XIX. — Observation de K. Westphal
Un homme de trente-trois ans avait en, avant son entrée à l’hopilal, une périostite syphilitique des os du crâne, qui disparut à la suite d’un traitement iodé suivi pendant une année.
En avril 1861, il se plaint de maux de tête, survinrent une dilatation de la pupille, ptosis de la paupière supérieure droite, des convulsions avec perte de mémoire ; il croyait constamment sentir une odeur d’ammoniaque. Démarche incertaine et incontinence d’urine. Ses facultés mentales s’affaiblissaient graduellement. La parole devint mal assurée, il commença à bégayer et ne pouvait trouver les mots correspondant à sa pensée. La mémoire faiblissait de plus en plus, le malade devint de mauvaise humeur et tombait souvent dans le désespoir. Aux questions qu’on lui posait, il répondait en bégayant par des paroles incohérentes.
Le 22 mars 1862, presque idiot, il fut admis à la Charité dans la section des aliénés ; tous ses mouvements étaient mal assurés, la parole lente, il bégayait et nasillait, était affecté de ptosis de la paupière droite, exophthalmie, perte de mémoire et des facultés intellectuelles. L’état du malade s’aggravait.
Le 17 avril, parole très-embarrassée, monotone, sans expression. La cornée de l’œil droit est insensible ; la commissure droite de la bouche déviée; les muscles de la moitié gauche de la face étaient immobiles. Quand on piquait la moitié gauche de la face, c’est la moitié droite qui se contractait. Déglutition pénible provoquant la toux, le malade ne pouvait pas mâcher. Il serre plus faiblement de la main gauche que de la, main droite. Évacuations involontaires. Cet état persiste jusqu’à sa mort, le 6 mai 1862.
Autopsie. — Cicatrice à l’os coronal ; formation d’ostéophites ; tumeurs gommeuses à la surface du cerveau. Le nerf trijumeau droit jusqu’au glanglion de Casser est enfoncé dans une masse gommeuse. Dégénérescence gommeuse des nerfs oculo- moteur et olfactif droit. Foyers ramollis dans la substance cérébrale; broncho-pneumonie; ganglions inguinaux augmentés de volume. L’autopsie, pratiquée par le professeur Reklingshausen, est rapportée avec une justesse et une exactitude admirables.
(1) AU gemelne Zeitschrift für Psychiatrie, « Zwei Folle v. H ir insyphilis, o Berlin, 1863, XX vol., V et VI Heft., p. 481.
RECHERCHES SUR L’aPHASIE SYPHILITIQUE.