RENAISSANCE SIENOISE ET FLORENTINE
d'origine, alors que celles des peintres ont |émigré, en bonne partie, vers les musées du reste de l'Europe. Cela explique que les premières soient moins connues ; mais elles ne sont pas moins dignes de l'être. Alors même que la peinture du XV' siècle aurait disparu comme la peinture grecque, le génie de la Renaissance survivrait tout entieç dans les œuvres de ses grande Fculpteurs.
Mais quelle différence entre Florence, l'Athènes du X\" siècle, et l'Athènes de Pénclès ! Rares sont les œuvres, a Florence, qui témoignent d'un heureux équilibre entre les facultés de l'esprit et les sentiments ; tantôt un réalisme tourmenté, suraigu, presque douloureux, tantôt une grâce langoureuse, mélancohque jusque dans l'expression de la joie. C'est qu entre Athènes et Florence il y a le christianisme, religion tout intérieure, qui a divinisé la douleur et jeté comme un anathème
FiG. 254. — Do.NATELLO (?).
Buste de Niccolo oa Uzzano (?).
(Musée Salional de Florence 1
FiG. 253. — DONATELLO.
Ange avec tambourin.
(Musée de Berlin.) [Cliché Seemann, éditeur.
FiG. 255. — MONU.MENT DE COLLEONE, PAR VerROCCHIO,
A Venise.
FiG. 256. — Desiderio da Settigsano.
Madone et Enfant, a Florence.
sur la chîiir. Après sa période dogmatique et sèche qui se termine
au Xlll siècle, le christianisme tendit à devenir, grâce surtout à saint François d'Assise (mort en 1226), une religion de tendresse mjstique et d'ascétisme exalté. On ne fera jamais la part assez grande, dans l'art de la haute Renaissance, a la révolution morale accomplie par les disciples de saint François.
La qualité dominante de la sculpture florentine, que l'on retrouve, mais souvent moins marquée, dans la peinture, c'est la fermeté délicate des lignes, ce qu'on pourrait appeler leur qualité.
Pourquoi une copie d'après un chef-d'œuvre n'est-elle presque jamais un chef-d'œuvre ? C'est que le sentiment personnel d'un grand artiste ne s'affirme pas seulement dans l'invention, dans la disposition des figures, mais dans des nuances de forme infiniment subtiles qui échappent à 1 attention d'un copiste. On a distingué, avec beaucoup de raison, les lignes et les surfaces vivantes des lignes et des surfaces mortes. Les premières seules ont ce qu un critique contemporain, M. B.
Berenson, appelle des valeurs tactiles, c'est-à-dire ce frémissement presque imperceptible de vie dont l'effet sur l'œil est analogue à celui de la chair vivante sur les papilles des doigts. Les artistes de génie ont le secret d'infuser la vie dans chaque sinuosité de contour, dans chaque centimètre
i IG. 257. — MlNO DA FlESOLE.
La Vierge avec l'Enfant et des Saints.
Cathédrale de Fiesole.
RENAISSA.XGE SIE.\01SE ET FLORENTINE
FiG. 258. — A. Rosselli.no. l-'i ,. o5q. Be.nedetto d.\ M.\jano. La Nativité. L'Annonci.\tion.
Église de Mostoliveto, a Naples. Église de iMoNTOLivETO. a Naples. (Cliché Alinari. Florence.) (Cliché Alinari, Florence.)
^___ carré de surface ; il suffit de constater, en une œuvre d'art, des lignes ou des surfaces mortes, c'est-à-dire insignifiantes, plates ou arrondies, vides d'expression et de pensée, pour y reconnaître soit une copie, soit le travail d'un artiste médiocre. Rien de plus instructif, à cet égard, que de comparer, au Louvre même, un des Esclaves de Michel-Ange, marbre oii tout vibre, avec une statue de Canova ou de Pradier, ou la grâce de l'ensemble, c'est-àdire de la silhouette, ne rachète pas la froideur du modelé, la mollesse facile et veule de l'exécution. Les anciens savaient déjà que ce doux frémissement de la vie est la qualité maîtresse des chefs-d'œuvre : spiraniia mollius aéra, disait X^irgile.
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Via. 261. — LUCA DELLA ROBBIA.
La Vierge avec deux Anges.
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1 . Cette méthode consiste à contrôler l'attributior. des œuvres d'art paf l'étude des menus détails d'exécution (Cf. Revue critique, 1895, 1, p. 271).
lOo — -
FiG. 261 a. — Andréa della Robbia.
La Vierge avec deux Saints.
Cathédrale de Prato.
REI^Al:iSANCE 5JEN0ISE ET FLORENTINE
FiG. 202. — Andréa della Robbia.
La Visitation.
• Eglise S. Giovanni, a Pistoie.
FiG.263.
Jacopo Sansovino. Bacchus.
(Musée Xatioiial de Florence.)
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FiG.