XXX. — Observation de Passavant
En juillet 1857, je fus appelé auprès d’un malade syphilitique affecté d’iritis, souffrant de maux de tête et d’une éruption sur presque tout le corps. Dans son enfance il eut la scarlatine, ce qui lui laissa l’oreille gauche un peu dure. De temps en temps il a un écoulement de cette oreille. Il y a cinq mois, il a contracté un chancre, qui se cicatrisa après un traitement antisyphilitiqne. Au printemps de l’année 1858, le malade fut pris de violentes céphalalgies et de douleurs quasi rhumatismales dans tout le corps, en outre il éprouva un abaissement de la paupière supérieure gauche (ptosis), qui disparut promptement. Démarche mal assurée, insomnies, constipations, et parfois évacuations involontaires. lodure de potassium et bains de vapeur.
En juin 1858, après un de ces bains, le malade eut un accès sin- ! gulier : pesanteur dans la poitrine, embarras de la parole, ses pieds ne le soutenaient plus, symptômes qui disparurent cependant bien- Ij tôt. Un jour avant cet accès, il avait déjà ressenti quelque chose I de semblable, mais à un moindre degré. Le 26 juin, l’accès se renouvela, mais plus violent et fut accompagné d’hémiplégie droite et de perte de la parole : le malade s'efforcait de parler, mais n’émettait que ! des sons inintelligibles. Les seuls mots que l’on pouvait comprendre ■ étaient «oui » et « non ». Intégrité des facultés mentales. Le malade
! (1) Archiv für palholog. Atiat. and Physiol. von R. Virchow, 1862, Bd. XXV, 1 u,
j! 11 Heft, p. 151. « Syphil. Ltihmung. » D’’. G. Passavant.
RECHEUCHES SUR L’aPHASIE SYPHILITIQUE.
comprenait tout ce qu’on lui disait et répondait sans se tromper à toutes les questions par signes de tête. 11 avalait souvent de travers. Les accès duraient d’une à deux heures, puis la parole et les mouvements revenaient pour disparaître encore dès que l’accès se répétait.
Le 29 juin, plusieurs accès pendant le jour et la nuit, mais à un moindre degré, la parole est seulement un peu embarrassée; pendant ces accès, paralysie tantôt de la moitié droite, tantôt de la moitié gauche du corps. Le 29 juin, décoction de Zithmann.
Le 30 juin, l’accès ne se manil'esta que par une surdité sans paralysie des jnembres. Le 2 juillet, récidive des maux de tête et difficulté de la parole.
Le 3, nouveau symptôme : diplopie. Vers la fin de septembre, amélioration sensible. En mars 1850, recrudescence de la céphalalgie et de la diplopie. Amélioration, grâce à Tusage de l’iodure d’hydrargyre. En avril 1859, démarche du malade mal assurée, parole difficile et violents maux de tête.
Le 30 août, aggravation dans la marche, la vue s’affaiblit, le malade lit avec difficulté. 11 accuse une faiblesse de la mémoire et craint de devenir fou.
La décoction de Zithmann est reprise et continuée jusqu’en octobre. A cette époque, le malade se fait traiter par un autre médecin entre les mains duquel son état s’aggrave. Vers la fin d’octobre, l’état du malade étant presque sans espoir, il revient à moi.
Dès le 29 novembre, frictions mercurielles suivant la méthode de Zigmund. On en fait en tout à peu près 1 00, à raison de 3 gr. 75 cent, par jour.
Enfin, après une série de périphrases fort longues, et l’emploi d’une quantité prodigieuse de mei'cure et d’autres remèdes, nous apprenons, pour notre bonheur, que le malade a fini par guérir en 1861.
XXXI — Observation de Zimsen (1).
Une femme de trente-sept ans se traite, pendant l’hiver 185Û-1855, pour des accidents syphilitiques secondaires. Au printemps 1855, pendant six semaines, douleurs de tête violentes ; au printemps 1856,
(1) ] irchow's Archiv, 1858, Bd. XllI, p. 386, obs. IV. « Ueber Lahniung von Gehirnnerven dilrch Afj’eclionen an dey basis Cerebri. »
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elle fut traitée, pour les mêmes douleurs, par l’iodure de potassium quoique sans succès. En juin de la même année aménorrhée. Légère déviation de la face, bourdonnement des oreilles^ affaiblissement de l’ouïe. En septembre, la malade s’alita. En novembre, un évanouissement profond avec perte de connaissance prolongée. Son état empira, elle ne pouvait plus se tenir debout, ni marcher. Le 2 décembre, à l’e.xarnen, elle présentait l’état suivant ; Parésie de la jambe droite, paralysie complète de l’extrémité inférieure gauche; extrémités supérieures normales; face contournée; ouïe faible, parole embarrassée, presque incompréhensible. Incontinence d’urine, selles au moyen de lavements seulement. Paralysie presque totale du nerf facial droit, nerf facial gauche normal. Sensibilité dans la région du trijumeau gauche affaiblie, et conservée dans celle du trijumeau droit. Le 19 décembre, les facultés mentales s’améliorent. Le 2.5, la malade commence à marcher.
Le P"' janvier 1857, elle quitte l’hôpital malgré ses maux de tête et un bourdonnement dans les oreilles. Le 15 juin, son état s’aggrave. Vomissements, vertiges, violents maux de tête avec exacerbations nocturnes; ïiO pulsations à la minute. Depuis le 10 juillet son état s’améliore.
XXXll. — Observation d’Ébrard (1).
Un forgeron, âgé de cinquante et un ans, contracta des chancres à plusieurs reprises différentes.
Sept ans après le dernier chancre, il présentait les symptômes suivants : Douleurs ostéocopes la nuit; abaissement de la paupière droite, ulcérations du larynx, destruction de la luette, exostoses sur l’os frontal et le fémur; mémoire et vue affaiblies, pupilles irrégulièrement et inégalement dilatées. Depuis un an déjà le malade avait une déglutition douloureuse ; à la suite de cette douleur sa parole devint très-embarrassée. Sa voix est éteinte, son langage peu compréhensible. Traitement mercuriel. Au bout de trois mois, guérison complète, sauf un affaiblissement de la mémoire et une voix rauque.
(1) Gazelle médicale de Parix^ t845, p. 121. Névrosa: syphilUiqucs.
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