‹ Aperçus théoriques et pratiques sur les causes, la nature et le traitement de l'hydrocéphale aiguëChapitre 14 sur 44 · VÉSICATOIRES · texte numérisé non relu

VÉSICATOIRES

Parmi les moyens puissans indiqués dans le traitement de l'hydrocéphale aiguë, les vésicatoires doivent être placés immédiatement apres les évacuations sanguines; aussi tous les auteurs les conseillent-ils, mais il n’est pas toujours facile de partager leur opinion sur le lieu où il convient de les appliquer : le plus grand nombre veut que I on choisisse de préférence les tempes, la nuque, le derrière de 1 oreille, la tête et les cuisses. Noire pratique nous a appris depuis long-temps à préférer la partie interne du gras de la jambe ; nous pourrions citer plus de cent faits recueillis, soit dans les hôpitaux, soit en ville, où cette médication a été suivie du plus heureux succès. Ainsi , dès le début de la maladie , nous faisons appliquer les sangsues derrière les oreilles elles vésicatoires aux jambes; généralement nousne les laissons que 1 2 heures. Les extré-

miles abdominales sont incontinent enveloppées de coton carde et de taffetas cire. Nous suivons celle méthode pour tous les enfans qui présentent la plus légère apparence de congestion cérébrale , et nous n’avons jamais eu à nous repentir de cette conduite. Nous ne partageons pas l’opinion de ceux qui disent que l’effet du vésicatoire est le meme que celui du sinapisme : le dernier augmente l’érçthisme général, il porte sur le système nerveux de la vie animale ; le premier dérive plus lentement et plus sûrement , et puis, il détermine pour quelques heures une irritation de la vessie qui étend le cercle 4e dérivation et devient encore utile pour rompre la direction des fluides vers la tête.

Nous parlons ici de l’avantage que l’on retire du vésicatoire dans l’hydrocéphale aiguë idiopathique; il devient nuisible dans l’hydrocépaie sympathique , qui se deveîoppe dans le cours de la gastro-entérite. Dans cette espèce , nous l’avons vu augmenter toujours 1 irritation gastro-intestinale, par conséquent les phénomènes hydrocéphaliques , et la saine pratique l’a proscrit en pareil cas, surtout pendant* la période d’irritation; ce n est que passé ce temps qu’on peut [ appliquer avec quelque avantage. Dans cetle espèce comme dans la première , on obtient un résultat avantageux de l’emploi du coton cardé

et du taffetas ciré sur les extrémités inférieures. Aux sangsues à l’épigastre et sur l’abdomen on ajoute les fomentations, les cataplasmes émoiliens sur le ventre; on y joint les laveinens de meme nature et les bains tièdes. L’été de 1826, qui fut remarquable par de fortes et de longues chaleurs , nous mit à même de recevoir , dans nos salles à 1 Hôtel - Dieu , environ cent cinquante* malades, atteints de la lièvre cérébrale, avec inflammation de la muqueuse des organes digestifs : nous retirâmes les plus grands avantages de l'indication de ce dernier moyen.

Or, le vésicatoire doit toujours être appliqué •aux jambes, excepté le cas où la maladie reconnaîtrait pour cause la répercussion de quelque espèce de teigne ou de quelque autre maladie cutanée : nul doute qu’ici il ne fallût appliquer le vésicatoire sur la tête ou sur le lieu ou siégeait l’ éruption répercutée. Nous avons vu cette méthode suivie par M. Bouchet, dans un cas de répercussion d’achores , faire cesser les symptômes cérébraux qui en avaient été la suite.

Dans une hydrocéphale aiguë, arrivée à un état qui semblait désespéré, M. Gilibert, appelé en consultation , indiqua un vésicatoire sur le bas-ventre qui fit cesser le délire , le coma et successivement tous les symptômes qui caractérisaient la maladie.

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