De l'Ade., p
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notice sur les Didymes un ouvrage intitulé Πιθανά à Didyme le Jeune. Le livre d’Apollonius était donc probablement quelque ouvrage de polémique sur des matières grammaticales ; mais il est impossible aujourd'hui d'en déterminer le sujet avec plus de précision. Qu'il me soit permis néanmoins de hasarder à ce propos une conjecture. Suidas , à l’article Héraclide, mentionne aussi un certain Aper, disciple d’Aristarque et contemporain de Didyme , comme ayant vivement attaqué ce dernier ‘. Ne serait -il pas possible que la ressemblance des mots 4per et Asper, dont le second répond assez bien au grec δύσχολος, eût fait confondre deux personnages différents , et attribuer à notre Apollonius un ouvrage de cet Aper contre le Didyme, auteur des Πιθανά 55 Mais je n'insiste pas sur ce rapprochement, car il est trop facile de s'égarer dans de pareilles conjectures.
On voudrait pouvoir assigner des dates précises aux différentes parties de cette volumineuse encyclopédie; et l'on serait tenté de l'essayer, quand on remarque qu'Apollonius, en se citant lui-même dans les traités qui nous sont parvenus, emploie tantôt la forme du passé et tantôt celle du futur; mais cet indice est trompeur. En effet, dans les premieres pages du traité de l'Adverbe, renvoyant le lecteur à ses livres de la Syntaxe, il les signale tour à tour
2. Remarquons, au reste, que le mot πιθανός et ses dérivés sont dans les habitudes du style d’Apollonius. Du Pron. p. 136 : Οὐ πιθανὸν τὸ λέγειν ὡς, etc. Syrk., IV, 16 : Οὐδὲ γὰρ ἐχεῖνο πιθανὸν οἰητέον ὡς. IV, 11 : ᾿Αποδείξεως ἐδέετο ὃ προχείμενος λόγος ὑπὲρ τοῦ πιθανώτερον ἐπιμερισμὼν γίνεσθαι. 1,9 : ᾿ΑἈπίθανος λόγος. II, 31 : Οὐχ ἀπίθανος ἀφορμή. 1, 12 et 36 : Antbévwc, etc.
comme un ouvrage déjà écrit, et comme un ouvrage qu'il se propose d'écrire’. D'un autre côté, dans la Syntaxe ἦς, il renvoie plusieurs fois au traité de l’Adverbe comme à un livre déjà écrit, et nous avons vu, en effet, que, selon toute apparence, les traités sur les huit parties du discours ont dû précéder la Syntaxe. Quelquefois enfin la citation est faite au présent de manière à supposer l'existence du livre cité”. On peut donc croire que, comme Aristote, chez qui ces sortes de citations abondent, Apollonius travailla en même temps à presque tous ces livres, sans perdre de vue le plan général auquel
1. P. 532: Τὸν τοιοῦτον λόγον ἀχριδέστεοον ἐν τῷ πεοὶ Συντάξεως ἐχτεθείμεθα (Srnt., Π, 8. CF. I, 43, 44). — P. 530 : Ἔντελέστερον μέντοι δεδείξεται ἐν τῷ περὶ Συντάξεως ὡς x. +... (Synr., I, 3). — P. 535 : Καὶ τὸ τοιοῦτον ἐν τῷ περὶ Συντάξεως ἀχριδέστερον εἰρήσεται, Il s'agit de la syntaxe des adverbes , et la démonstration à laquelle renvoie ici Apollonius manque aujourd’hui dans le IV: livre de la Syntare, preuve nouvelle que ce livre n’est pas parvenu complet jusqu’à nous.
2, III, 6 : Ὡς ἀχριδέστερον ἐν τῷ περὶ ᾿Επιῤῥημάτων ἐξεθέμεθα. Voyez de l Adv., p.533, 541 ; et aussi, p. 614 et suiv., le morceau que nous avons restitue à la Syrtare. (Quelquefois la citation se rapporte à une partie du livre même où elle est faite. Ainsi, Syae., ΠΙ, 6, p. 207 : ᾿Αχριβώσομεν ἐν τῷ περὶ ῥημάτων se rapporte aux chapitres x et suivants du même livre. Plus bas encore, chap. vu, il renvoie d'une manière semblable au chapitre xxx1; et dans le traité de l'Adverbe il se sert de la méme expression , p. 550, 572, 573, ἐν τῷ περί, ou dv τοῖς περί, pour désigner des parties de ce même ouvrage.) — ΠῚ, 45 : Περὶ ὧν χὰν τῷ περὶ ᾿πιῤῥημάτων, ἀπαιτοῦντος τοῦ λόγου, ἐξεθέμεθα. Voy. Ρ. δ40..---ἅν, 10 : Παριστήσαμεν δὲ χαὶ ἀλλαχόθι, c'est-à-dire, de l'Adv., p. 592. — IV, 12 : Ἔφαμεν et ἔφαμεν ἐν ἑτέροις se
réfère aux pages 593, 5841, 545, 549 du traité de l’Adverbe,
3. De l'Adv., p. 532 : Πάλιν ἡ τοιαύτη σύνταξις διὰ πολλῶν πιραθέσεων ἐν τῷ περὶ Συντάξεως ἀποδίδοται, démonstration qui ne se
retrouve plus dans la Syrtare, quoique la méme idée soit expri-
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il les rapportait, de sorte qu’il lui était indifférent de les citer au passé ou au futur, ayant arrêté d'avance les principales idées qu'il devait développer dans chaque ouvrage.
