gependant j'en ai quelque motif.

On sait dès longtemps que rien ne se répand et ne s'accrédite si aisément qu'une grosse absurdité : eh bien, à ce mot de calanita, nom italien de la pierre d'aimant, on a forgé l'étymologie la plus baroque qui se puisse inaginer,; et elle a fait fortune, si bel et si bien, que des savants très sérieux, tels que Klaproth et Humboidt l'ont répétée, sans rire de leurs lecteurs ni d'euxmêmes.

Dans la grande famille des grenouilles (il faut bien que je prononce à mon tour le mot qu'ont employé res doctes précurseurs), — dans la grande famille des grenouilles se trouvent comprises les rainettes; et parmi celles-ci, l'espèce la plus petite, parée d’une robe d’un beau vert d'émeraude, avait reçu des Grecs, qui la rencontraient d'ordinaire sur les roseaux, le surnom de calamite, dénomination gracieuse que Gmelin n'a pas craint de transporter au crapauil des joncs.

Un grave et respectable hydrograpue du xvur siècle, le père Gcorges Fournier, de Caen, qui avait lu quelque part la mention de cette grenouille verte des roseaux, la rainette calamite, s’imagina tout de suite que c'était précisément le nom de cette calamite qui avait dû être appliqué autrefois par les marins français à leur aiguille à flotteur, parce qu'elle nageait sur l'eau comme une grenouille; et de l'aiguille le nom avait sans doute passé à la pierre d’aimant elle-même. -— Aberration, niaiserie, direz-vous ? — Sans doute; mais niaiserie qui se répète par les princts de Férudition, et qui

(8) étouffe la voix du bon sens. « La pierre de iamant, ce » est calamite, » avait dit au x1n° siècle, en languefrançaise, le florentin Brunetto Latini, le maître du Dante : il eût été sage de s’en tenir là,

Avant de quitter l'Italie et le xirr° siècle, jetons encore un coup d'œil sur cette terre déchirée par les factions des Guelfes et des Gibelins. Une ville de l’Apouille, Lucera (l'antique Nuceria), conquise naguère par Charles d'Anjou, s’est révoltée en faveur de ses anciens maîtres de ia maison de Souabe, et l’armée du prince français assiége la place rebelle, pendant que Conradin approche plein de succès et d’espérances. En ce moment, au camp de siége devant Lucera, le 8 août 426$, un Français, un pélerin, Pierre de Maricourt, achevait d'écrire un traité De l’aimant, adressé à un chevalier de ses amis, Syger de Foucaucourt, resté peut-être dans leur patrie commune, la Picardie. où les domaines de Maricourt et de Foucaucourt s’avoisinent non loin de Péronne.

Une méprise de lecture ou de copie a fait, un jour, de l’épitre de Pierre à Syger l'œuvre d'un fantastique Pierre Adsyger, dont le nom apocryphe n'a pas manqué d’être répété, propagé, consacré, comme se propagent et se consacrent toutes les bévues, sans que la correction que Libri à faite de celle-ci l’ait empêchée see es encore qans le monde te

en mn es em ne me came

mant daté de 1268 et accompagné de ] plusieurs figures explicatives. — La Société de géographie a bien voulu accepter, pour l'insérer dans un complément prochain

cf LE

Pen

VAR Ed CES

Lise Ée ër S Nr S ÉRECLE E É

(9) du tome VII de ses Mémoires, une copie plus exacte

ct plus compiète que toutes les éditions mutilées qui L ont été données jusqu'à ce jour, d’un si précieux 4 monument des connaissances magnétiques de l'Euê rope au moyen âge.

