ENSEMBLE
0 chère pâmoison! 0 volupté sans bornes! Unissons-nous ! joignons nos mains, nos cœurs, nos
Que nos haleines se confondent! [bouches t
Et que nos chairs défaillantes se fondent
Dans un bonheur sans égal ici-bas !
Amour ! engloutis-nous tous deux dans ton abîme!
Accorde-nous de nous anéantir
L'un en l'autre et tous deux en toi ! Dans ses vagues de feu qu'un torrent de délices Nous emporte et nous roule, unis étroitement, Et qu'il nous jette enfin au gouffre de l'extase Où nos désirs mourront dans un dernier transport!
Commencée par les amants debout au milieu de Vateliery. leur scène s'achève sur le lit de repos. En disant les aerniers mots, Dém trios et Chrys s sont dans les bras l'un de Vautre. Des rumeurs se font entendre au dehors i
On a volé le miroir de Bacchis!
On a tué la femme du grand-prêtre!
Mouvement de Démétrios qui se dégage de l'étreinte de Cnrjrsis,
CIIRYSIS
0 mon Démétrios! que je l'aime I...
iSe redressant avec paasion.
Viens! viens encor...
(Avec surprise.)
Pourquoi détournes-tu les yeux?
D'où vient que ton regard m'évite?
Pourquoi T'éloignes-tu*de moi Si vite ?
Démétrios ! . . . Démétrios ! . . .
Elle l'entoure de ses bras, essaye de F attirer à elle. Mai* il la repousse et se lève brusquement.
DÉMÉTRIOS
Ah! laisse-moi !...
Écoute ces voix vengeresses :
Sans le savoir, c'est moi qu'elles flétrissent... Je ne suis plus le noble artiste que j'étais : C'est moi le meurtrier et le voleur infâme, C'est moi l'odieux sacrilège Que la ville entière maudit!...
Le rêve est achevé, Chrysis, c'est le réveil! Puisque enfin nous avons exaucé, l'un et l'autre,
Moi tes vouloirs, toi mes désirs.
Séparons-nous, quittons-nous pour jamais, Et que tout entre nous soit l'oubli désormaisi
Va-t'en!
CriRYSIS
Moi, m'en aller? Te quitter de la sorte?
5b APHRODITE
J'aimerais mieux à tes pieds tomber morte! Que ma présence en ce moment t'irrite, Je le comprends et suis prête à partir. Mais partir sans l'espoir du retour, sans l'espoir De te revoir, de te ravoir, Je ne le puis !
DÉMÉTRIOS
Va-t'en, va-t'en, je te déteste, Va-t'en, sinon c'est moi qui partirai...
CHRYSIS
Non, reste.
Et ne mens pas... Pourquoi dire que tu me hais? Tu m'adores. Ton âme est de moi toute pleine;
Mais tu te sens humilié D'avoir subi mes volontés comme un esclave... Vas, à présent, c'est toi le maîlre!
Si ton orgueil souffre d'avoir cédé, Pour toi, pour te revoir, retrouver ton amour^ Je suis prête à faire à mon tour .
Bien plus que je n'ai demandé.
Dicte une tâche, ordonne un sacrifice : Je jure que j'obéirai I '
DÉMÉTRIOS
Tu le jures? par qui?
CHRYSIS
Par l'Aphrodite aussi.,»
DÉMÉTRIOS
Tu ne crois pas à l'Aphrodite !
Jure par le Dieu d'Israël, par lavêh I Ah! tu pâlis, Galiléeune?
CHRYSIS
Jurer par lavêh... C'est un serment terrible I
DÉMÉTRIOS
C'est celui qu'il me faut!
CHRYSIS
Eh bien... par lavêh je jure d'obéir 1 Qu'exiges-tu de moi?
DÉMÉTRIOS
Ces bijoux... tu voulais les garder pour loi seule Et les cacher à tous?
CHRYSIS
Sans doute...
DÉMÉTRIOS
Mais je ne le veux pas! Au contraire, je veux Qu'avec cette parure impie et criminelle Tu te montres à tous les yeux!
WilE DE BRUXELLES - STAD BRUSSEL Axchives - Archief
Ce miroir à la main, ce peigne en tes cheveux, Étalant sur ton sein les perles d'Aphrodite, Tu t'en iras, aujourd'hui même, par la ville, Et moi, je t'irai voir demain dans ta prison.
Va!
P^ui geste impé'-ieux il indique la porte à Chrysis. Celle-ci le regarde fixement; elle comprend ce qu'il exige d'elle. Sans mot dire, elle ramasse son manteau laissé a terre, s'en enveloppe de façon a dissimuler les trois, objets volet, et sort^ rapide, sans tourner la tête.
IIDSAU