‹ Aphasie syphilitiqueChapitre 18 sur 46 · XVIII. — Observation de Lancereaux · texte numérisé non relu

XVIII. — Observation de Lancereaux

M. N..., âgé de trente ans, en t8â/i contracte un chancre induré et suivi de roséole, de plaques muqueuses, puis de syphilide pustuleuse. En 1851, le malade s’aperçoit d’une faiblesse générale, il perd lavoix et la parole sans quon puisse constater la moindre altération du larynx ; la marche est chancelante. Au bout de cinq jours, le malade recouvre la parole, mais conserve un bégayement très-prononcé. On le soumet à l’usage de la liqueur de van Swieten et de l’iodure de potassium, et au bout de trois mois il sortait de l’hôpital complètement guéri. En 1857, il a un peu de difficulté à uriner; on le traite par l’introduction des bougies.

En 1858 il éprouve des éblouissements, des étourdissements, des tintements d’oreilles, des douleurs dans les deux tempes, plus vives la nuit; en septembre, il rentre à la Charité; on constate l’état suivant : Articulation des mots difficiles, le malade est obligé de chercher ses expressions et ne les trouve qu’avec peine. Dès qu’il parle, les lèvres sont agitées par un tremblement, il bégaye beaucoup. La mémoire a sensiblement diminué. II se croit un peu poète. Le malade accuse une grande faiblesse dans les quatre membres; sensibilité émoussée dans les membres inférieurs. Les facultés génésiques paraissent complètement abolies. lodure de potassium, concurremment avec la liqueur de van Swicten, puis trois pilules de Sédillot par jour. Le 25 novembre il sort complètement guéri. »

Le caractère syphilitique de l’affection cérébrale n’est pas assez suffisamment démontré dans cette observation. Quant à l’altération de la parole, par suite de la perte de la mémoire, elle était accompagnée d’idées fausses (le malade se croyait poète); elle ne saurait être rapportée à l’aphasie qui ne suppose que l’alfaiblissement des facultés intellectuelles et non l’existence d’idées extravagantes.

(1) Des aff'eclions nerveuses syphililiques, par L. Gros et Lancereaux. 1861, p. 285, obs. 170.

Page 1