Û L'auteur y décrit la pierre d’aimant, que les marins 4 du nord apportaient sur les côtes de Normandie, de L # Picardie, et de Flandre ; il nous dit] la manière d'en

# reconnaître les pôles. et de déterminer la tendance

r respective de ceux-ci vers l’un ou l'autre des pôles du monde ; aonde; l'attraction mutuelle des aimants s par leurs

pôles opposés, et leur ue et leur répulsion n mutuelle autuelle par les pôles semblables ; la polarité du fer touché de l’aimant ; les attractions et les répulsions réciproques entre l'aimant et le fer, de même qu'entre les fractions diverses d'un seul aimant brisé. Il enseigne aussi la construction d’une boussole à aimant naturel fixe, destinée à flotter sur l’eau, et celle d’une autre boussole meilleure et plus efficace, munie d’une aiguille aimantée adaptée à un pivot.

’ & Il ya ici à noter cette particularité remarqnable, î qu'il ne s’agit pas d'une aiguille indépendante portée en équilibre sur un pivot fixe, mais bien d’une aiguille fixée à demeure au travers d’un axe mobile, qui pivote lui-même avec elle entre les deux faces internes de la boussole, comme dans les nouveaux compas de mer 4 fabriqués par l'habile artiste anglais Frédéric Dent en vue de rendre l'aiguille moins vo/ase, Le limbe de l'instrument était divisé en quatre qnarts,

snbdivisés chacun en quatr e-vingt- dix degrés grurnés

de cinq en cinq sous le nom de points. Le limbe des

o & Dom

= FR a pe

af »

Si:

se

se

( 10 ) boussoles modernes ne présente guère : non pius que la division en degrés, à abandonnant exclusivement aux ompas de de route des nr marins Ja division corrélative à la FE des vents, dont ilr il nou: nous . faut ici ici dire un mot.

Elle n’est pas mentionnée encore dans le traité de Pierre pélerin, mais elle est invariablement marquée sur toutes les cartes nautiques qui nous sont par venues, et dont les plus anciennes sont génoises et portent la date de l’année 1318 : c’est donc, au plus tard, dans l'intervalle de 1268 à 1318 que s’est établi l’usage de joindre, à l’aiguille aimantée de la Boussole, une Rose des vents.

Mais d’abord, qu'est-ce que cette Rose des vents, et d’où est-elle venue? Grand sujet de controverse entre les marins du Nord et ceux du Midi, entre les ponentais et les levantins.

La lose ou Étoile nautique est en effet une sorte de rosace ou (l'étoile à rayons multiples, dont chaque pointe marque la direction d’un vent déterminé. Or la nomenclature de ces vents est ainsi réglée, qu'on y reconnait huit verts principaux occupant chacun une aire de 45° du cercle entier ; ces huit vents se subdivisent en seize demi-vents, dont l'aire n'est plus que de 22 degrés et demi du cercle ; et ils forment euxmêmes trente deux quarts de vent, dont l'aire se réduit à 44° 1/4 du cercle entier,

Ce simple exposé suffit pour donner gain de cause aux marins de la Méditerranée, qui seuls ont réellement un nom radical pour chacun des huit vents principaux ; tandis que les ponentais ne possèdent de noms simples,

À Fa

dé

Fa Li:

e de ol }r la In y une bdique euxduit

ause nent AUX ; ples,

(11) aujourd’hui comme au temps de Charlemagne, que pour les quatre vents cardinaux, à l'égard desquels les quarts de vent de la Rose ne sont pourtant, à proprement parler, que des Auitié.nes.

Il faut donc reconnaitre que la Rose de trente-deux quarts de vent est née dans la Méditerranée ; et nous pourrions être tenté d'en concéder l'invention à l’amalfitain Flavio Gioïa, qui florissait vers 1500, et qu'on désignait au xv' siècle comme l'inventeur de la Boussole ; mais que des vérifications successives ont progressivement dépouillé de ce titre, grauuellement amoindri, d'abord quant à l'application première de l'aiguille aimantée à la navigation, puis quant à la substitution d'un pivot à l’ancien flotteur, puis encore quant à l'inclusion de l'appareil dans une boîte. Malheureusement il ne parait pas mieux fondé à revendiquer l'invention de la Rose, puisque Raymond Lulle, dans des livres écrits en {286 et 1295, mentionne expressément, parmi les objets qui servent aux marins à régler leur route, l'Étoile nautique (Stella maris) qui n’est autre que la Rose des vents adapiée à la Boussole (/« Stella temperata da calamita, comme la désigne plus tard le poëte florentin Dati); d’où il faut conclure que l'usage de cette Rose s'était répandu dans la Méditerrannée antérieurement à Gioïa, très peu de temps après la date du traité Ve l'aimant de Pierre pélerin.

