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DE L'ÉCOLE DU LOUVRE

Obsèques de Richard II a Londres.

(Miniature d'un manuscril français de i tSo à Breslatt.)

PREFACE

A l'exception de la dernière, que j'ai remaniée et récrite plusieurs fois, toutes ces leçons paraissent à peu près telles que je les ai professées en 1902-1903 à F École du Louvre. C'est un mérite que je revendique pour elles d'avoir subi l'épreuve de l'enseignement. Les réserves et les éloges de l'auditoire, dont un écho parvient toujours au conférencier, sont pour lui le plus instructif des guides ; j'en ai tenu compte en revisant mon cours pour le publier, comme je m'en étais éclairé en le professant.

Paris est peut-être la ville du monde qui est la plus richement dotée de cours publics ; mais l'enseignement sommaire et synthétique dt l'histoire de l'art n'y existe point. Frappé de cette lacune, j'offris c mes collègues de l'École du Louvre, en 1902, d'y faire, à titre d'essai, vingt-cinq leçons sur l'histoire générale des arts plastiques, de décembre 1902 à juin 1903. L'autorisation me fut accordée. Dès la première leçon, il y eut foule ; quinze jours après, il se produisit des bouscu->

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lades ; on dut ouvrir toutes les-portes, multiplier les bancs, rétrécir les tables, entasser le public dans quatre pièces contiguës, alors qu'à mon cours d'archéologie celtique il n'en remplit pas même une. Les dames, très nombreuses, firent preuve d'une héroïque endurance ; j'avais presque honte d'être à mon aise dans ma grande chaire, en voyant devant moi et autour de moi tant d'aimables personnes outrageusement comprimées. Aussi ai-je voulu leur dédier ce petit livre et je les prie d'accepter mes excuses avec mon hommage.

Tout au début, je fis observer à mes auditeurs que leur empressement, si flatteur qu'il parût, ne tenait pas à la qualité du cours, car personne ne pouvait encore savoir s'il serait bon ou mauvais; mais c'était une manière non équivoque d'en reconnaître l'opportunité. En effet, elle était indéniable. A coté ou au-dessous des travaux ([érudition, il faut à toute science des exposés synthétiques, oraux et écrits. Dans de pareils exposés, les idées générales sont nécessairement au premier plan, les faits au second, alors qu'au contraire, dans l'enseignement érudit, il faut, comme disait Fustel de Coulanges, une anncz d'analyse pour autoriser une heure de synthèse. Cette heure ne sonne pas pour tout le monde ; mais, quand elle sonne, il est bon d'en profiter et, mieux encore, d'en faire profiter les autres.

A l'Ecole du Louvre, je terminais chaque leçon par quelques mots de bibliographie, me contentant de citer trois ou quatre ouvrages récents et indispensables. Il m'a semblé qu'en imprimant mon cours j'en devais développer surtout cette partie. Pour l'antiquité, j'ai été très sobre, parce qu'il existe des ouvrages de références faciles à consulter ; jen ai publié moi-même quelques-uns. Mais, pour le Moyen Age et les temps modernes, il n'y a presque rien, même dans les plus gros livres; j'ai dû créer une bibliographie de toutes pièces, et je suis sûr qu'elle rendra service. De parti pris et après mûre réflexion, j'ai écarté de cette nomenclature tout ce qui intéresse l'archéologie plutôt que l'histoire de l'art ; j'ai aussi omis, sauf de rares exceptions, les ouvrages ou articles antérieurs à 1880 et, en particulier, les vastes recueils coûteux et rares que seules les grandes bibliothèques peuvent posséder. En revanche, j'ai cité en abondance les bons travaux de vulgarisation et les articles de Revues, surtout de la Gazette des Beaux-Arts, dont la collection est très répandue, qu'on peut acquérir par cahiers et

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dont l illustration est excellente . Si le texte de mon livre convient surtout aux débutants et aux gens du monde, j'estime que les mieux informés auront à glaner dans la partie bibliographique ; ils y trouveront, d'ailleurs, des références à beaucoup d'œuvres et d'artistes que le texte, désireux d'éviter les ky^i^H^s de noms propres, ne mentionne pas ou qu il indique en passant.

Le titre Apollo rappelle que cet ouvrage est destiné à faire pendant à Minerva, introduction aux classiques grecs et latins que j'ai publiée en 1889 et dont quatre éditions à fort tirage n'ont pas épuisé lesuccès. Je souhaite «70 'Apollo partage la fortune de sa sœur et que, en répandant les principes de l'histoire de l'art, il recrute de nouveaux fidèles à cette Sagesse antique, à cette Minerve de l' Acropole d'Athènes, dont ne détourne pas — j'en ai fait l'expérience — l'étude de l'art médiéval et moderne, mais qu'elle apprend, au contraire, à mieux admirer.

Paris, Janvier 1904.

I. Une liste chronologique des principaux articles a paru dans la Gazette, 1909, I, p. 13. Une Table générale très complète a été publiée de 1910 à 1915.

La neuvième édition de ce licre a été corrigée avec soin et la bibliographie mise au courant. Il a paru des traductions </' Apollo en anglais, en espagnol, en hongrois et en italien, où les chapitres relatifs à l'art moderne dans ces différents pays ont été développés comme de raison.

Autel ro.main du i" siècle.

(Musée d'Arles.)

ABRÉVIATIONS USITEES

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