VINGT-TROISIÈME OBSERVATION
Marie Gonin, ouvrière en soie, âgée de 17 ans , réglée à i5 ans et dès-lors régulièrement tous les mois, éprouvait depuis quelques jours une pesanteur de tête qui la disposait au sommeil, lorsque tout-à-coup elle fut saisie par un frisson d’une heure, qui ne fut point suivi de chaleur , mais d’un assoupissement profond ( coma ) , d’un pouls serré et donnant 100 pulsations par minute. On appliqua de suite la moutarde aux extrémités, et quatre sangsues à chaque cuisse. Je prescrivis les boissons mucilagineuses et tempérantes , et un julep acidulé.
Le 2.ti jour, même état du pouls, coma toujours plus profond , déglutition difficile et avec bruit, soubresaut des tendons, pupille dilatée, immobile, insensible à la lumière; surdité, langue nette, humectée, n’annonçant aucun signe d’irritation du côté de l’appareil digestif; extrémités abdominales froides , ventre aüaissé , libre ;
déjection involontaire des urines et des matières fécales. ( Quatre sangsues à chaque tempe , vésicatoires aux jambes et à la nuque, fomentations émollientes sur le bas ventre, mêmes boissons continuées, quelques tranches dorange. )
Le 3.e, 4.% 5.e et 6.e jour, même état: quinze grains de calomélas porphyrisé , mêlés à la gomme arahique , étendus dans 4 onces de looch blanc et administrés par cuiller à bouche d'heure en heure; déjections alvines abondantes toute la nuit; ventre légèrement météorisé, douloureux au toucher.
Le 7.®, cessation de tous les accidens du côté de la tête , remplacés par ceux qui appartiennent a la gastrite; pouls large , mou , moins fréquent; langue blanche dans sa moitié , et rouge sur ses bords; gastralgie, céphalalgie; boissons mucilagineuses et tempérantes données abondamment, fomentations émollientes.
Le 8.e, q.e et 10.% mieux progressif.
Le 1.4.% convalescence.
Le 20.% guérison.
VINGT-QUATRIÈME OBSERVATION (i).
Royer , âgé de trois ans et demi , d’une intelligence précoce et d’une grande vivacité , avait à plusieurs reprises présenté des symptômes non équivoques de la présence des vers dans les intestins. Depuis plusieurs jours, il était morose, sans appétit, urinait difficilement, avait le ventre resserré et llialeine très-acide , lorsqu’il fut pris d’un assoupissement qui 1 obligea à garder le lit.
La face était alternativement pâle ou injectée, le front brûlant ou dépourvu de chaleur; les yeux entr’ouverts,la pupille dilatée, peu mobile sous l’influence de la lumière, et à moitié cachée par la paupière supérieure. L’enfant montrait sa langue quand il y était invité ; les pieds étaient froids , la respiration stertoreuse , les pulsations carotidiennes proportionnellement plus fortes. Parfois , il faisait entendre des soupirs, même des cris : alors il avait.de légers mouvemens convulsifs ; presque constamment on pouvait remarquer des agitations spasmodiques dans les doigts, ou des soubresauts dans les tendons ; l’enfant était constipé , la pression
(i) Recueillie par M. Fouilioux , D. M. P.
abdominale ne faisait pas gripper la face, et la langue était humide sans rougeur morbide. ( Lavement d'assa-fœtida pour m'éclairer sur la présence des vers. )
Le lendemain, peu de changement dans l'état du malade ( Une sangsue derrière chaque oreille ; ouates de coton et taffetas ciré aux pieds; infusion de fleurs de tilleul et de feuilles d'oranger.)
Le 3.y jour, diminution très-marquée des mouvemens convulsifs; l'état comateux continue. ( Vésicatoires aux jambes, lavemens avec la manne. ) La maladie reste au meme degré pendant trois jours , et dans cet intervalle on observe quelques accès spasmodiques. ( Matin et soir une pastille avec un grain de calomel , fondue dans une cuillerée à bouche de l'infusion. ) Diminution progressive des symptômes ; enfin , vers le quatorzième jour , convalescence.