LE TEMPLE
Un temple d'une beauté el d'une richesse merveilleuse. — l>rnementalion compliquée. — Fleurs. — Encens. — Au fond, ]>3rtes donnant à l'extérieur, sur des Jardins.
La statue colossale de la Déesse se dresse sur un piédestal de .pierre rose chargé de trésors appendus. Son cou est orné d'uncollier de perles à sept rangs, dont la plus grosse s'allonge entre ses seins.
11 fait nuit. — Au dehors, clarté lunaire.
Au lever du rideau, le temple est vide. Bientôt par la gaucher entrent douze hommes, conduits par un treizième. — Ce sont les gardiens eunuques du Temple. — Les uns sont armés, les autres portent des torches.
Ils font une ronde, explorent la vaste salle et crnstatent qu'il ne se passe rien d'anormal. »
Après s'être prosternés devant la statue, ils se retirent et le bruit de leurs pas s'éteint et la lueur des torches ne tarde pas à disparaître.
Tout retombe dans l'obscurité. — Silence.
Démétrios en|re avec précaution.
DÉMÉTRIOS {Avec uûe exal talion fébrile)
ChrysisI Ghrysis! ce nom de femme
Bat dans mon sein comme une fièvre...
Combien d'autres j'ai repoussées,
Plus désirables et plus belles !
Mais les autres voulaient de l'amour ou de l'or : Chrysis n'a pas voulu de l'or ni de l'amour.
Elle m'a demandé trois crimes :
APRHODITE 25
Elle a mérité ce salaire, Par son audace à l'exiger!
Trois crimes... J'en ai commis deux :
J'ai volé! J'ai tué!
J'ai le miroir d'argent, dérobé chez Bacchis; J'ai le peigne d'ivoire, arraché des cheveux
De Touni poignardée!
Que me faut- il encore? Le collier d'Aphrodite... Je le vois qui brille dans l'ombre...
Jl se dirige dans l'obscurité vers l'endroit où est la statue. — Comme il s'avance, du dehors la clarté lunaire arrive à la statue et brusquement l'éclairé. — A cette vue, Démétrios recule et s'écrie :
Aphrodite, c'est toi !
0 Déesse, pardonne!
0 suprême splendeur!
Beauté surnaturelle 1 Est-ce là ma statue? est-ce là ton image?
Non, c'est toi, c'est toi-même!
Ah! je vois palpiter ta sainte nudité...
Et moi qu'allais-je faire?
Commettre un sacrilège!
Un forfait monstrueux!
L<es autres ne sont rien... Mais celui-là... jamais!
Ah ! loin de ma pensée
L'infâme courtisane,
Créature maudite
A la démarche mojle.
Aux lèvres épaisses,
20 APIIHODITE
Loin de moi ses baisers!
Oui, j'étais insensé...
Mais tu m'es apparue, C'est toi que j'ai revue, Immortelle beauté!
Je redeviens moi-même!
C'est toi seule que j'aime, 0 D(;csse, c'est toi...
Reines et courtisanes N'existent i)lus pour moi!
0 pure vision, Devant toi, je succombe, Et je tombe à tes pieds En adoration!
Il s'agenouille et demeure devant la statue dans mbo contrtnplalion extatique. — Puis il se hausse en frémissant vers elle, il la touche, il pose ses lèvres sur le marbre. Coptmdant, le Jour est venu. — Un bruit de pas et de chants qui se l'ait entendre au dehors arrache Démétrios à son extase.
Quel est ce chant? et que viens-je d'entendre ? Ah ! c'est le premier jour des Aphrodisies... Le Grand-Prêtre en ce lieu conduit pour les offrandes Le cortège des courtisanes...
Il ne faut pas qu'on me surprenne ici I
Il ae retire.
Les portes extérieures s^ouvrent. La clarté inonde h
Temple.
Un cortège se déroule guidé par le Grand-Prêtre, — cor'
tège de courtisanes et de danseuses. Elles portent
des corbeilles y des colombes, des ûeurs et des ornemeatë
précieux.
APHRODIII-: 27
DES DAXSKS
soDt accompagnons pm le chœur suivant :
CHOKL'U.
Gloire à toi, divine Aphrodite!
Sois adorée, ô Cytliérée, Toi qui souris d'être entourée D'un chœur dansant de belles filles !
Tous les parfums des bois ombreux Et toutes les senteurs marines S'exhalent de tes beaux cheveux :
Gloire à toi, Volupté divine!
Sois adorée, sois vénérée, Paphia, Cypris, Cythérée !
Les danseMses s'arrêtent et se groupent, dans dos attitudes-d'extase, devant Faute].