MALADIES QUI PEUVENT SIMULER L’HYDROCÉPHALE AIGUE
Plusieurs maladies graves de Pappareil cérébral peuvent simuler îhydi acéphale aiguë .-ainsi la phrénésie annoncée par la douleur vive de la tète, le pouls serré, petit, fréquent, le délire sourd, l’assoupissement , la prostration des forces, une roideur tétanique des muscles du cou et de la mâchoire; 1 endolorissement de tout le cuir chevelu et de la peau du cou , offrent une grande partie des caractères qui appartiennent à l’hydrocéphale aiguë, par laquelle elle se termine d’ailleurs très-souvent. En un mot , quand on compare la marche de ces deux maladies, les sujets qui en sont plus particulièrement atteints, les causes qui les déterminent , les symptômes qui les signalent, on est conduit a les considérer comme deux maladies de la même nature, différent seulement entr elles par plus ou moins d’intensité, et pouvant sans inconvénient être confondues sous le rapport du traitement, attendu que le même peut leur être appliqué. Après la phrénésie , se présente la fièvre ataxique»
Celte grave maladie a tant de points de ressemblance avec l'hydrocéphale aiguë, qu’un bon nombre d’auteurs n’ont considéré cette dernière maladie que comme une conséquence , une suite de la première. Mais, la question envisagée sous un autre point de vue , cette similitude de deux maladies semble autoriser l’opinion de ceux qui professent que les différentes espèces de fièvres ataxiques et adynamiques ne sont que des variétés d’une fièvre symptomatique qui tient à l’irritation plus ou moins intense, plus ou moins étendue de l’encéphale et de ses membranes. Tout en partageant ce sentiment, nous ajoutons que ces fièvres peuvent non-seulement se développer sous 1 influence de pareilles causes, mais aussi être déterminées dans quelques circonstances par 1 inflammation de la membrane muqueuse de l’estomac, et surtout de celle des intestins. Or , sans nous attacher à faire ressortir les légères différences qui existent entre l’hydrocéphale aigue et certaines espèces de fièvres ataxiques; sans vouloir ici discuter les opinions qui divisent encore le monde médical sur la nature des fièvres, nous ne pouvons nous empêcher de dire en passant, qu il faut plus spécialement s’attacher aux faits, sans trop s’arrêter aux dénominations, qui, dans l’ordre nosologicpe, sont créées pour aider la mémoire de 1 élève,
plutôt que pour éclairer la théorie du praticien. L’apoplexie, les convulsions, peuvent plus ou moins simuler l’hydrocéphale aiguë ; mais de tous les états pathologiques qui peuvent induire en erreur le médecin dans le diagnostic de l’hydrocépliale aiguë, la présence des vers dans le tube intestinal occupe la première place. En effet , les affections vermineuses attaquent l’enfance de préférence; elles se manifestent au moment de la dentition , et, aux époques où il se fait quelques révolutions dans notre organisation, elles compliquent la plupart des maladies. En agissant à la manière des corps irritans, les vers peuvent devenir cause déterminante d’une foule d’affections graves.
"Voici les principaux signes que les auteurs donnent comme annonçant leur existance : la
couleur du visage s’altère, il devient tantôt rouge, tantôt pâle, tantôt plombé; un demicercle azuré se remarque sous les yeux , ils perdent leur vivacité ordinaire, ils prennent un caractère langoureux et mourant, ils sont fixes; les paupières inférieures se gonflent et les pupilles se dilatent très-évidemment, d autrefois elles deviennent jaunâtres , et la même teinte se répand sur tout le blanc de l’œil ; il y a des démangeaisons insupportables vers les narines , et des hémorragies nasales; les maux de tête sont fré-
quens, la bouche se remplit de salive, Fhaleine est fade et nauséabonde ; il y a craquemens des dents pendant le sommeil qui est inquiet et agité ; enfin, Y éjection des vers par la bouche ou par le rectum. À ces signes viennent s’en joindre une fouie d autres, qui sont le résultat de faction sympathique de l’appareil digestif sur tous les autres appareils d’organes , qu il serait fastidieux d’énumérer ici(i). Toutefois, il est bon de dire qu© la plupart des auteurs qui ont écrit sur les affections vermineuses , ont singulièrement outré les accidens déterminés par la présence des vers ; et plus dune fois, dans leurs descriptions, ils ont confondu plusieurs maladies en une seule , et ont mis sur le compte des vers une foule de phénomènes morbifiques qui tenaient à toute autre cause qu’à l’action de ces animaux sur la muqueuse gastro-intestinale.
Les signes qui font reconnaître la présence des vers dans le tube intestinal , réduits à leur plus simple expression, sont loin de pouvoir être comparés à ceux qui annoncent l’altération toujours grave des différentes parties de l'appareil cérébral : ici , il y a trouble plus ou moins pro-
(i) Voyez Wedely Welthoff , Van-Doeveren , Bréra , et le Mémoire du docteur Gintrac, couronné par la Société de médecine de Caen.
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sioncé des facultés intellectuelles ; l’assoupisse* ment est profond et tient du coma; les douleurs de tète sont violentes, elles arrachent un cri particulier à l’enfant ( i ) ; il porte sans cesse les mains à la tète comme pour s’arracher la cause de son mai; le pouls est irrégulier et change d’un instant à Fautre; les maux de coeur, les vomissemens, les défaillances ont un caractère qui décèle le danger imminent. Dans la présence des vers dans le tube digestif, les phénomènes sont fugaces, passagers; ils semblent, si nous pouvons employer cette comparaison, n appartenir qu’à une affection de surface, tandis que ceux qui signalent l’hydrocéphale aiguë, annoncent une maladie qui frappe des organes dans toute leur profondeur: en un mot, l'assoupissement , l’haleine fétide, les hémorragies nasales, la démangeaison des ailes du nez , le dégoût, certains mouvemens convulsifs, sont loin de ressembler aux symptômes de l'hydrocéphale aiguë.
La fièvre cérébrale (dit le docteur Gintrac dans son Mémoire sur cette question, couronné par la société de médecine de Caen ) , est accompagnée d’une exaltation manifeste de 1 énergie vitale; aussi, s’entoure-t-elle de tout l’appareil
(0 M. Coinclet a trouvé ce cri tellement caractéristique qu’il P a nommé liydreucéphaiique.
des maladies inflammatoires , et inspire - 1 - elle au praticien prudent des craintes qui souvent ne sont que trop bien fondées. Les affections causées par les vers intestinaux sont loin de présenter des apparences analogues ; elles semblent plutôt se rapprocher des névroses, surtout en ce qui concerne les lésions des fonctions cérébrales ; aussi en offrent-elles la mobilité et ne font-elles pas naître , dans la plupart des circonstances 9 l idée d un imminent danger.
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