XIV. — Observation de M. Follin
M. Y..., âgé de trente-cinq ans, contracte un chancre induré en 1850. Quelques mois après, il survient des accidents secondaires du côté de la peau. Traitement mercuriel incomplet.
En 1856, Y... se marie. Sa femme accouche d’un enfant qui, quelques jours après la naissance, se couvre de taches et de boutons
(1) Zambaco, Des affections nerveuses syphilitiques, 1862, p. 325, obs. LUI.
RECHERCHES SUR L’aPHASIE SYPHILITIQUE.
cutanés, en même temps qu’il offre de nombreuses plaques muqueuses. Il meurt bientôt; la femme de Y... est elle-même infectée. M. Y... a présenté lui-même en 1856, et en même temps que des douleurs ostéocopes, des pertes de connaissance pareilles à des syncopes. Un traitement antisyphilitique fit tout disparaître.
En décembre 1858, le malade offrait de l'hésitation, delà lenteur dans la parole, et une perte de la mémoire des mots ; il lui était impossible de rassembler ses idées ; grande irritabilité, grande faiblesse générale de tous les mouvements. Les membres du côté droit étaient plus faibles que ceux du côté opposé. Pas d’hémiplégie faciale ; aucune trace de syphilis sur le corps, pas de céphalées. Le malade est soumis au mercure et à l’iodure de potassium. Au bout de douze jours la parole devient plus nette, les idées plus précises, les mouvements en général plus libres ; le malade peut marcher sans traîner la jambe; les mains ont aussi recouvré une partie de leur force. L’amélioration continue depuis cette époque. La guérison était presque complète, lorsque le malade partit pour la campagne et négligea de continuer son traitement spécifique malgré les conseils qui lui avaient été donnés. Quinze jours après l’interruption de la médication, les membres s’affaiblissent, la langue s’embarrasse, en un mot, tous les symptômes précédemment décrits reviennent. En février 1859, le malade est remis au traitement mixte ; nouvelle amélioration et bientôt disparition de tous les phénomènes signalés.