‹ Aperçus théoriques et pratiques sur les causes, la nature et le traitement de l'hydrocéphale aiguëChapitre 44 sur 44 · TRENTE-TROISIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

TRENTE-TROISIÈME OBSERVATION

Horace Gulston, âgé de 12 ans, doué d’un tempérament nerveux, d’une imagination vive, ayant déjà donné des marques d’une grande aptitude pour l étude des langues , tombe malade en voyage; arrivé dans un hôtel de petite ville, au lieu de lui procurer un médecin , on lui amène un apothicaire, qui de suite lui administre force thé, force élixir purgatif , etc. etc. Le malade , placé dans une voiture bien suspendue , les pa~ rens continuent leur voyage , et arrivent à Lyon

dans un bon hôtel ; le soir meme de leur arrivée, je suis appelé auprès du malade. Voici dans quel état je le trouvai ( c’était le 4«e jour du début de la maladie ) : Coucher en supination, face grippée , yeux hagards , pupilles resserrées et immobiles , ventre météorisé et douloureux; pouls dur, régulier, donnant 1 4° pulsations par minute; langue jaune dans le milieu, et rouge sur les bords , tremblante , contractée vers sa base ; déglutition difficile et avec bruit, vomiturition ; déjections alvines involontaires , les matières vertes et répandant une odeur fétide; délire permanent , furieux , efforts continuels pour sortir

Ée son lit, voulant frapper indistinctément sa 1ère qu'il chérissait en santé, sa garde et ses frères; peau brûlante et sèche. (Boissons mueiîagineuses, julep calmant, composé avec l'infusion de tilleul, l'eau de Heurs d’oranger et le sirop de violettes; 12 sangsues sur l épigastre , fomentations émollientes sur l'abdomen; cataplasmes de riz saupoudrés de moutarde , appliqués à la plante des pieds, et renouvelés de temps en temps ; glace sur la tête. ) Les 5 , 6, 7,8,9, 10, ii, 12, i3, iz£et i5, peu de changement. (Même traitement, les sangsues exceptées.)

Le' 16, langue sèche, couverte dans le milieu d'une eschare noire, dents fuligineuses, affaissement subit du ventre, coma profond, air hébété.

mouvemens convulsifs des yeux ; pouls faible , donnant i oo pulsations par minute. (Sinapismes aux extrémités, vésicatoires aux jambes, infusion de feuilles d oranger et d’arnica-montana , lavemens de quinquina et de graines de lin. )

Les 17 et 18 , même état, cris aigus, mouvemens automatiques des mains vers la tête, yeux chassieux , ternes , insensibles à la lumière. (Même traitement. ) Nuit orageuse.

Le 19, retour du météorisme, coma moins prononcé , surdité complète , urines toujours rouges et rares , déjections alvines moins fréquentes, la matière rendue jaune est liée. (Boissons douces, bouillon de poulet, julep mucila^ gineux. ) Les vésicatoires fournissent un pus abondant et légèrement sanguinolent.

liés 20, 21 et 22, retour de fouie , abolition de la mémoire ; le malade 11e répond que par signes aux questions qu’on lui fait, mais il ne peut se rappeler d’un seul mot des langues qu’il connaît; il reste ainsi muet par perte de mémoire jusqu’au 28.° jour de sa maladie; alors il commence à se rappeler sa langue maternelle, qui est la langue anglaise , et successivement les langues française , allemande , etc. La convalescence commence; les fonctions se rétablissent par degré les unes après les autres ; l’appétit se

fait sentir, la digestion est bonne et facile, et la guérison arrive incontinent.

Nous nous bornons à ce petit nombre d’observations: il aurait été fastidieux d’en citer davantage, attendu que les écrits qui ont trait à ce sujet en sont remplis, et que chaque jour les journaux de médecine nous en font connaître de nouvelles. Nous aurions pu également rapporter quelques autopsies des sujets morts de 1 hydrocéphale aiguë , mais elles n auraient rien appris qui ne soit connu depuis long- temps ; nous nous en sommes donc abstenus.

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