‹ Aphasie syphilitiqueChapitre 9 sur 46 · V. — Observation de Minich · texte numérisé non relu

V. — Observation de Minich

Vieux militaire, ayant eu de la fiiiblesse dans les membres inférieurs, de la difliculté pour uriner; grande constipation et embarras dans la parole.

11 ne pouvait se faire comprendre, et se faisait accompagner d’un de ses camarades qui lui servait d’interprète. Il me présenta par écrit l’indication des maladies qu’il avait essuyées; dans ce récit, étaient des alfections syphilitiques. J’ai trouvé dans la seconde dorsale, une saillie douloureuse à la pression. Toutes les nuits, le malade éprouvait des céphalalgies intenses et aussi des douleurs vers le point saillant de l’épine, llydriodate de potasse 30 centigrammes augmentés de 5 centigrammes par jour. La saillie vertébrale, je l’ai

(1) Lagneau fils. Maladies syphilitiques du système nerveux, 1860. Paris, page/135, observation liO.

84 RECHERCHES SUR L’aPHASIE SYPHILITIQUE.

considérée comme une exostose et l’ai attaquée par des vésicatoires volants. Huit jours plus lard, cet homme était déjà notablement mieux. Au bout d’un mois, sa parole était redevenue normale et ses jambes avaient repris presque toute leur force. Malheureusement, ce brave militaire s’est enivré plusieurs fois de suite et il a été trouvé mort dans son lit.

J’avais pensé que la diflicullé de parler tenait à une exostose intracrânienne, probablement vers la base du crâne.

L’historique de la maladie est si incomplet, qu’il est impossible de tirer aucune conclusion positive ni sur le genre de l’affection cérébrale, ni sur la forme de l’aphasie. Je n’ai annexé ce cas au premier groupe que parce que Minicb ne mentionne pas la perte de la mémoire, et que tout porte à croire que l’aphasie ne tient pas à la perte de la mémoire des mots.

VI. — Observation de M. Munck, tirée de la clinique DU professeur Traube (1).

Z..., âgé de vingt-huit ans, d’une forte constitution, affecté d’une syphilis constitutionnelle, est atteint d’une céphalalgie intense; il s’aperçoit en même temps d’une grande faiblesse dans l’épaule droite. Le troisième jour après l’apparition de ces symptômes, à la première leçon clinique dont Z... était le sujet, il présentait l’état suivant : Couché sur le dos, l’expression de sa figure était étrange, quoique son regard ne manquât pas d’intelligence. A toutes les questions quon Im posait, il répondait muât ». 48 pulsations à la minute, 18 inspirations. La face, sauf les lèvres et les oreilles, est plus rouge qu’à l’ordinaire; la langue inclinée à droite; l’angle droit de la bouche abaissé; pupilles égales; paralysies des extrémités droites; sensibilité diminuée de toute la moitié droite du corps. En procédant par voie d’élimination, le professeur Traube diagnostiqua un ramollissement d’origine syphilitique dans l’hémisphère gauche du cerveau aux environs du corps strié et des couches optiques. Traitement antisyphilitique.

VU. — Observation de Gjor (2).

En août 1840 est entrée à l’hôpital une femme âgée de trente ans. Elle nourrissait un enfant de dix semaines, et avait des tumeurs

(1) Deutsche Klinik, n® A7, 1859.

(2) Schmidl’s Jahrb, 1859, vol. 101, p. 301, obs II.

serpigineuses et des condylomes aux parties génitales. Cachectique, elle offrait sur tout le corps des traces d’une éruption maculo-serpigineuse. Cicatrice indurée h la commissure postérieure du vagin. Traitement d’après la méthode Dzondi. k novembre, plus de traces de syphilis. En janvier 18^1, plaques squameuses au menton et papules au genou, lodure de potassium.

Le 10 janvier, céphalalgie, exacerbations nocturnes augmentées à la suite d’un emplâtre mercuriel appliqué sur la tempe.

Le 11 février, un accident arrivé à son enfant lui ayant causé une grande frayeur, la malade fut paralysée de l’extrémité supérieure droite : contorsions de la face, abaissement de la bouche à droite et perte de la parole. Après une légère amélioration, le 15 février, perte de connaissance et constipation. Le 20 février, nouvelle perte de la parole; 60 pulsations.

Le 21 février, recrudescence de la paralysie; le 22, une saignée de 2â0 grammes, sans amélioration. Le 2â, la malade ouvre la bouche avec peine; absence de la parole; l’intelligence paraît intacte. Vésicatoires, lavements.

Le 25, urines involontaires, tiraillements des extrémités inférieures.

28, convulsions épileptiformes.

!*'■ mars, mort.

Vlll. — Observation de Dumotel (1).

X... , âgé de vingt-sept ans. En 1855, il contracta un chancre induré ; un mois après le chancre, roséole; en 1856, plaques muqueuses aux lèvres et aux amygdales, et des croûtes d’impétigo.

Guéri à la suite d’un traitement à l’iodure de potassium.

En septembre 1861, il eut une attaque subite de paralysie du côté droit de la face et des extrémités droites, à la suite de laquelle le malade ne pouvait ni dire ni écrire ce quil avait.

Au bout de deux jours, la parole revint, mais le malade disait un mot pour un autre. Le traitement à l’iodure de potassium pendant un mois amena la guérison.

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