‹ Aperçus théoriques et pratiques sur les causes, la nature et le traitement de l'hydrocéphale aiguëChapitre 13 sur 44 · ÉVACUATIONS SANGUINES · texte numérisé non relu

ÉVACUATIONS SANGUINES

L’hydrocéphale aigue est une maladie inflammatoire des membranes du cerveau. Si Ton mettait en doute cette vérité, il suffirait, pour s’en convaincre, de parcourir la plupart des auteurs qui en traitent; aussi, tous ont conseillé la saignée, mais tous ne sont pas d’accord nisur l’espèce, ni sur le lieu où il convient de la pratiquer.

En principe général , nous pensons que Sa saignée avec la lancette , soit que Ton ouvre la veine, soit que I on ouvre l’artère, doit être réservée pour combattre les inflammations qui siègent dans les organes parenchymateux, telles que l’hépatite , la pneumonie , la céphaîite , la néphrite : tandis que la saignée avec les sangsues ou avec les ventouses, est plus indiquée dans le traitement des inflammations des membranes , telles que Ihydroeéphale aiguë , la pleurésie, la péritonite, la gastro-entérite. Nous prévoyons d’avance combien la manifestation de ce principe va trouver de détracteurs, mais nous nous en référons aux praticiens observa teurs, bien persuadés que le plus grand nombre partage notre opinion (i).

(i) M. le docteur Chardon, aujourd’hui médecin à

Des les premiers signes de congestion vers la tête, signes que nous avons indiques, il faut appliquer les sangsues derrière les oreilles , sur l’apophyse mastoïde, en proportionner le nombre avec 1 âge de l’enfayLt, la période, l’intensité de la maladie et la constitution du malade. Audessous de 7 ans, on peut en appliquer deux de chaque coté ; au-dessus de cet âge, et jusqu’à i4 ans, on peut en, conseiller six à dix de chaque coté : quelques auteurs portent ce nombre plus loin.

Quant au temps qu’il faut laisser couler le sang , il est impossible de le fixer.

Il arrive quelquefois que, malgré tous les efforts que I on fait pour arrêter le sang , il coule

Chasselay, dans un Mémoire présenté à la Société de médecine de Lyon, pense que dans les phlegmasies des membranes séreuses on doit préférer les saignées locales aux saignées générales. M. le docteur Gabiîlot , praticien distingué de cette ville, dit, dans le Rapport sur ce travail , que la doctrine professée par M. Chardon est confirmée par l’expérience journalière. ( Compte-rendu des trac. de la Société de méd. de Lyon , par M. Pichard , secret, gén. 1826.)

Alphonse Leroy combat, dans sa Médecine maternelle , Vopinîon de ceux qui veulent qu’on ouvre la veine dans les maladies de la tête, chez les enfans, il préfère les sangsues derrière les oreilles ( page 270 et suiv, ).

plusieurs heures : loin de considérer ceci comme un accident, 1 hémorragie devient souvent une cause de salut pour le malade.

Dans la division qui est confiée à nos soins à l’Holel-Dieu , nous avons fréquemment occasion de faire remarquer aux élèves qui suivent notre visite les bons effets de cette préférence accordée aux sangsues (i). Si nous admettons quelques exceptions à ce point de pratique, elles sont rares, et nous ne nous décidons à ouvrir la veine que dans le cas d'un tempérament éminemment sanguin , comme on 1 observe quelquefois dans les premiers temps de I âge viril, ou dans la circonstance où une inflammation parenchymateuse viendrait compliquer fhydrocéphale aiguë; ici, comme dans toutes les phlegmasies de cette espèce, la saignée générale doit toujours précéder la saignée locale , à moins d'une grande débilité du sujet. Si l’hydrocéphale aiguë se développait chez une jeune fille à l’approche de la puberté, il conviendrait de débuter par 1 application des

(i) Je dois des remercîmens à MM. les chirurgiens internes qui m’ont secondé dans mes recherches sur PB y~ drocéphale ; et ici j’éprouve le besoin de nommer MM. Glerjon ? aujourd’hui professeur d’anatomie à l’école de dessin de cette ville ? Col rat , Perrod, Raymond , Blanc et Fauîcoru

sangsues aux cuisses ; meme méthode serait suivie si la maladie reconnaissait pour cause la suppression des menstrues. Voilà pour ce qui regarde 1 hydrocéphale aigue idiopathique; mais dans 1 hydrocéphale sympathique, qui se développe dans le cours de la gastro-entérite, c’est à F épigastre et sur l'abdomen qu’il faut d abord les faire mordre et en grand nombre. Le mal est dans l’appareil digestif, et ce qui se passe du côté de l’appareil cérébral n’en est que le reflet pathologique, ce n est que plus tard qu’il faut les appliquer derrière les oreilles.

Le sont-là les élémens de la médecine pratique, élémens dont on ne saurait trop se pénétrer , puisque la mission du médecin est de guérir le plus souvent possible.

Quelques praticiens conseillent de faire un grand nombre de scarifications sur la tête , après l avoir rasée. Nous n'avons jamais employé ce moyen, et nous pensons que la facilité que 1 on a d’appliquer les sangsues sur cette région doit faire abandonner cette médication. Nous avons vu les sangsues appliquées sur le cuir chevelu réussir merveilleusement entre les mains de M. le professeur Récamier , l’un des praticiens de la capitale les plus riches en moyens thérapeutiques.

Les ventouses sont rarement employées dans

le traitement de l’hydrocéphale aiguë : c’est un faible moyen, que l’on peut toujours remplacer par d’autres plus actifs. Les auteurs conseillent les ventouses chez les sujets faibles, débiles, qu’on ne veut pas affaiblir par des évacuations sanguines plus abondantes : c’est à la nuque, aux tempes, sur le devant et le haut de la poitrine et les épaules qu’on les applique le plus ordinairement. On fait précéder leur application de légères mouchetures à l’aide de la lancette ou du scarificateur , instrument d’ailleurs plus en usage chez les Anglais et les Allemands qu’en France. MM. Sarlandière et Demours en ont imaginé un plus commode que celui dont on se sert depuis plusieurs siècles ; cet instrument a reçu les honneurs de 1 expositition , et a été proposé pour remplacer la sangsue. Employé ici par M. le docteur Lusterbourg, ce praticien distingué n’en a pas retiré tout l’avantage qu’il en attendait.

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MEDICATIONS

RÉVULSIVES ET DERIVATIVES

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