‹ Aphrodite, drame musical en 7 tableauxChapitre 8 sur 29 · LE TEMPLE · texte numérisé non relu

LE TEMPLE

Un temple d'une beauté el d'une richesse merveilleuse. — l>rnementalion compliquée. — Fleurs. — Encens. — Au fond, ]>3rtes donnant à l'extérieur, sur des Jardins.

La statue colossale de la Déesse se dresse sur un piédestal de .pierre rose chargé de trésors appendus. Son cou est orné d'uncollier de perles à sept rangs, dont la plus grosse s'allonge entre ses seins.

11 fait nuit. — Au dehors, clarté lunaire.

Au lever du rideau, le temple est vide. Bientôt par la gaucher entrent douze hommes, conduits par un treizième. — Ce sont les gardiens eunuques du Temple. — Les uns sont armés, les autres portent des torches.

Ils font une ronde, explorent la vaste salle et crnstatent qu'il ne se passe rien d'anormal. »

Après s'être prosternés devant la statue, ils se retirent et le bruit de leurs pas s'éteint et la lueur des torches ne tarde pas à disparaître.

Tout retombe dans l'obscurité. — Silence.

Démétrios en|re avec précaution.

DÉMÉTRIOS {Avec uûe exal talion fébrile)

ChrysisI Ghrysis! ce nom de femme

Bat dans mon sein comme une fièvre...

Combien d'autres j'ai repoussées,

Plus désirables et plus belles !

Mais les autres voulaient de l'amour ou de l'or : Chrysis n'a pas voulu de l'or ni de l'amour.

Elle m'a demandé trois crimes :

APRHODITE 25

Elle a mérité ce salaire, Par son audace à l'exiger!

Trois crimes... J'en ai commis deux :

J'ai volé! J'ai tué!

J'ai le miroir d'argent, dérobé chez Bacchis; J'ai le peigne d'ivoire, arraché des cheveux

De Touni poignardée!

Que me faut- il encore? Le collier d'Aphrodite... Je le vois qui brille dans l'ombre...

Jl se dirige dans l'obscurité vers l'endroit où est la statue. — Comme il s'avance, du dehors la clarté lunaire arrive à la statue et brusquement l'éclairé. — A cette vue, Démétrios recule et s'écrie :

Aphrodite, c'est toi !

0 Déesse, pardonne!

0 suprême splendeur!

Beauté surnaturelle 1 Est-ce là ma statue? est-ce là ton image?

Non, c'est toi, c'est toi-même!

Ah! je vois palpiter ta sainte nudité...

Et moi qu'allais-je faire?

Commettre un sacrilège!

Un forfait monstrueux!

L<es autres ne sont rien... Mais celui-là... jamais!

Ah ! loin de ma pensée

L'infâme courtisane,

Créature maudite

A la démarche mojle.

Aux lèvres épaisses,

20 APIIHODITE

Loin de moi ses baisers!

Oui, j'étais insensé...

Mais tu m'es apparue, C'est toi que j'ai revue, Immortelle beauté!

Je redeviens moi-même!

C'est toi seule que j'aime, 0 D(;csse, c'est toi...

Reines et courtisanes N'existent i)lus pour moi!

0 pure vision, Devant toi, je succombe, Et je tombe à tes pieds En adoration!

Il s'agenouille et demeure devant la statue dans mbo contrtnplalion extatique. — Puis il se hausse en frémissant vers elle, il la touche, il pose ses lèvres sur le marbre. Coptmdant, le Jour est venu. — Un bruit de pas et de chants qui se l'ait entendre au dehors arrache Démétrios à son extase.

Quel est ce chant? et que viens-je d'entendre ? Ah ! c'est le premier jour des Aphrodisies... Le Grand-Prêtre en ce lieu conduit pour les offrandes Le cortège des courtisanes...

Il ne faut pas qu'on me surprenne ici I

Il ae retire.

Les portes extérieures s^ouvrent. La clarté inonde h

Temple.

Un cortège se déroule guidé par le Grand-Prêtre, — cor'

tège de courtisanes et de danseuses. Elles portent

des corbeilles y des colombes, des ûeurs et des ornemeatë

précieux.

APHRODIII-: 27

DES DAXSKS

soDt accompagnons pm le chœur suivant :

CHOKL'U.

Gloire à toi, divine Aphrodite!

Sois adorée, ô Cytliérée, Toi qui souris d'être entourée D'un chœur dansant de belles filles !

Tous les parfums des bois ombreux Et toutes les senteurs marines S'exhalent de tes beaux cheveux :

Gloire à toi, Volupté divine!

Sois adorée, sois vénérée, Paphia, Cypris, Cythérée !

Les danseMses s'arrêtent et se groupent, dans dos attitudes-d'extase, devant Faute].

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