Mais ce qui donne pour 1ious à cet écrit une importance spéciale, c’est la meution expresse. d'une déclinaison de l'aiguille, du sud vers l'ouest et du nord vers l'est, constatée par des observations directes et réité-

(12) rées d'azimut, et mesurée par un arc d'environ un point

ei demi, de 5 degrés au point, Bien plus, il résulte des explications de l'écrivain picard, que la méthode de corriger les Boussoles d’une quantité égale à la déclinaison, était alors connue et pratiquée.

Des témoignages ultérieurs constatent que ce procédé de correction n’était ni uniforme ni universel, et que des usages divers s'étaient établis à cet égard autour de quelques grands centres maritimes, la mer du

Nord avec ses Boussoles flamandes admettant une correction plus forte, et l'océan occidental avec ses Boussoles rochellaises une correction moindre, tandis que

la Méditerrannée avec ses Boussoles génoises excluait

toute correction.

Ces divergences, dont l’écrit de Piérre pélerin nous :

laisse apercevoir un premier indice, étaient déjà en fait une constatation implicite de la différence de déclinaison entre les divers parages où il en était tenu compte ; mais il nous faut descendre jusqu'à la grande traversée atlantique de Christophe Colomb pour en trouver une mention catégorique, provoquée cette fois par un changement plus frappant qu'il n'avait été donné aux pilotes antérieurs d'en remarquer aux atterrages d'Europe. L'immortel découvreur vit ses Bous-

soles flamandes et ses Boussoles génoises, les unes dis-

tançant les autres de tout un quart de vent, accuser

successivement la rencontre d’un méridien exempt de

déclinaison, après leq uel une déclinaison nouvelle se développait au nord-ouest.

Un autre grand découvreur, contemporain de Colomb et devancier de Vespuce, Sébastien Cabot (qu'il

ë ee.

#e LA nes

faut se garder de confondre, comme l'ont fait trop souvent des écrivains inattentifs, avec l'amiral de France Philippe de Chabot), Sébastien Cabot, méditant sur les diversités de déclinaison correlatives aux diversités de lieux, crut avoir découvert la loi de leur répartition sur le globe, et les représentait en conséquence par de grands cercles convergeant en commun vers deux pôles magnétiques distincts des pôles de rotation de la terre ; et cet arrangement , reproduit à différentes fois avec les perfectionnements graduels que les résultats de l'observation effective inspirèrent tour à tour, notamment à Ghurchman et à Yeates, est devenu de nos jours, sous la main habile et savante de Duperrey, l'expression la plus complète et la plus vraic de l'ensemble des déclinaisons observées.

Cependant, un des compagnons de Cabot, le cosmographe espagnol Alphonse de Santa-Cruz, dit-on, pointait ces déclinaisons dans ses cartes sous une autre forme, qui fut, à un siècle d'intervalle, l'origine des courbes chalyboclitiques du jésuite milanais Christophe Borri, plus tard renouvelces {et non inventées comme on l'a cru) par le célèbre Halley, dont elles prirent le nom ; Humboldt'a proposé de les appeler ésogoniques. Il en a été successivement fait de nombreuses éditions, renouvelées à leur tour pour des dates de plus en plus

voisines de nous, sous la garantie des noms, chers à la

science, de Hansteen, de Barlow, d’Erman, de Sabine, jusqu'à la carte toute récente de Frédéric Evans comprise dans les publications de l'Amirauté anglaise. Gette rénovation périodique est la suite nécessaire d’un phénomène dès longtemps accusé par lés Bous-