Il faut néanmoins reconnaître que certains de ces renvois ont une signification plus précise. Ainsi le trailé de la Conjonction ἃ dû être écrit avant celui de l’Adverbe, car 1l y est sans cesse rappelé comme antérieur; et, par exemple, l’auteur, à propos du mot ἕκητι, déclare en propre termes‘ qu'il résume une discussion longuement développée dans le livre de la Conjonction , où en effet ce morceau se lit encore aujourd'hui, mais un peu mutilé. Les premières lignes, de la Syntaxe signalent clairement comme déja publiés ses livres sur les huit parües du discours *. Au premier livre du même ouvrage, chapitre vi, « Le caractère propre de l’article, dit Apollonius, est la relation {ἀναφορά}, comme nous l'avons démontré ailleurs. » 11 désigne évidemment le traité de l'Article. Au deuxième livre, chapitre 117, énumérant les propriétés du pronom, il
mée en passant, livre IV, chap. zx : “Ὥς τὰ ἐπιῤῥήματα ἔπεισι τοῖς δήμασι κἀν μεταξὺ μέρη λόγου πλείονα πίπτη. Nouvelle preuve que ce IV° livre est incomplet, — P, 592 : ὡς δείκνυται ἐν τῷ περὶ ᾿Αντωνυμιῶν, ὡς καὶ À οὗτος ἀντωνυμία παραχθεῖσα ἀπὸ τοῦ ὅς λείπει τῷ τ, etc. (du Pron., p. 11, 72.) — De la Conj., p. 499 : Σαφῶς παραδίδοται 6 τοιοῦτος λόγος ἐν τῷ περὶ ᾿Κπιῤῥημάτων (p. 544 et suiv.).
2. Ἔν ταῖς προεχδοθείσαις ἣμῖν σχολαῖς À περὶ τὰς φωνὰς παράδοσις, καθὼς ἀπήτει ὃ περὶ αὐτῶν λόγος, κατείλεκται " À δὲ νῦν βηθησομένη ἔχδοσις περιέξει, etc,
DES QUVRAGES D'APOLLONIUS, 35
renvoie à ce qu'il a « précédemment publié » sur ce sujet. Cette assertion ne permet aucun doute, Au troisième livre, chapitre xur, il avoue qu'après mür examen , il a changé son ancienne opinion sur le mode infinitif; or c'est, sans doute, dans le traité du Verbe que cette ancienne opinion se trouvait exposée. Au chapitre xxvin du même livre, il renvoie à son excellent chapitre des particules explétives qui fait partie du traité de la Conjonction; à la fin du chapitre xxx11, même manière de citer le traité du Participe qui ne nous est pas parvenu. Au livre quatrième, chapitre v, parlant des rapports de la préposition et de la conjonction , il se réfère, sur ce sujet, à ce qu'il a « développé en détail dans le traite de la Conjonction, » où en effet se retrouve encore une partie de ce développement". Au chapitre 1x, à propos de l'accent du pronom dans certaines locutions, il déclare en avoir traité « dans un ouvrage précédemment publié », désignant sans doute le livre sur le Pronom, où en eflet cette discussion se retrouve *. Nous n’épuisons pas ces rapprochements. Mais, si nombreux qu'ils puissent être, ils ne suffisent pas pour essayer, même à litre de conjecture, une véritable histoire des doctrines d'Apollonius. Nous sommes donc réduits, sauf en un ou deux cas, à étudier l'ensemble de sa théorie, sans savoir par quels progrès et quelles transformations elle est arrivée au point de maturité où nous la saisissons aujourd'hui.
Mais avant d'aborder l'examen de ces doctrines,