(14) soles, mais toujours méconnu, jusqu'à ce qu'en 1634 il frappât enfin de son évidence Henri Gellibrand à Londres, et bientôt après, en France, le célèbre Gassendi. Alors seulement il demeura constaté que la déclinaison de l'aiguille aimantée, qu’on savait changer d'un lieu à l’autre, changeait aussi dans un même lieu

suivant le cours des années, et qu'il fallait en consé-

quence tenir compte d’un élément de plus dans l'étude des variations de la Boussole. Et les observations de-

venant de jour en jour plus attentives, plus délicates et plus suivies, Georges Graham eu 1725, et Jacques- Dominique Cassini (Cassini IV) en 1786, surprirent dans la marche de l'aiguille aimantée d’abord un balancement correlatif aux heures de la journée, puis un autre balancement correlatif aux saisons; et les savants eurent ainsi désormais à étudier la déclinaison de la Boussole en chaque lieu, sous le triple rapport de la marche diurne, de la marche annuelle, et de la marche séculaire.

D'un autre côté, pendant que Gabot et Santa-Cruz s'appliquaient à coordonner en méridiens magnétiques ou en courbes isogoniques les déclinaisons horizontales observées sur les divers points du globe, George Hartmann, de Nüremberg, avait déjà remarqué, en 1543, qu’une aiguille posée en équilibre sur un pivot, inclinait au-dessous de l'horizon, dès qu'on l’aimantait, la pointe dirigée vers le pôle; et le crémonais Affaytato, en 4547, adressait au pape Paul III un petit traité sur le phénomène spécial de la descente de l'aimant vers le pôle, près de trente ans avant que Robert Norman, que

(15) proclame la commune renommée, crût avoir fait la découverte de cette nouvelle propriété attractive {New Attractive, 1576). L'observation ne tarda pas à démontrer que l'inclinaison croissait en allant vers les pôles, et Castelfranc puisa dans cette notion l'idée d’un équateur et d’une double série de parallèles pour compléter avec les méridiens de déclinaison tout un système de coordonnées magnétiques. Mais ces parallèles nouveaux sont bien loin d'offrir la régularité qu'il leur supposait, et Huinboldt avec juste raison a préféré pour eux la dénomination de courbes ésocliniques ou d'égale inclinaison. Le suédois Wilcke, en 1768, en publia le premier une carte spéciale, successivement perfectionnée jusqu'à celles de Duperrey et de Sabine. D'autre part, enfin, l'étude du phénomène de l'inclinaison avait conduit à remarquer Îes oscillations plus ou moins vives par lesquelles l'aiguille, dérangée de sa direction normale, manifeste l'intensité de la force magnétique qui la sollicite à y revenir. Ge fut un nouveau sujet d’investigations spéciales ; et le célèbre astronome Whiston s'occupait d'en rechercher les lois plusieurs années avant les observations de l’horloger Graham, vulgairement signalées comme le point de départ de cette étude. Elles se sont depuis lors suffisamment multipliées pour rendre possible le tracé, sur des cartes, des lignes isodynamiques, ou d'égale intensité, telles que nous les ont offertes Duperrey et Sabine,

Ici doit être le terme de ces aperçus rapides sur l’histoire de la Boussole et de ses applications à l'étude des phénomènes du magnétisme terrestre, dont elle

( 16 ) révèle les deux éléments fondamentaux, la direction et l'intensité. L'histoire des travaux qui se sont produits à la recherche des causes et des lois de ces phénomènes, appartient à une sphère plus élevée, dont les calculateurs et les physiciens se partagent le domaine : ceux-ci appliquant les forces de leur esprit, la puissance de leur génie, à créer des théories explicatives; ceux-là bornant leur prétention à déterminer la formule mathématique suivant laquelle se trouvent mutuellement enchainées les observations recueillies. C’est aussi une histoire pleine de faits oubliés ou méconnus ;

mais il ne nous est pas donné de nous y arrêter aujourd’hui.

ee mme ee ee + ee een

Page 1